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CONTES POUR LES TRES GRANDS

Mot à mot... (adulte)

Publié le 06/05/2009 à 12:00 par peintredesdom
Voilà que naissait un printemps dans mon hiver,
Et comme j’étais groggy et plein de misères,
Pas un bourgeon je ne voyais, pas une prière…

Mais à l’orée d’un sentiment vous entriez lumière,
Aux bois de mai je courrais les herbes premières,
Vos jasmins, belles fleurs, et vos traces aurifères…

Mes hirondelles s’émerveillaient de vos lucioles,
Mes renards se fiançaient à vos mangoustes bestioles,
Nos corps s’émoustillaient comme envolée de yoles…

Vous m’offriez votre peau sucrée et votre créole,
Moi, j’apportais mon envie de connaître votre atoll,
Nous étions comme deux enfants aux rondes folles …

Je parcourais vos terres ne visant que vos collines,
Vous jaugiez mes chemins si sauvage coquine,
Nos cœurs battaient aux sons des douces biguines…

Et tant pis pour ce qui retient l’amour, toujours,
Vos chaînes qui agrippent les minutes et les jours,
Mes attaches qui imposent patience et rebours…

Voyez! comme la vie mène à notre destin,
Nos fougues exploser à chacun de nos chemins,
Nos fantômes attendre sans cesse les lendemains…

Saurez-vous libérer la vérité qui vacille les murs,
Adopter mes avances EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)

TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)


Le vent tripotant...(Adultes)

Publié le 28/03/2009 à 12:00 par peintredesdom

Voilà que l’on se saisit d’une sèche guitare,
Qu’on la tourne et l’observe comme un cigare,
Puis qu’on la bat, deux, trois, pour un chant d’art !

La belle a le manche qui la démange,
Les cordes pincées, secouée des franges,
Maintenant, on l'attrape comme belle hanche…

Elle accompagne les mots d’un poète,
Gare aux gorilles et aux fines jupettes,
Puis se gratte de messages entre les sornettes…

Brassant la mélodie pour faire des galipettes,
Le conteur la manie comme une novice jeunette,
La guitare dénudée, montre enfin ses cordelettes…

C’est entre des cuisses qu’elle est sûre follette,
Chauffée par une main reliée à une chansonnette,
Au près de son arbre, elle est heureuse chaufferette…

Les gens qui voient de travers, bien pensant,
Assurent que le diseur fait vent tripotant,
Ils s’apercevront que lui, chante pour ses bancs…

La voilà maintenant aux plus jolies sons des bords,
Naviguant sur la grand mare des copains d’abord,
Elle est à elle cette chanson, croquante de trésors…

Toi l’hôtesse, quand tu mourras, belle hirondelle,
Tu emporteras les EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)

TEXTE DE JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
(En hommage à Georges Brassens et Antoine Paul ‘Les passantes’)

Gare à Suzon... (Adultes)

Publié le 22/03/2009 à 12:00 par peintredesdom
Suzon, chaque mardi, descend au village faire emplette,
Passe entre les moutons qui voudraient lever ses jupettes,
Mais la chevrette menace de ses piques entre les épuisettes…

Chacun voudrait, pour les fêtes, épouser ses tendres couettes,
Mais la jeunette mord dès qu’on l’approche au bal musette,
Le fils du boulanger en fait les frais avec sa grosse mobylette…

Suzon, quand vient le printemps, affiche ses belles canettes,
Sur les pommiers du village, les échelles ont des lorgnettes,
Mais la minette croise les jambes pour amasser sa cueillette…

Les petits cochons du coin sauraient croquer ses pommettes,
Et d’un baiser EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)

TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

Cyparis et Papa diable... (Pour adultes)

Publié le 15/03/2009 à 12:00 par peintredesdom
« Je vous l’avais dit ! », annonce Papa diable aux rescapés sans gloriole,
Le diseur de bonne aventure s’exprimait dans son vieux créole,
« La montagne furieuse a craché des feux de corossols… »

1902, la montagne Pelée vient de faire 30.000 victimes locales,
Les survivants des lieux fuient en masse rejoindre Fort Royal,
La pénombre et la mort règnent sous les cendres martiales…

Un mois avant cette terrible catastrophe, Papa diable l’avait prédit.
Il frappa chaque porte de Saint-Pierre pour annoncer, érudit,
Qu’une mer de feu allait fondre toute âme et chaque pierre arrondie…

Personne ne pouvait croire le vieil homme mal fagoté,
Lui qui traînait un pantalon rayé et une canne mal taillée,
Un haut de forme mité et des godasses bien mal tressées…

Cyparis, dit Sanson, était tantôt marin, tantôt cultivateur au Prêcheur.
L’homme était connu du service d’ordre comme nègre frondeur,
Et lors d’une partie de plaisir, blessa l’un de ses amis sans peur…

Le tribunal le condamna à un mois de prison ferme,
Mais il s’évada, un jour de corvée, ne voulant plus jamais qu’on l’enferme.
Puis se ravisa après sa rencontre avec Papa diable, l’avertissant en ses termes :

« Toi Cyparis, tu paieras entre de petits murs le feu de dieu qui veillera,
Les vapeurs noieront les riches, le feu coulera les canons en amas,
Chacun rendra son âme par ses pêchés plus lourds que les porcs gras,
Toi, dernier des derniers, purifié aux thermes, tu seras,
Trente fois mille, seront les troncs brûlés par Saint-Pierre et son glas,
La montagne qui gronde engloutira la fourmilière sans embarras…
Après quatre jours de ses tremblants tambours, on te sauvera,
Toi, démuré, tu afficheras fièrement cicatrices et chemin de croix,
Par l’Amérique tu exposeras, en foire et en manège, tu survivras…
Rentre en paix voûtée, pour braver les fontes de rouges tisons… »

Cyparis devant l’incohérence de Papa diable, était resté sans connaissance.
Mais en fin de peine, préféra se constituer prisonnier pour éviter la potence,
Gagnant des autorités, huit jours de cachot comme affligée pénitence…

Le 8 mai 1902, tout autour de sa cage de pierre, les gens hurlait la mort,
Cyparis ne comprenait rien aux affolements et aux agitations du sort.
Quand soudain, une épaisse fumée mêlée de cendres envahie le corridor…

Bientôt, dans son minuscule espace, la chaleur brûle ses danses,
Une nuée de flammèches lui couvre le dos et cuit ses transes,
Cyparis hurle et finit dans un coin, recroquevillé de souffrances…

L’homme tient quatre jours, affamé, seul entres ses luminaires,
Buvant l’eau âcre et gluante qui suinte de son sasse débonnaire,
Appelant sans cesse à l’aide, sans réponse venant de ses pères…

Dans la matinée, au quatrième jour de son cuisant calvaire,
Trois hommes œuvraient entre les spectres de verre,
Ils entendirent le pauvret gémir, vivant en extraordinaire…

« Je vous l’avais dit, annonçait Papa diable aux gens sans gloriole,
Le diseur de bonne aventure pleurait sa vérité en vieux créole,
La montagne furieuse a craché ses feux de corossols… »

Cyparis fut emporté par le cirque Barnum pour exposer ses brûlures,
A travers le monde, il cria que jamais il ne reverrai son île impure,
Tant il avait vu la mort si ardente à le consumer en tortures…

Le cachot de Cyparis est visible entre les ruines de Saint-Pierre,
Vestige d’une histoire Martiniquaise véridique et meurtrière…

Quelques années après le drame, Papa diable fut reçu par l’évêque,
Monseigneur Lequien consigna vingt autres prophéties de l’esthète,
Dont l’une évoquait un petit Paris que le saint-homme bâtirait en quête,
Sur un champs d’honneur ou un curé arrose des guis en crête…

Je sais de source sûre, que les dix neuf autres parlaient toutes du futur,
D’évènements majeurs qui accompagneront Madinina entre ses murs,
Et que certains se sont déjà produits il y a quelques années, c’est sûr…

L’archevêché de Martinique garde les prophéties, au grand secret,
Tant les paraboles de Papa diable décrivent avec précision sort et concret.
Même le pape préserve copie des prédictions du diseur, en clos coffret…

Monseigneur Lequien, saint homme, laissa toutefois trace des prédictions,
Lors de la construction de sa réplique du sacré cœur à Balata, bastion,
Il parsema les nefs, les pierres et les vitraux d’un puzzle pour révélation…

Seuls des accomplis pourraient trouver un fil conducteur aux mots,
Mais aucun ne fut mandaté ou seulement intéressé sous le chapiteau,
Pour révéler à la Martinique, quand ? la montagne sacrée tuera de nouveau…

Des recherches personnelles m’ont permis de retrouver neuf paraboles,
La première chronologiquement, vient de s’accomplir sur notre sol,
Je vous la livre comme me l’a traduit un abbé de Métropole :

Quand deux fois milles sonnera, le 9, forte population achèvera les jougs,
Prendra son dû des loups, aux gouverneurs puis aux rats d’égouts,
Par 5 fois le rouge renouvellera rébellion avant la joie du 12 fou,
L’ordre, 5 fois, bottera les manicous,
Mais avant cet août, la mer royale gagnera les 12 coups…

Je garde pour moi l’interprétation de cette parabole fertile,
Comme celle des huit autres, pour ne pas passer pour fieffé débile,
Mais je suis convaincu que Papa diable était ange créole sur ses collines…

Si vous détenez des informations sur les paraboles de papa diable,
contactez moi de toute urgence…

TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

Lettre à Joséphine... (Adulte)

Publié le 10/03/2009 à 12:00 par peintredesdom
Je me flétrissais de lasses attentes, madame, loin de vous connaître,
Mon cœur ne battait que pour de frêles soupçons à vous voir naître,
Je me languissais de voyages en place, et sans vous, de fades vêpres,
Quand ce jour merveilleux m’a fait vous entrevoir à vos fenêtres…

Pour la première fois sur ma vie, des rayons plus forts en maître,
Dispersaient mes mots, mes battements et l’intérieur de mon être,
Vous, frêle et douce icône, vénus, actrice de mon émoi champêtre,
Colombine, ignorante de vos armes, tintant l’amour où je m’empêtre…

Je ne divaguais depuis, que vers une seule raison, celle de votre adresse,
Espérant à chaque coup de cœur viser vos contours dans ma liesse,
Mes jambes, à vos clos carreaux, s’agenouillaient attendant votre messe,
Et tout instant qui pourrait assouvir le feu, de mes tentations diablesses…

Puis soudain! je vous voyais encore, telle une muse voilée de caresses,
Auriez vous enfin baisser les yeux pour me voir, Aphrodite de délicatesses,
Celui qui scrutait et sculptait votre dessin chaque nuit sans cesse,
Artiste, prêt à peindre la folie qui me faisais gravir votre forteresse…

Mais quelle femme êtes-vous, vous cachant de canisses par délice,
Sucrés moments volés où pas une ombre et un mot ne glissent,
Entre les jasmins et les manguiers qui se rebellent et frémissent,
M’interdisant de ne voir plus, (Extrait de 'Histoire d'en penser' Alzabane éditions)

TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

*Joséphine née Marie-Joseph Rose Tacher de la Pagerie a vue le jour en Martinique,
aux Trois-Ilets, sur le domaine de la Pagerie en 1763… Et fut Impératrice de tous les français…

*Papa diable : diseur de bonne aventure…

Bouillon de maux... (Tous)

Publié le 04/03/2009 à 12:00 par peintredesdom
C’est fou ce qui est arrivé hier soir,
Je travaillais par habitude un peu tard,
Et dans un de mes contes, c’est produit une chose bizarre…

Je lâchai alors ma plume, sur l’histoire de la fée Courgette,
Et comme il y était question aussi de "lapinette",
Ce mot, que j’inventai, sauta subitement sur mes lunettes…

Étymologiquement inconnu de mes pères,
Le mot "lapinette" ne pouvait cabrioler en extraordinaire,
Tant il était sans embryon de lapine, dans un dictionnaire.

Voilà mes phrases orphelines entre leurs verbes, d’un qualificatif,
Incohérentes à souhait, avec des trous sautés et sans adjectif.
Le petit mot passait entre mes vers, mes lorgnons et mon gros pif…

J’étais outré. Ses quelques lettres assemblées dans mon texte,
Se mettaient à batifoler au gré des lignes et sans complexe,
Bousculant de plus, les sens et les accents circonflexes…

Soudainement, les virgules aussi EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)

TEXTE "lapinette" PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits de cet écrit sont réservés…)

Joyeux anniversaire...

Publié le 01/03/2009 à 12:00 par peintredesdom
Joyeux anniversaire

De trois à sept ans, c’est fou ce que nous l’attendons,
Ce petit jour qui nous fait gagner un an et du galon,
Une dent, un gâteau, une poupée ou des camions…

A huit ans, on s’impatiente pour être très grand,
Avec nos copains, on le fête et on regarde devant.
Que c’est bien de grandir en se sachant moins enfant…

A dix ans, cet anniversaire est une vraie étape,
C’est le moment de s’affirmer et changer de cap,
On décide de tout et les parents s’en épatent !!

A quinze ans, c’est une date de révolution,
On voudrait mener à deux l’inquisition,
Briser nos chaînes et l’adulte sans imagination…

A dix sept ans, on se sent presque ivre,
On attend un an pour enfin être libre,
Tant l’on sait déjà tout sur les livres…

A dix huit, on oublie déjà derrière,
Nos camions, nos poupées, nos prières.
Qu’elle est belle la vie qui reste à faire !

A vingt ans, on prend vraiment des directions,
On fête ce grand jour avec délectation,
Affinant précisément toutes nos options…

A vingt cinq ans, on attrape d’un coup la bascule,
Celle du temps qui EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)

TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

Château Père Lacour ( A partir de 15 ans)

Publié le 20/02/2009 à 12:00 par peintredesdom
Un moine qui entretenait ses formes et ses atours,
Cultivait aussi son amour pour le raisin et ses contours,
Si bien qu’il en buvait par soif, et que par soif sans rebours,
Il cuvait ses abus les soirs, et les nuits, s’enivrait comme bon jour…

Le pire, pour cet enfant du bon dieu aux vaporeux retours,
C’est qu’il fut nommé sommelier et non plus frère Lacour.
Et qu’entre les chais, il finissait fait, et fieffé troubadour,
Quelles qu’en furent les lois monacales pourtant sans détours…

Mais, le moine avait pour lui la recette d’un doux mélange,
Que seul il possédait par une magie goutteuse et fort étrange,
Et qui donnait le meilleur des vins, apprécié même des anges,
Des curés, des évêques, archevêques et éclairés archanges…

Notre moine était donc béni des cieux, malgré sa bonhomie,
Prisé au monastère par la sélection de ses grappes et son génie.
Qui ne connaissait pas ses pressoirs, passait pour sûr aigri,
Car dieu en personne, disait-on, s’abreuvait dans ses puits…

La renommée du curé sommelier faisait une telle résonance,
Que très vite, les saints n’accouraient plus seulement de France,
Mais d’Espagne et d’Italie, en œuvre charitable de bienfaisance,
Se délectant de prières, et de l’élixir, déjà prescrit sur ordonnance…

L’archevêché voyait d’un bon œil cette auréolée et pieuse affaire,
Car, outre la vinasse, les moines vendaient les fruits de leurs terres,
Le miel des abeilles, les bougies et les paniers tissés au monastère.
Si bien que la confrérie d’apôtres gagnait plus d’or que de misères…

Par la volonté du bon dieu, nos moines prospéraient donc en deniers.
Ils rafraîchirent leurs églises, les alcôves, les chambres et les greniers,
Si bien qu’après trois années de bâtis, le prieuré était communié,
Ajouté d’une taverne, d’un commerce et de riches caves associés…

Notre moine sommelier était aux anges, plus rouge que la pivoine,
Si affûté de ses combines, (Extrait de 'Histoire d'en penser' Alzabane éditions)

TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

La poule et le cabri... (A partir de 15 ans)

Publié le 18/02/2009 à 12:00 par peintredesdom
La poule et le cabri

Une poule embourgeoisée par ses acquis,
Se moquait sans cesse par des mots aigris.
Elle se gaussait tant des autres sous son abri,
Qu’elle s’en trouvait fort belle et bien naquis…

Rien ni personne passait au travers de sa verve,
Au point que dans la ferme, tous s’en préserve,
Et par une affable discrétion, évitaient cette acerbe,
Son joug critique, ses formes, et ses adverbes…

Voilà la pimbêche, donc, journal parlé de la tour,
Usant de vils qualificatifs pour chaque animal autour,
Trouvant comme public ses cousines sans atours,
Qui picoraient chaque mot trublion comme blé du jour…

Pour la savante foreuse, cochon se mariait avec canard,
Chèvre courait chien, et âne était plus têtu que l'avare.
Bref, l’exploitation était repeinte sans gentils égards,
Toujours esquissée vers le grotesque et les bas regards…

Mais depuis le pré, veillait un vieux cabri sans allure,
Lui avait tout connu du jeu de fermes et de culture,
Si bien qu’il en était devenu sage et de bonne augure,
Et que les animaux agacés, lui réclamèrent contre-mesures…

Et bien soit, déclama le vieux briscard, cela est trop,
Je m’en vais éteindre le feu...

EXTRAIT DE CARNET DE CONTES AUX ÉDITIONS BAUDELAIRE PARUTION JUILLET 2009
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

Le vieil âne et le maître..(Les derniers maîtres)

Publié le 09/02/2009 à 12:00 par peintredesdom
Conte pour adultes...

Ce bon bourricot venu de si loin pour les cannes,
Passa sa vie à charrier les tiges sans aucune manne,
Tantôt frappé par un guerrier spolié de son âme,
Tantôt disgracié par le colon et toutes ses trames.

Quel bon esclave ce vieil âne exporté,
Qui tirait le sucre dans sa charrette toute l’année,
Sans hennir, à peine trouvant le manger.

Mais quand fut venue l’abolition des charretiers,
Le maître lui brûla son outil et ses paniers,
Puis le réforma au pré sans même le remercier…

A voir son planteur grossir de ses biens,
L’âne se morfondait dans les besoins,
Vivant sa grâce liberté sans partages entretiens…

Mais le colon au pire parvenu, affûta ses épargnes,
Charmant l’anglais pour repousser le franc en hargne,

Puis sauva sa tête malgré qu’il fut brigand,
Sans crimes et terreurs, jugés par les entrants,
Restant ici, à s’adjuger les terres en bon négociant…

Les ânes eux, se regroupaient...

EXTRAIT DE CARNET DE CONTES AUX ÉDITIONS BAUDELAIRE PARUTION JUILLET 2009
TEXTE DE JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

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