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merci d'être venu me voir ! en espérant que la magie des contes te fasse retomber en enfance ! passe une bonne...
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Par jumper, le 02.11.2009
merci ! je penses vous mettre en blog ami car le votre est vraiment bien ! bonne soiréehttp://le grimoiredesco...
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Par jumper, le 27.10.2009
merci de ces charmants moments passé en votre compagnie...
la fontaine doit être heureux....
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Par Adeline de Lille, le 16.10.2009
c'est majestueux, tu portes aux nues la femme créole avec tant de délicatesse, bravo à toi encore une fois! to...
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Par ktizeb, le 12.09.2009
c cooll jean marc je vais l acheter cousin il est super...
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Par denis, le 02.09.2009
bonjour je suis très heureuse et très fière de ta réussite. je t'embrasse très fort .
viviane alias ta cous...
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Par Lalanne Viviane, le 02.09.2009
whou ! quelle bouffée d'enfance soudaine ! que de souvenirs ! que de tendresse que d'émotion......
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Par Sylvie, le 28.08.2009
anselme le poète?? j'aurais juré que c'était toi l'auteur!! près de trois siècles après, anselme s'est trouvé ...
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Par ktizeb, le 28.08.2009
re, j'ai 11 ans née le 28/06/1998 puis-je savoir votre age je suis celle que tu as laissé dans son blog un com...
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Par yasmina, le 21.08.2009
bonjour, je suis yasmina moumen, vous aviez jetté un coup d'oeil dans mon blog et vous m'aviez laissé un comme...
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Par yasmina, le 21.08.2009
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Date de création : 20.10.2008
Dernière mise à jour :
28.10.2009
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Nous voici au centre de la ferme dans l’étable,
La chaleur est animale, la conversation à table,
Deux vaches parmi d’autre bavardent affables…
Une est laitière, le pis laid, pleine de volonté,
L’autre a litière, le pis sot, vide de sûre bonté,
Les deux sont pipelettes au point de bien conter…
Marguerite est de ces bonnes vaches donneuses,
Qui produit plus de lait pour sa tendre tireuse,
Et son paysan qu’elle affectionne charmeuse…
Noiraude est de ses bonnes vaches bouchères,
Qui grossit plus que taureau et bœuf en chairs,
Elle patiente la bouche pleine loin des jachères…
Mais dans l’endroit la pause amène la prose,
Les nuits entières servent à la bonne cause,
Papoter pour refaire la ferme et toute chose…
La laitière est alerte à écouter la viande mégère,
Qui en face d’elle maraude entre fer et litière,
Tout en se moquant que lait soit aurifère…
« Ma pauvre fille, que vous avez l’air bête,
A vous laisser prestement soutirer quête,
Et par là, vider vos cotas les cornes en fête… »
« C’est juste pause, dit Marguerite le foin mâché,
Si vous saviez la lourdeur des pis, le cuir haché,
Donner du poids le soir est calvaire écrémé… »
« Et votre veau alors, votre descendance sacrée,
Loin de vous réclamant votre affection sucrée,
Il tête au seau avec ses cousins blancs nacrés… »
« Je rends service Madame, le paysan a mille traites,
Lourdes charges de nous élever jusqu'à la retraite,
Nourrir, choyer ses bêtes rend pauvreté discrète… »
« Soit, bonne ignorante, mais je rencontrai tantôt,
Le chien Kali fidèle ami de notre éleveur qui tôt,
Me raconta la terrible destination de vos hectos… »
" Et bien dites, ma chère, beuglez si j’ai tord,
-Votre lait et celui des autres à mauvais sort…
-Lequel ? Par tous les foins…
-Il est aux champs par manque de soins…
-Aux champs ? Que me dites-vous mégère ?
-Oui, Madame, vos laits sont au pré, en terre,
Vidés par citernes entières,
Ils vont nourrir topinambours et jachères,
Sachez que chez l’humain le gaspillage prime,
Et que lait en trop ne sert jamais leurs famines,
Mais irrigue bien enterré vos idiotes disciplines…"
C’est depuis que dans la ferme, Marguerite rumine,
Que les autres vaches informées refusent machines,
Et que plus une goutte de lait ne sort de l’usine,
Laissant le paysan sans une coulée d’or dans sa mine…
Marguerite ne sait pas que le paysan n’y est pour rien,
« Temps pis », le monde tourne sans entretien,
Avec ailleurs des enfants qui meurent pour rien…
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Un chat se plaignait en bord de mer,
de n’avoir rien pour plaire,
Sur les os plaies et maigre chair,
Au point, perdu sur notre terre,
De geindre plus fort à l’air,
Que croisiériste en galère…
Le roi des animaux est ici chien fer, c’est à lui bedeau,
Que le chat montre ses déconvenues entre les bateaux,
Et use de mots pour gagner autre dû en cadeau…
« Comment ? dit le roi pelé ;
Vous ! Osez par devant moi miauler
Pesez qu’à Fort de France vos conditions soient mal étalées
Et que la faim vous tiraille au point de sécher vos attraits ?
Vous, frêle ! Devant moi, tête basse poil en retrait
Pleurant une autre place, autre sort dans nos jardins ;
Vous chat ? Qui pourtant avez six vies encore, gredin,
Et par ses atours, griffes lestes, devrait bonds précis,
Bonne chasse de mets en raccourci ;
Allez votre chemin, ne vous plaignez plus de maux,
Jouez perché pour être le plus félin des animaux… »
« Mais, Sire…
Je suis si bon que prêt à mourir,
Rat je laisse fuir,
Pas une bestiole ni un ravet je puis frire,
Pas même du gras lézard j’ose m’enquérir,
De l’humain je ne cesse de me languir,
Comment puis-je ainsi me bien nourrir ? »
« Et bien, voici un chat moine, un chaton,
Qui de ses crocs ne peut juste gueuleton,
Et de sa fine bouche devient maigre rejeton…
Mais sachez que chat tôt, chat pitre, chat lent,
Ne font que se rassasier par beaux élans,
Que chat loupe rarement sa proie en talent…
Cessez donc de geindre, soyez méchant des rues,
Sans manger, vous tendez repas au plus féru,
Et finirez en chaux et charrue…
Sachez Monsieur que dans vos six vies à venir,
Vous devrez, très fauve pour un bon devenir
Manger plus petit, plus faible, et ne jamais faillir… »
Le chat de la leçon dîne, détale en révérence.
Plus un rat ni un lézard étaient en errance,
Tant ce tigre fut sauvage à Fort de France…
L’humain à d’autres chats à fouetter,
La bête perdue ici n’est pas fêtée,
Peu importe roi pelé ou chat bonté…
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Nous voilà à la cour d’un bon Roi, celui des lumières,
Qui donna lettre et noblesse à un certain Molière,
Et envoya aux hollandais d’Artagnan et bannières…
Dans les jardins de Versailles, pendant que travaillait Colbert,
Bien armé d'un mécénat royal, après la chasse aux colverts,
Voici Louis Dieudonné avec sa cour, ses jeux, et ses revers…
Le Roi admirait, avec Le Nôtre, la beauté divine de ses jardins,
Madame de Sévigné sous une tonnelle écrivait sur les mondains,
Plus loin en arrière, Racine et Boileau rêvaient de hauts destins…
Là, un paon surprend d’hardiesse de belles dames suiveuses,
Et comme sa roue écarlate étale, des folles l’imitent rieuses,
Au point que gentes femmes soient robes levées et envieuses…
Monsieur de La Fontaine alors s’approche, puis fait scène,
Le Roi et la cour usent d’aises pour un spectacle Messène,
Le grand fablier va d’un plumé oiseau faire avant-scène…
La Fontaine à son acteur :
« Vous ici ? La roue pleine sans une plainte à Junon,
vous ! Encore en panade l’arc-en-ciel nué, le cri canon…
je vous connais Monsieur ! Foi de corbeau sur le Trianon… »
Le paon fait rouage :
« Voyez, le frustre, le diseur, le marieur de farces bestiales,
Tenter ! Encore ! De donner leçons à une bête joviale,
Et par la plume, oser morale et mise en garde présidiale…
Le fabuliste strophe :
« C’est devant mon Roi et cette cour que je vous conjure,
d’abdiquer dans vos façons qui blessent et jurent,
car je me prépare à vous cuisiner de par ma Nature…
Et par votre sifflet impur, je vous ferai idiot vermisseau,
Tancé par Déesse qui vous trouvera bien piètre bécasseau,
A vouloir de tout prix, un fifre rossignol dans vos ruisseaux… »
Le paon dore :
« Et bien soit, Monsieur, je me plaindrai à votre Junon,
car il est vrai que mon cri se confond avec celui d’ânon,
et que le beau sans juste son, cherche manquant chaînon… »
La cour s’esclaffe et applaudit la joute verbale si sincère,
Entre un oiseau au gosier misère et le poète qui opère
Une fable naissante parmi les arbres et les coléoptères…
Notre Louis XIV s’amuse que devant lui une scène d’écriture
Prenne naissance en avant première par Monsieur de La Nature,
Celui-la même qui, indépendant, de la cour est hors murmures…
L’auteur La Fontaine exulte tant l’inspiration est aventure,
Servi par un animal jaloux qui cherche dans toutes créatures,
Le chant qui siéra à sa beauté, et non plus le sien, contre-nature…
Monsieur La Fontaine au pamphlet :
« Regarde oiseau de basse-cour, regarde ces femmes amusées,
chacune à pour elle des qualités, la joliesse, les formes dosées,
Une autre, Madame de Sévigné, la beauté et l’écriture aisée… »
Madame de Sévigné salue ce mariage…
La Fontaine construit au paon son adage :
« Vois, en notre beau Roi, la finesse des lettres, le stratège,
la modernité de son esprit, son bon goût du Saint Siège,
et la volupté du geste comme la volonté de l’art qu’il agrège…
Chaque animal et chaque être à pour lui d’être un sage ;
*Les uns ont la grandeur et la force en partage ;
Le faucon est léger, l'aigle plein de courage ;
Le corbeau sert pour le présage ;
La corneille avertit des malheurs à venir ;
Tous sont contents de leur ramage.
Cesse donc de te plaindre ; ou bien, pour te punir,
Je t'ôterai ton plumage.»
Le paon tacle au sol, puis avec roue détale,
A la prospérité s’en remet intérêt et principal,
Une riche queue et le bec moins instrumental…
Le Roi qui eut peur d’être oublié du bien polissage,
Se lève et affiche forte joie devant cet apprentissage,
Comme la cour qui reconnaît par là bon dressage…
Voilà mesdames et messieurs, chérubins précieux,
Comment, peut-être, Lafontaine trouvait ses jeux,
Pour le plaisir du Roi et ses gens bienheureux…
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Le corbeau...
A qui est l’arbre si ce n’est à corbeau et pie ?
Branche est née pour un perchoir servi,
Ici, maître est chanteur au-dessus de l’épi…
Par La Fontaine il attend, porteur de fromage,
Mais en dépit, se contentera d’un autre passage,
Et d’une nouvelle posture comme d’un autre adage…
Défiant le maître, je prends la plume ce soir,
Pour vous raconter histoire et vieux déboire,
D’un oiseau commun qui accumule désespoir…
Le corbeau maître chanteur…
Voici un corbeau qui laisse aller le renard,
Puis l’interpelle de sa hauteur en bon briscard,
Sans laitage, lui chantant mélodie comme cithare…
Il faut dire qu’en cet hiver, chaque bête est malade,
Toute viande est froide et tout cerveau en marmelade,
Tant la bise perce, tant les mets évitent l’enfilade…
« Monsieur ! dit le corbeau alléché,
Je vous trouve bien mal en pattes et fort séché,
Par des faims sûrement et l'envie de tout lécher… »
« Si vous saviez virtuose corbeau, le grand festin,
Je cours au village pour un show destin,
Celui de me sustenter et faire ventre plein… »
Le corbeau n’est pas prêt d’être tenté, l’aile gelée,
Mais le ventre vide, joue du bec vingt notes en volée,
Croasse, agace, produit des sons désenchantés…
Le renard ruse les oreilles brisées :
« Mon seigneur, mon maître, vos cordes si vocales,
montrent que ruse est à renard comme canards au musicale,
votre fifre produit si beaux sons, que je fais une escale… »
Or, toute la forêt fuyait le criard endroit,
Tant la chanson du corbeau assommait d’effroi.
Même les fourmis, ces sourdes, lâchaient toutes proies…
Le corbeau épris de ses airs, charmé par le renard,
Redouble à flûter comme crapaud dans sa mare,
Imitant par le froid terroir un pire tintamarre…
« Maître chanteur, dit le goupil, venez donc ce soir,
au village est un concours de siffleurs devant miroir,
et qui éblouira de chants gagnera blé et mangeoire… »
« Un concours ? Avec un public connaisseur ?
Des mélomanes prêts à écouter le bonheur ?
Je vous suis comme le pianiste un médiateur… »
Le renard rit de sa facilité, voyant un corbeau voler,
Au dessus d’un chemin qui le mène à convoler,
Avec sa ruse qui par des mots à su dévoiler…
Là, au village, le strapontin éclairé va appâter,
Un maître queue qui chante le cerveau épaté,
Pour une foule dans le noir qui va s’empâter…
Le corbeau fait vent de notes au ras du sol,
A mi-chemin entre ténor et vieille casserole,
Usant du ré du do droit, la langue folle…
Et quand le répertoire à tout le monde disgracié,
La lune finit par éclairer un public carnassier,
En fait, mille renards au piège pour scier…
Le corbeau salue, s’oublie, puis bêtement,
Fait rappel pour un concert joué si finement,
Par mille assauts, disparaît sous les gourmands…
L’artiste parfois oublie de rester humble à défendre
Son œuvre qu’il veut à tout prix bien vendre,
Au risque d’être avalé par un public peu tendre …
Le roi renard rote, puis repart en chasse sans palier,
Il a mille bouches à nourrir et se doit de spolier,
Tout imbu par le bec entre les hauts peupliers…
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Un renard allait manant, la queue basse le corps baillant,
Entre les fougères il tirait sa faim les yeux fort brillants,
En quête, les dents longues, museau fier humant…
Le rat, lui, roi rongeur, fronde sur le chemin battant,
Et de son pavillon stoppe la progression du vieux léchant,
Sûr de ses verbes, joueur, de croiser la ruse par ses champs…
« Oh là ! Du fouillant, dit le rat guettant, oh là ! Roux goupil !
j’aime vous voir sur mes terres aller piégeur à l’heure pile,
et de mes frères et autres cousins tenter festin qui s’empile… »
Le renard sait qu’ici, un noble rat fait du mot juste emploi,
Qu’il règne sur des générations de voleurs haut son beffroi,
Et qu’à ruse égale, le combat sera littéraire et froid…
Le renard s’avance :
« Voyez Messire, voyez sous la lune claire,
un utile chasseur de criquets, qui après repas veut dessert,
et d’un pas leste, s’use à nettoyer le superflu de vos terres… »
Le rat chicote :
« Oh là donc ! Fieffé coureur, vous-ici sans mauvais airs ?
Vous ! Cherchant mets sucrés seulement, et pas autres chairs ?
Vous ! Allant droite voile sans aspirer rat d’eau et calvaire ? »
Le renard met scène :
« Je vous l’assure dit le chien fer, j’ai dîné à l’heure ce soir,
d’un agneau que le paysan voulait offrir à mon désespoir,
je me sustentais si pleinement que j’en voudrais bien m’asseoir… »
Le rat botte :
« Dites-moi alors, pourquoi votre museau était au sol et si,
par monts et par vaux vous n’étiez pas indélicat et précis,
à vouloir fauve, affûter bonne ruse et bel appétit aussi… »
Le renard défend :
« Point du tout mon seigneur, que nénies,
voyez en moi plutôt l’otage d’une mission sans déni,
celle de chasser tout ce qui est malade et qui nous nuit… »
Le rat qui connaît bien la messe, use de sa matière grise,
Mais affiche tout de même sa santé sans possible méprise,
Au cas où, le renard voudrait de lui, faire une haute prise…
De son sommet, le roi étale sa forme et danse même,
Afin de montrer sa brillance et sa queue qu’il sème,
La corpulence de bons soins qu’il se prodigue en bohème…
Le renard approche du rat perché, et par une patte ailée,
Gratte sans pouvoir attraper le roi heureux zélé,
Qui, par une faim du soir pourrait se faire avaler…
Le renard ose :
« Mon seigneur, je vous trouve si beau dans votre opéra,
si fragile à vous dandiner dans un bal de petit rat,
dansez encore ! je vous en conjure ! et mon plaisir sera… »
Le rat joute :
« Sentez ma noblesse, voyez mes cadences et façons balancées,
encore, sans musique, je vous montre l’artiste qui sait valser,
virevolter, sauter, puis maintenant aussi, bien tanguer… »
Le renard fuse :
« Aucune représentation mon seigneur n’est si précieuse,
aucun spectacle n’est plus chatoyant que votre ronde rieuse,
que seul un cygne oserait, sur un lac de vagues pieuses… »
Le rat oublie sa hauteur puis, emporté, tombe de sa tour,
Les pattes gracieuses, le corps volant, le cerveau lourd,
Il se retrouve au bec d’un chacal et maître vautour…
Quand, au museau sa proie, le renard cherche un habitacle,
Voilà mille rats cachés derrière le beffroi visant le spectacle,
Mille guerriers fans, prêts pour sauver le roi d’un tacle…
Le renard crache son gibier, puis sa ruse, bien mal venue,
Tant la foule accourt pour changer la faim convenue,
Du goupil qui d'un jeu croyait avaler toutes revues…
Devant la puissance d’une foule mélomane et haineuse,
Voici un renard sur un beffroi jouer la grâce danseuse,
Contraint devant le roi et tous ses rats, d’être valseuse…
Le rusé sait aussi user de la force,
Tel est pris qui croyait prendre en amorce,
Renard doit opéra pendant que roi bombe torse…
Plus tard, après les tangos et les pas meringué,
Quelques os de renard s’éparpillaient sur le gué,
La foule repue et le roi rat fort distingué…
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Nous voici au fin fond de la Martinique, hier,
Où Léon promène son Saturnin pas peu fier,
Un palmé de barbarie, un bijou de caractère…
Un jour d’hivernage, Léon avait fait emplette,
Chez le marchand de bestiaux avait écarté canette,
Et choisi plutôt un jeune caneton entre les machettes…
Depuis, je dois vous le dire, il y eut à faire pâlir,
Entre ses deux êtres là, une histoire à faire sourire,
Un coup de foudre, un amour sans ‘coin’ férir…
A Morne Vert, beaucoup disait Léon pas très clair,
Un imbécile heureux en manque d’affection sincère,
Pour oser aimer un animal comme on aime sa Matère…
Or, pas une fois, Léon ne sortait sans son canard,
Jamais, sans son ami, la bête ne nageait dans la mare,
Tout chien fer était fort jaloux de ne pas être jar…
Chose folle, dans notre région qui parfois tremblote,
Le canard jouait les alarmes à chaque canote,
Et sauvait, par ses cris fuyards, le village en cohorte…
Oui quand la terre secouait les âmes créoles de la sorte,
Tous, au comportement du canard prenait la porte,
Et se trouvait toute peur dehors, et jamais cloporte…
Léon et Saturnin étaient au bourg, de vrais Saints,
Chaque commune les aurait voulu en son sein,
Mais, à Morne Vert, les deux amis avaient leurs desseins…
Un matin d’avril entre les fumets d’une soupe de pieds,
Vers les cinq heures, Léon ne trouve plus sa moitié,
Saturnin avait disparu, introuvable, envolé…
Bientôt, tout Morne Vert cherche les coins-coins,
Par les fougères les routes et les recoins,
Mais pas une figure de Barbarie, de près ou de loin…
Léon hurlait « Saturnin !Saturnin! Reviens ! »
Les habitants criaient « Saturnin ! Saturnin nom d’un chien !
Même le curé et Monsieur le Maire appelaient leur bien…
Rien n’y personne ne trouvait trace du palmé adoré,
Le canard était ni aux oranges ni aux bananes sucrées,
Et encore moins aux cannes, elles qui auraient dû l’attirer…
Soudain, un sans âme, un médisant par sa trame,
Se rappelle l’installation récente d’une famille sans drame,
Des chinois, venus au Morne Vert trouver le repos des crânes…
Ni une ni deux, la foule en colère se rend chez les Oyo,
Sûr que ces gens sont derrière leurs fourneaux,
Prêts à déguster le canard, sans trembler, sauce boyau…
Le père Oyo haine le bruit de cette foule, maboule,
Qui, d’un cliché le fait voleur de canes ou de poules,
Et sa famille, des chinois aux vilaines cagoules…
Mauvaise étiquette, tant la famille est honnête,
Sans mauvaises quêtes, sans cruelles baguettes,
Ni viles intentions de laquer la moindre canette…
Fernand était en pleurs, triste compagnon,
Et de ne plus avoir son canard sur le manchon,
Le rendait nerveux et aussi plumé ronchon…
La foule se lasse et disparaît sous les toits ondulés,
Le maire perd ses voix, le curé sa charité,
Fernand est seul, sans Saturnin, dépité…
Un soir de mai, tout Morne Vert fut réveillé du tintamarre,
Que fit une bestiole qui cherchait sa moitié, ses amarres,
Par des cris, des coins-coins de bon canard…
C’est alors que Léon fut le premier à l’embrasser,
Puis tout le bourg sortait des maisons, émerveillé,
Et ensemble, se mirent à fêter le canard enfin retrouvé…
C’est à ce moment précis que la terre se mit à trembler,
Et que tous les habitants du Morne furent sauvés,
Foi de canard et d’écrivain tout secoué…
Sacré Saturnin, parti de Martinique pour des vacances,
Puis revenu à temps pour sa juste mission, quelle chance,
Celle de sauver ses amis de mauvaises transes…
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Une fourmi allait gracieuse loin de ses soeurs,
sûre de quitter la fourmilière et ses collectifs labeurs,
elle en avait assez de supporter le poids des leurres.
Elle se percha sur une branche verte,
entre les feuilles et les alizés alertes,
prête à tout pour ne pas tenter sa perte...
Comme un nid était vide, elle y posa l'abdomen,
et jura ici-bas, d'y construire son domaine,
surtout plus tard d'y pondre, foi de rouge naine...
Mais le sort est parfois tatillon et même taquin,
au point que dans la paille une larve est en satin,
en cours de palpitations, en phase d'artifice jasmin...
La fourmi pourrait dévorer la bête qui éclot,
mais au contraire, l'aide dans son décor enclos,
la pousse hors de son cocon sonnant la fin des clos...
Le royal papillon déploie ses frêles merveilles,
sur le bord du nid absorbe ses premiers soleils,
puis frissonne pour mieux accepter une vie d'abeille...
La fourmi est éblouie par l'étendu arc-en-ciel,
le jeu des couleurs lui montre l'amour essentiel,
puis, jaillit de l'ouvrière un flot de sucré miel...
L'insecte multicolore se sent redevable et emprunt,
il accepte sur son dos la fourmi contre les embruns,
puis, tout deux s'envolent pour des doux parfums...
Voilà fourmi à dos de papillon claironner la fête,
que voler haute en couleur est nouvelle quête,
avec son ami virevoltant, des idées plein la tête...
La fourmi, naguère usée, gagne une vie de voyage,
une envie d'amitié, se découvre âme et bagage,
et enfin l'amour, pour papillonner loin de l'esclavage...
Voilà un majestueux papillon porter sa passion,
celle pour une fourmi en mal d'affection,
et vouloir au tout début des temps, juste confection...
C'est depuis que les reines fourmis ont des ailes,
leur vol est le fruit d'un amour éternel,
entre un primaire papillon et une frêle donzelle...
S'entraider mène toujours à l'amour,
l'amitié, les partages, les sucrés jours...
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)
Voilà dans notre ferme de Basse-Terre
Un coq vieillissant qui manque d’air,
Etouffé par sa poule trop bonne mère…
Hors, même vieux, le chanteur est mâle,
Difficile de lui ôter ses atouts sans mal,
Improbable qu’il devienne chapon sur les dalles…
La poularde, aussi son premier amour jadis,
Dans la cour affirme que coq est sans vice,
Que sous son aile, le vieillard évite l’hospice…
Point du tout en réalité, savantes mégères,
Si coq dort c’est que femelle oublie de plaire,
Que formes et atours l’obligent à siestes salutaires…
Mais voici que poulette insiste au contraire,
Flûtant partout que la force quitte l’âgé, c’est clair,
Que coq chante pour cacher sa petite misère…
C’est alors qu’envolé par une poudre d’escampette,
Le coq attrape ceux qui passent devant ses mirettes,
Et par le cou, fait ripaille d’une coquine canette…
Dans ce comble, voilà cane en plus,
Bien mieux qu’une passade pour le plumé gugus,
Une belle pose, un amour sans puce…
Quand coq épouse cane entre les épis,
Voilà une poule seule se rappelant en dépit,
Que séduire est un impératif de la vie…
Plus tard, le coq emporte loin du poulailler,
La cane qui avait su le colorier,
Et pour cent ans encore, en restera émoustillé…
La poule n’est jamais plus belle que maîtresse,
Si de surcroit elle offre une patte de délicatesse,
Et dans le nid, la folie d'une mer diablesse…
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Voilà qu’à la ferme court un joli bruit,
Celui que bergerie sera bientôt remplie,
De mille têtes bouclées, toutes ahuries…
Voyons dans cette annoncée et belle fête,
Comment jeune poule peut-être très bête,
Et surtout, victime de ses gènes trompettes…
Une réunion se tient autour de la mare,
Ânes, cochons, juments comme canards,
Racontent que mouton est montagnard,
Que chèvre est alpiniste avant l’hiver,
Bélier guide des hautes cimes, de paire,
Comme brebis est randonneuse, grégaire…
La poule, qui sort à peine d’œuf et mère,
Avec ses trois plumes, est déjà sûre mégère,
Une pipelette, qui se mêle de chaque affaire…
Quand l’âne poursuit son ‘estive’ de mots,
La poule lui coupe parole et chapeau,
Puis, jacte toute puissante, mauvais échos…
« Non, cela n’est point possible ! pas un mouton,
pas une chèvre sur les alpages des environs,
pas un bélier sur nos chemins les plus mignons… »
« Voyons, ma demoiselle, dit le prof-âne pas sourd,
si je vous dis que la saison est au grand retour,
que troupeau en cloches revient de haut séjour ? »
« N’écoutez donc pas ce vieil imbécile, ici,
point de retour et pas de cohorte aussi,
juste deux vaches maigres et le chien Lassi… »
« Mais, tout de même ! êtes-vous de la dernière pluie ?
je vous dis que mille têtes arrivent sans parapluie,
et qu’il nous faut laisser un passage avant la nuit… »
« Cococote, répondit l’effrontée gallinacé, et bien,
mes amis ! vaquez sans vous préoccuper de rien,
pas un montagnard des sommets ne s’en revient,
L’âne qui vous narre danger est baderne et gredin,
dans la montagne ne sont que les bouquetins,
les marmottes et les aigles qui meurent de faim…
Tout de même, les animaux suivent sagesse
du vieil âne qui savait dire la messe,
et se poussèrent pour faire largesse…
La jeune poule campe à l’entrée de la ferme,
Position, et intention de montrer vieil âne à terme,
Sans cervelle, sans corde de rappel, en basse ferme…
Soudain, surgissent vingt chiens la langue assoiffée,
Vingt bergers aux sacs remplis de fromages affinés,
Puis, mille têtes de moutons et des chèvres affiliées…
Voilà aussi vingt agneaux sur les dos portés,
Charrette, et dessus, le loup mort et attaché,
Et plus loin, les fifres et les tambours enjoués…
La poule citadine, en manque de justesse,
Se fait ensevelir par cette coulée diablesse,
Piétinée par nos randonneurs sans finesse…
Poule est aplatie, en soupe de pieds, l’idiote,
Si elle avait su dans sa petite tête de linotte,
Que transhumance est dangereuse pour les sottes…
Parfois, on croit l’expérience accessoire,
Que les vieux n’ont que traditions et terroirs,
Que jeunesse peu se passer de leurs savoirs…
Voici une pimbêche qui le regrette platement ce soir…
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
A la ferme, voilà un animal antipathique,
Un des seuls ouvriers qui joue de tactiques,
Pour éviter son labeur et faire la nique…
Le vieux cabri dont je parle est garant,
De tous les biens des bestiaux, des rangs,
Des coffre-forts, des dépôts d’aliments…
Et pour pouvoir retirer du blé, madame,
Ce blé déposé, jadis, pas volé en trame,
Il vous faut patience et bon vouloir, un drame…
Quel zélé cabri, qui pense que votre dû est sien,
Que de garder le trésor le fait banquier, et vous rien,
Le fait propriétaire de vos fonds pour son juste maintien…
Quand l’âne retire le son, l’avoine, le foin,
Le cabri retient pour lui en bons soins,
Une once d’intérêts, un quintal de besoins…
Plus avare que paysan, plus rouleur que 'pa-on',
Plus fort en richesses, par ses multipliés pigeons,
De vos économies, il fait fortune dans son donjon…
Et quand les frais sont plus forts que le capital,
Que vos découverts sont au puits, trop bestial,
Alors, sous huissier cochon, il vous jette, glacial…
Et pour les jours de la crise venue, en vérité ?
Le cabri laisse guichets fermés.
Plus un crédit à prêter, la bise ayant tout roulée,
Pas un blé, pas une avoine pour votre joli nez…
Un jour de mai, les animaux fomentent révolution,
Mettent à mal le système, et cabri à fin de tentations
De maltraiter ses clients qui font pourtant sa construction…
Quand la délégation de consommateurs en furie,
Pénètre le palais du banquier aux cornes ahuries,
La beauté du lieu est telle que chacun se croit sans abris…
Là, dans une pièce nappée d’or et de colonnes granitées,
Un bureau de bois rouge supportait piles de crédits refusés,
Des montagnes de blés, des hauteurs de sons accumulés…
Plus encore, au fond d’une allée parvis de diamants,
Deux coffres inviolables imposaient EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 SORTIE DECEMBRE 2009
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)