Fables contemporaines et poésies...
Jean-Marc Wollscheid auteur, fabuliste contemporain,vivant en Martinique. Les livres sur fnac.com

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Date de création : 20.10.2008
Dernière mise à jour : 20.06.2013
228articles


Ici

Publié le 20/06/2013 à 02:21 par peintredesdom Tags : fabuliste wollscheid fables

Bonjour vous êtes sur le site de jean-Marc Wollscheid fabuliste.

jmw.woll@wanadoo.fr

Les meilleures citations de Jean-Marc Wollscheid ICI

Avec ALLOCITATION.COM

 

Météo Martinique... Quel temps chez nous maintenant ???



La poule amère…

Publié le 20/06/2013 à 02:17 par peintredesdom Tags : poule wollscheid fables moderne conte

Une poule osait sur le tard
Le temps ayant œuvré son lard,
Revêtir plus qu’un bec cithare
Chanter comme coq à part
Avoir ainsi le panache de l’esprit
Bien mal lui en a pris.

Car ici est fermier en retard
Né trop tôt de père fêtard,
Lui si peu à l’art dégourdi
A peine pour son bel appétit…

C’est donc un matin que la sotte
La patte humide toussote,
Tente un cri de coq souche,
Mais son engin fait écart louche
A peine de quoi égaler une mouche….

A cette instant Firmin le fermier,
Croit bon de jouer l’échassier,
Et pour la taire le cuisinier.

Le temps et l’âge ne sont rien à cette affaire,
Ici une follette oublie à quel point tout bel air,
S’entend d’un gène, d’un don ou d’une prière,
Et que tout panache à ses lois pour se faire…

Le public novice par nature est très sévère,
Que coq jamais n’a œuf au cul même pour plaire,
Que poule est faite le grain amère
Pour danser entre les pommes de terre…

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

Le blessé sucré...

Publié le 24/04/2011 à 02:18 par peintredesdom Tags : peintredesdom écrivain wollscheid fables sucrier poème

 

L'autre jour je trouvais un oiseau blessé, un commun sucrier... Je le ramenais au creux de chez moi pour le soigner... Puis, quand il eut à peine retrouvé ses forces, un soir, il s'en alla... J'étais déçus de son impolitesse et de son manque de reconnaissance... Alors, je me forçais de l'oublier tant la vie me happait à ses futilités... Quelques jours plus tard j'enterrais un vieil ami poète au bourg de Saint-Joseph bien loin de ma demeure... J'étais si triste de perdre un frère d'écritures et de philosophies que pour un seul instant, après sa mise en terre, je m'asseyais éperdu. Sous le petit arbre à côté de son étendue condition, je tentais ainsi de prolonger l'amitié terrestre avec mon Ferdinand...

Là, le long du tronc maculé de stries grouillantes, mon abri osait mille senteurs… Celle du jasmin me rappelais les après midi fructueuses avec ce vieux poète du temps de son vivant… Plus forte encore, une effluve de vanille m’élevait du présent pour de bons souvenirs si ancrés ; Ceux de nos dernières semaines réfléchies afin d’améliorer nos conditions de piètres romantiques…

J’avais maintenant le sentiment que Ferdinand par je ne sais quel pouvoir magique, alors que tous du lieu s’en retournaient pleurnichant, avec mon esprit prisonnier voulait s'envoler aux cieux… Sacré chenapan, lui qui la semaine dernière osait encore du haut de ses soixante dix sept ans la fille de Tristan le pêcheur… La pauvrette de quarante ans sa cadette préparait a grand coup de trompette leur union devant Monsieur le maire du Morne Rouge… Elle est encore presque seule larmoyante quelques mètres devant moi…

Je retenais donc mon esprit de la dernière farce de Ferdinand, sans pouvoir l’empêcher a mi ascension, et avant que mon âme grégaire n'atteigne le firmament, de me remémorer les dimanches ensoleillés sous sa véranda. Mon ami poète aimait à me recevoir chez lui le verre de grand rhum en partage pour nous atténuer… De vieilles photos de papa-diables et de planteurs recouvraient les murs au confin de son intérieur et de sa genèse...

Puis je ne pouvais, moi flottant, oublier les samedis de foires, ou, nous follets, ne rentrions que pour fêter les primes lueurs des gens pressés… Mais surtout, je me délectais encore des vendredis fériés ou nous chantions dans les rues, tôt le matin, la gloire d'Aimé Césaire… Je me souviens que nous ramassions quelques sûres insultes en bon créole et quelques vieilles gamelles venues jadis de France…

Parfois, par ces matins là, je dois vous le dire, Ferdinand notable et moi son apprenti écrivain, étions en grande perte de notoriété malgré la vérité de nos renommées…

Quand je ne fut plus divisé, que mon Ferdinand relâchait enfin mes pensées badines pour aller seul à Dieu, j’eu droit à une dernière ‘gamelle’ lancée au près de mon arbre… C’était la Francine, noyée dans ses pleures qui, au passage devant mon apparente fainéantise, eue la force d’un dernier sanglot en forme de critique… « Cha ka pa fé chyen !!! » me cria t’elle... Tant pis pour mon honneur et pour ma flemme à ne pas répondre, car je ne répondis pas…

A peine touché par ces mots, je les mettais sur le compte d’un manque à gagner de la pauvrette, Ferdinand ayant par intelligence salvatrice tout laissé à ses vingt sept enfants beaux et en pleine santé…

J’allais prendre la besogne de quitter mon arbre quand, soudain, mon oreille perçue le cri strident d’un oiseau que je connaissais bien… Celui d’un sucrier…

Cherchant de quelle branche le petit voyou osait sa transe, je fini par le trouver au dessus de mon couvre chef à une portée de bras… Il était là, joyeux, au milieu des morts et des morts vivants, semblant plus affûté à piailler qu’à devoir me craindre… Je le savais par notre île voleur, tricheur, magouilleur, mais à ce point prêt pour d’humaines conversations cela semblait peu probable…

Mais le coquin plutôt que de fuir mon effet de le fixer, préféra sur une branche plus près de moi s’approcher…

C’est par cette effronterie que je reconnaissais un reste de pansement sur l’une de ses minuscules patte… Voilà donc le freluquet être le voyou qui boudât jadis les remerciements de mes bons soins…

Le voici donc tout comme moi loin de sa demeure, sans doute, et dans un endroit bien mal choisi pour piaffer et s’égayer…

Quel tortueux destin avait fait mon secouru me trouver abasourdi de tristesse, endimanché et pauvret de la perte d’un ami ?

Le ridicule s’approcha encore au point qu’il m'était possible de reconnaître la couleur de ses yeux coquins… Le voilà donc entrer dans l’intimité de mon deuil, effronté, et plus encore, me toiser tel une baie rouge si prisée pour ses appétits…

C’est alors que contre toute mes attentes, le moineau poussa le vice de chanter si bien et si fort que même l’attardé curé en fut alerté…

Je ne puis m’empêcher alors de siffloter tout comme lui entre deux sourires au risque d’un sacrilège notoire…

Enfin le sucrier virevolta tel un colibri au dessus de mon chapeau de paille et s’en alla sans une autre forme d’au revoir…

Sur le chemin du retour je ne pouvais m’empêcher de siffloter encore et encore, la joie emplissait mon cœur et déjà, ma main était démangée par une sûre envie de bien écrire…

Cette sacrée bestiole habituée à détrousser nos touristes venait de me rendre la joie de vivre et pour forme de remerciement à mes soins jadis, me donner l’envie d’écrire sur Fernand plutôt que de seulement le pleurer…

Un grand esprit s’envolait pour l’inconnu, celui d'un philosophe, et moi, grâce à un petit sucrier, je trouvais l’inspiration d’apaiser ma tristesse de ne plus l'arpenter ici-bas…

Il est des amis Martiniquais qui sont de ma famille et des oiseaux pour me le  rappeler...

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

Mon val, Valérie...

Publié le 24/04/2011 à 02:13 par peintredesdom Tags : fabuliste écrivain amour poème jeanmarcwollscheid valérie

 

Au creux de ma vallée de mon univers,
Au fin fond de mes aléas de mes chimères,
Existe une toute petite orée une rêverie,
A l’emplacement parfait de mon val, Valérie..

Ici, au pied de mes pensées fuse et jonche,
Entre ciel bleu et goulus ti-punch,
L’étrange et alerte sentiment de vous connaître,
Par ce fou alizé qui vous fit me bien paraître…

Moi, esseulé et piètre j’y marchais hirsute,
Entre les mots tentés et les vents de disputes,
Hermite dans mes passés aux mille gaucheries,
A l’emplacement parfait de mon val, Valérie..

Fallait-il insister pour garder armes de solitaire,
Ou au contraire gagner vos doutes et vos terres ?
Portés par nos désillusions et nos justes pardons,
Fallait-il résister et bien garder toutes raisons ?

Oui ! Selon vous petite fée d’un rêve matinale,
Et tant pis si le jeu tait la chandelle natale,
De cet amour chez vous bel endormi,
A l’emplacement parfait de mon val, Valérie…

Là, au jardin de mes sentiments qui s’éternisent,
Entre vos doutes et vos mots qui nous tétanisent,
Pourtant est la source originelle celle des vies,
Ou puise serein mon amour qui vous dévie…

Frêle, lassée, chancelante amie qui emportée,
Donne souffle de oui et retient désabusée,
Seulement les crevasses et les badineries,
De l’emplacement parfait de mon val, Valérie..

Au creux de ma vallée de mon univers,
Au fin fond de mes aléas de mes chimères,
Existe une toute petite fée une rêverie,
A l’emplacement de mon val, chère amie..

Élancée, fière, jalonnée de vos certitudes,
Vous cherchiez en moi de sûres attitudes,
Mais votre beauté sans limites oui empêche,
Le pêcheur d'ignorer miraculeuse pêche…

Au creux de ma vallée de mon univers,
Au fin fond de mes aléas de mes chimères,
Existe une toute petite fée une rêverie,
En place dans mon carnaval, ma Valérie...

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID…(A vous, belle et fluette…)

(Tous droits réservés…)

Saint Valentin

Publié le 08/02/2011 à 02:58 par peintredesdom Tags : Saint Valentin

Je venais de me réveiller,

ou peut-être de naître,

Je ne savais pas.

 

J’avais les yeux ouverts,

Je regardais l’horizon,

Je regardais devant moi.

 

Je me sentais à l’étroit,

Je sentais la brise danser,

J’étais conscient.

 

Puis je regardais mes pieds,

J’étais un petit homme,

J’en étais conscient.

 

Aussi j’écartais les bras,

Mes cheveux allaient au vent,

Je me sentais enfant.

 

J’étais sur une île,

Qui semblait ronde,

Je ne savais pas.

 

Le sable était jaune,

Il était chaud et doux

J’en avais l’assurance…

 

J’avais la tête en haut,

La tête dans les étoiles,

Je me sentais debout.

 

Mais je devais voyager,

Cela semblait normal,

J’en étais conscient…

 

J’avançais un pas, puis deux,

Puis dix, puis encore dix,

Soudain, j’avais la tête en bas.

 

Il faisait jour et, maintenant,

Il faisait nuit !

J’avais froid.

 

Le sable était gris,

Il était froid et lourd,

J’en avais des transes…

 

J’avais la tête en bas,

Et il y avait un oiseau,

Il était posé devant moi.

 

L’oiseau était gris,

Je le voyais dans le noir,

Je le sentais triste.

 

Je me devais de l’emmener,

Avec moi loin de la nuit,

J’en étais conscient…

 

J’avançais un pas, puis deux,

Puis dix, puis encore dix,

Soudain j’avais la tête en haut.

 

Il faisait nuit et, maintenant,

Il faisait jour !

Je n’avais plus froid.

 

L’oiseau était bleu,

Je le voyais dans la clarté,

Je le sentais heureux.

 

L’oiseau regarda ses pattes,

Puis déploya ses ailes,

La brise le souleva…

 

Je grimpais sur son dos,

Car je devais voyager,

J’en avais conscience…

 

L’oiseau m’envola plus haut,

Au-delà de mon île,

Je la voyais d’en haut…

 

C’étais une petite planète,

Toute ronde et bien étroite,

J’en avais conscience…

 

Tient ! Ma planète était jaune,

Elle était très jolie,

J’en étais certain…

 

Puis mon oiseau tourna autour,

Nuit et jour,

Du chaud au froid…

 

Enfin il se posa un jour,

Oubliant la nuit,

J’en avais l’assurance…

 

« Oiseau ! Envol moi encore !

-Oiseau ! Dis moi qui je suis !

-Oiseau ! Dis moi ou je suis ! »

 

L’oiseau m’envola encore,

Puis encore et encore,

J’en étais en transe…

 

Puis l’oiseau un jour disparu,

J’étais seul et endormi,

J’en étais triste…

 

Mais je devais voyager,

Cela semblait normal,

J’en étais conscient…

 

J’avançais un pas, puis deux,

Puis dix, puis encore dix,

Soudain, j’avais la tête en bas.

 

J’avais la tête en bas,

Mais pas d’oiseau devant moi,

J’en avais conscience…

 

Alors dans la nuit noire,

J’avançais à grands pas,

Pour gagner le jour…

 

Là, sûrement un jour,

A mes premiers pas,

Etait posé un miroir…

 

Aussi, un petit homme mimait,

Chaque geste que je faisais,

J’en avais conscience…

 

Je venais de me réveiller,

ou peut-être de naître,

Je ne savais pas.

 

J’avais les yeux ouverts,

Je regardais cette image,

Je regardais devant moi.

 

L’oiseau se posa près de moi,

Me regarda dans le miroir,

Puis à nouveau m’envola…

 

Nous allions si haut et si loin,

Que je ne reconnaissais plus rien,

J’en avais conscience…

 

Le voyage fut si long,

Si venté et si lumineux,

Que j’en fut engourdi…

 

Enfin l’oiseau se posa,

Sur une planète rose,

Une grande planète…

 

J’avais les yeux ouverts,

Je regardais en haut,

Je regardais le soleil.

 

Je me sentais tout petit,

Je sentais la brise danser,

J’étais conscient.

 

Puis je regardais mes pieds,

J’étais bien un petit homme,

J’en étais conscient.

 

Aussi j’écartais les bras,

Mes cheveux allaient au vent,

Je me sentais bonhomme.

 

Le sable était rose,

Il était chaud et doux

J’en avais l’assurance…

 

J’avais la tête en haut,

La tête dans les étoiles,

Je me sentais debout.

 

Mais je devais voyager,

Cela semblait normal,

J’en étais conscient…

 

J’avançais un pas, puis deux,

Puis dix, puis encore dix,

Soudain, je trouvais une fée.

 

Une fée si belle et si parfumée,

Que j’avais la tête en bas,

Elle était posée devant moi.

 

Je me devais de l’emmener,

Avec moi loin de la nuit,

J’en étais conscient…

 

Elle me dit : « Valentin…

Je vais t’aimer, te choyer,

Et sûrement ne plus te quitter… »

 

Je venais de me réveiller,

Sûrement de naître,

Je le savais bien.

 

TEXTE ECRIT PART JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

La poule argentée...

Publié le 10/01/2011 à 02:49 par peintredesdom Tags : contes livres jeunesse baudelaire fables poules wollscheid auteur fabuliste fables contemporaines

 

Souvent l’accumulation du grain est faste,

Mais pour tout animal la faim rend néfaste.

Etudions qu’à la ferme le fait de bien grossir

Enrichis toujours au détriment de ses sbires…

 

Ici au fin fond du poulailler dans la paille,

Est un coq qui chante et fait juste ripaille,

Trop heureux d’avoir poule et descendance,

Aussi scène au soleil et porc de plaisance…

 

Tout est dit tant chaque chose est en place,

Dame nature ayant pensée dans ce palace,

Que coq est mâle et poule femelle allouée,

Que bouc est fort et brebis toutes à louer…

 

Pourtant bien installé dans ce jeu de rôle,

Le coq va subir la loi qui mue et contrôle,

Tout être, toute société de bêtes humaines,

Au point messire de susciter que la haine…

 

Longtemps avant ce temps ;

Aux primes rosées…

Le coq s’amourachait coqueluche

D’une osée…

D’une poule qui ne pensait

Que pour picorer,

D'une follette qui ne s’épanchait

Que d’accumuler…

 

Mais elle ne savait gérer le trop plein,

De ses biens qui provoquait le chagrin,

Ni cette fortune dépassant en tout,

L’autorité chantée de son bel atout…

 

C’est ainsi que pendant que coq fait office,

Chante et danse s’élevant comme pas de vice,

La poule acquière des granges remplies,

Agrandit mangeoires et de biens s’emplit…

 

Trop affairée pour voir grandir son poussin,

C’est le coq qui de ses plumes fait coussin,

Tant la poule doit compter tout son grain,

Le bon or qu’elle amasse sans emprunts…

 

Mais le coq un jour de sa tour,

Comprit le jeu de vautour,

Puis mit fin d’un joli tour,

Aux feux de ce vil amour…

 

Longtemps après ce temps ;

Aux primes rosées…

Le coq s’amourachait coqueluche

D’une orée…

D’une poule qui ne pensait

Que pour l’aimer,

D’une follette qui ne s’épanchait

Que de le garder…

 

La poule quittée eut tôt la bonne levée,

D’un autre coq ainsi bien élevé,

Mais qui aussi dindon finira sûr gavé …

 

"Un coq avec du bien protège sa poule et la chérie,

Une poule trop riche dénigre son coq et le détruit..."

 

Le coq sans biens n'à que son bec pour chanter...


TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

Suite à notre entretien...

Publié le 02/01/2011 à 13:29 par peintredesdom Tags : livres jeunesse baudelaire fables contemporaines fabuliste auteur wollscheid contes fables

 

A celle que je n’ose prendre,
Qui sait si bien me surprendre,
Me donne un peu de sa main,
Retient hier et peut-être demain…

A la fille qui ose le temps suspendre,
Qui de son cœur avoue m’entreprendre,
Me souffle des mots gommant l’ennui,
Retient le jour et peut-être la nuit…

A celle qui sourit de mes frêles attentes,
Qui veut dompter geste et entente,
Me destine alerte et jeu mignon,
Retient le oui et peut-être le non…

A la femme qui affole mes boussoles,
Qui de ses joies magnétise et enjôle,
Me prédit bel avenir et juste amour,
Retient jamais et peut-être toujours…

A la muse qui hante chaque seconde,
Qui illumine à vie, fée féconde,
Me laisse lueur et douce transe,
Retient folie et peut-être outrance…

A la maîtresse qui me fait école,
Qui me désarme à chaque parole,
Me récite moi qui élève l'espoir,
Retient le blanc et peut-être le noir…

 

A vous belle et métissée fluette,
Qui attire légère les épuisettes,
Me papillonne et disparaît fumée,
Retenant ses lèvres et un baiser…

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)

Mes plaines du Forez...

Publié le 28/11/2010 à 01:20 par peintredesdom Tags : livres jeunesse baudelaire wollscheid fables contes fabuliste fables contemporaines auteur

 

Aux brumes de mon jadis pays le Forez,

Par des matins perdus en mal aise,

J’enfantais des pêches merveilleuses,

J’emprisonnais alors des eaux pieuses…

 

Mon pays. Mon beau pays aux mille étangs,

Moi ici entouré d’eau salée pour longtemps,

Si tu savais comme tout me manque d’antan,

Tes odeurs, tes foisons, tes jardins de taons.

 

Je puisais alors à la surface de tes flots sûrs,

Les folles inspirations que je n’osaient pures

Mais qui englouties, rejaillissent à belle allure…

 

Nous voici donc près de Bouthéon le matin,

Alors que j’installais mon attirail de marin,

Je fus surpris par une ‘cherche-chemin’,

Une taupe qui lisait mal ses parchemins…

 

Comme à mon habitude je taisais mes gestes,

Toute idée de freiner la nature preste

A me livrer la vie par là, frêle et peste…

 

La bestiole sans lunette semblait loucher,

Sur un trou bien loin de son couché,

Au bord de mon lieu de pêche levé…

 

Je voyais la mange racines tout au bord,

De tomber dans mes eaux en mauvais sort,

Elle si bonne bêcheuse loin des ports…

 

Et ce fut le plouf….

Pour une histoire de ‘Ouf’…

 

La taupe et le brochet…(Fable)

 

Une taupe qui de la terre avait tout connu,

A dos baluchon avait crié de grands saluts,

Puis quitté rangées de carottes dodues,

Ses sœurs, ses frères, son jardinier poilu…

 

Je veux voir la mer s’était-elle exclamée,

Et laisser mes terres si amères et polluées,

Pour enfin trouver par delà les phosphates,

Une vie sans pièges et bien plus adéquate…

 

Un vers ingénu au détour d’une galerie,

L’avait prévenu avec belle galanterie,

Que forer était sa vie en bas et point flotter,

Que pour les eaux là haut il fallait être palmé…

 

Mais rien n’y fit et tant pis,

La taupe ajoutait à la myopie,

Du caractère et des insomnies,

Une surdité par ses choix aussi…

 

Longue fut la route dessous à gratons,

Pour trouver la mer loin de son canton,

Mais un matin les yeux pleins de terreau,

La voila dessus trouver une étendue d’eau…

 

Ici, un spectacle magnifique à elle s’offrait,

Les brumes matinales encore lui cachaient,

Des saules par tout l’étang qui se mariaient,

Aux menus fretins qui eux en reluisaient…

 

La taupe humait la fraîche rosée automnale,

Les odeurs de poiscailles d’un coin cardinal,

Les étourneaux chantaient des cérémoniales,

Plus loin, la Loire jouait des danses ancestrales…

 

La bête tomba nez à nez avec moi, jardinier,

Je déterrais quelques lombrics fins limiers,

En vue de leurrer brochets et sandres liés…

 

La bestiole sans lunette semblait loucher,

Sur un trou bien loin de son couché,

Au bord de mon lieu de pêche levé…

 

Je voyais la mange racines tout au bord,

De tomber dans mes eaux en mauvais sort,

Elle si bonne bêcheuse par tous les tors…

 

Et ce fut le plouf….

Pour une histoire de ‘Ouf’…

 

Maintenant, un vieux briscard qui furetait,

Aux abords comme souvent les brochets,

Happe la taupe d’un seul crochet,

Puis dans un fracas ouste et disparaît…

 

C’est alors que par une grande faim,

Au passage il attrape mon vers pépin,

Et d’un jet de queue voit son jeu éteint,

Manoeuvré par un moulinet coquin…

 

« Si je te crache la taupe que feras-tu ?

- Je te relâche aussi, qu’en penses-tu ?

- J’ai tant à faire encore par les temps !

- Recrache la myope et je te laisse en l’étang…

- Puis-je faire confiance à un pêcheur ?

- Je te jure n’être sans plus un leurre… »

 

La taupe que je déposais dans un jardin,

Se mit immédiatement à creuser sans teint,

Et comme je m’en allais mine de rien,

Elle m’appela l’air très bien…

 

« Puisque tu m’a sauvé fait donc un souhait !

- un souhait dis-je ?

- Oui ! Je te dois la vie, vas-y…

- Alors je voudrais connaître la Martinique…

- Je t’envois là bas demain et tu y trouveras,

Le temps des cerises et après tu seras,

Fabuliste par ces beaux tropiques… »

 

Quelques années après cette aventure,

Je fus nommé ici sous nos latitudes,

Et après la naissance de ma petite Cerise,

Je devins écrivain, fabuliste sans surprise…

 

Je me demande souvent ce qu’est devenue ma taupe ?

 

Nous sommes ce que nous sommes,

Rien ne vaut de bien le savoir…

En protégeant la nature bons hommes,

Elle nous le rend en belles histoires…

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

Monsieur le curé est en face...

Publié le 17/11/2010 à 12:32 par peintredesdom Tags : amour église cure wollscheid nouvelles fables histoires

 

« Seigneur, je dois te remercier de m’avoir ici échoué,
Si bien éclairé parmi des cabris désœuvrés,
Dans mon église étroite, je te suis dévoué… »

Le père Victorin referme sa bible et l’embrasse,
Se relève enjoué, puis rejoint la grande terrasse,
Ferme la porte de l’église, et part juste en face…

De ses soixante ans usinés le curé est un chef,
Capable de réunir pour son concert sous la nef,
Aux moins deux cent pêcheurs aux bas reliefs…

Car Mon Seigneur Victorin fait des quatrains,
Des vers qui assomment pêchés ou vils biens,
Et de ses infidèles de bons agneaux chrétiens…

Alors, de toute la Martinique, on vient le dimanche,
En robe blanche et en chapeaux de vertes branches,
Pour du bon prêche se laver en saine revanche…

« Seigneur, ce jour dominical encore mes oilles,
Étaient plus nombreuses que brins de pailles,
Par votre esprit, mon dieu, mes mots font ripailles… »

Le curé Victorin referme sa bible et l’embrasse,
Se relève enjoué puis rejoint la grande terrasse,
Ferme la porte de l’église et part juste en face…

Pour le chemin de croix le père curé excelle,
Portant lui même la poutre comme un missel,
Jouant le christ les pieds nus et le front en sel…

De toute la Caraïbe on vient soutenir le saint,
Et sur un bois voir mourir le fils du bien,
Apôtre de Dieu fervent serviteur des îliens…

Le curé Victorin referme sa bible et l’embrasse,
Se relève enjoué puis rejoint la grande terrasse,
Ferme la porte de l’église et part juste en face…

En face où l’attend le pêcher caché, la pomme,
Croquée voilà dix ans avec Hortense en somme,
La femme qui l’aime pour les yeux de personne…

« Seigneur, je dois te remercier de m’avoir ici échoué,
Si bien éclairé par cette chevrette désœuvrée,
En face de mon église je trouve l’amour dévoué… »

Le curé Victorin referme sa bible et l’embrasse,
Se relève enjoué, puis rejoint la grande terrasse,
Ferme la porte chez Hortense et part juste en face…

L’amour au sein de l’église est parfois pêché,
Mais le bon Dieu pardonne au bon curé,
D’aimer Hortense autant que ses assemblées…

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)

le loup des hauts monts...

Publié le 15/11/2010 à 23:12 par peintredesdom Tags : enfants nuit mort texte loup fables contemporaines fabuliste wollscheid

 

Voyez dans la froideur des nuits un solitaire,

Ce vieux loup traqué de trois mille guerres,

Ce mangeur fuir les hommes et la misère,

Voyez petits enfants un garou sans terre…

 

Jadis ici roi des champs et hauts monts,

Gardien des sorts fort entre ses bonds,

Ce mâle était respecté par tous gibbons,

Toutes femelles, agneaux et gens bons…

 

Voyez encore qu’à seigneur aussi,

Nuie la vieillesse jamais amie,

Et que nul n’échappe par une vilaine nuit,

Au vol de meute par plus jeunes ennemis…

 

Maintenant sans un chant par ses hauts monts,

Le voici scruter d’anciennes femelles démons,

Qui font saillir ses vielles gloires en amont…

 

La langue pendue jusqu’au sol poreux,

Les yeux vides semblants des creux,

La bête ressemble au renard fiévreux…

 

C’est ainsi que la vieillesse ennemie,

Rend le féroce simple peste momie,

Entre les chemins de gloires passées,

Le voici mourir par les vents glacés…

 

Cette nuit dans le Gévaudan est mort,

Un seigneur qui jadis domptait le sort,

Mais qui subit maintenant la loi du plus fort…

 

Ainsi pense toujours la nature…

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

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