Publié le 21/03/2009 à 12:00 par peintredesdom
(A lire aussi Rémi à le doigt coincé...)
Décidément, Rémi n’a pas de chance avec son nez,
Si ce n’est le doigt, c’est une mouche qui vient le fouiller…
L’autre jour, je prenais un thé vanillé sur mon balcon,
Et sans le vouloir, j’observais mon petit voisin trognon,
En armure et pointue épée, faisant la guerre aux moucherons…
Il était beau prince manifestement, tantôt sur un bel étalon,
Parfois courageux guerrier affrontant l’ennemi sur les talons,
Souvent impliqué dans des duels sanglants avec sûrs fêlons…
Mon petit Rémi était si bon acteur dans son déguisement,
Que je fus pris à distance dans sa bataille et ses maniements,
Au point de me croire plongé dans un livre, tout bonnement…
Une horde de Huns dévalait maintenant les collines en feu.
Rémi, piégé, appelait ses hommes aux courages et par l’enjeu,
A bannir le repli pour affronter ces barbares avec franc-jeu…
Mais Attila ne l’entendait pas de cette oreille, du haut des monts,
Il lança sur la droite de Rémi une cohorte de cavaliers démons,
Tous prêts pour déchiqueter la moindre résistance par l’amont…
Je ne voyais pas comment le prince Rémi allait s’en défaire,
Surtout qu’une partie de EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droit réservés…)
Publié le 21/03/2009 à 12:00 par peintredesdom
Monsieur manicou, sur un arbre penché,
Usait du museau un coquillage.
Dame mangouste par l’odeur attirée,
Lui tint à peu près ce langage :
« Et bonjour Monsieur de Manicou
Que vous êtes discret! Que vous me semblez roux !
Sans mentir, si votre pelage,
Se rapporte à votre maigre-age,
Vous êtes le plus jeunot des hôtes de nos mornes »
A ces mots le manicou se sent plein de délicatesses ;
Et pour EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)
TEXTE TIRÉ DU CORBEAU ET LE RENARD DE JEAN DE LA FONTAINE
RE-ÉCRIT JUSTE POUR RIRE PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Publié le 15/03/2009 à 12:00 par peintredesdom
« Je vous l’avais dit ! », annonce Papa diable aux rescapés sans gloriole,
Le diseur de bonne aventure s’exprimait dans son vieux créole,
« La montagne furieuse a craché des feux de corossols… »
1902, la montagne Pelée vient de faire 30.000 victimes locales,
Les survivants des lieux fuient en masse rejoindre Fort Royal,
La pénombre et la mort règnent sous les cendres martiales…
Un mois avant cette terrible catastrophe, Papa diable l’avait prédit.
Il frappa chaque porte de Saint-Pierre pour annoncer, érudit,
Qu’une mer de feu allait fondre toute âme et chaque pierre arrondie…
Personne ne pouvait croire le vieil homme mal fagoté,
Lui qui traînait un pantalon rayé et une canne mal taillée,
Un haut de forme mité et des godasses bien mal tressées…
Cyparis, dit Sanson, était tantôt marin, tantôt cultivateur au Prêcheur.
L’homme était connu du service d’ordre comme nègre frondeur,
Et lors d’une partie de plaisir, blessa l’un de ses amis sans peur…
Le tribunal le condamna à un mois de prison ferme,
Mais il s’évada, un jour de corvée, ne voulant plus jamais qu’on l’enferme.
Puis se ravisa après sa rencontre avec Papa diable, l’avertissant en ses termes :
« Toi Cyparis, tu paieras entre de petits murs le feu de dieu qui veillera,
Les vapeurs noieront les riches, le feu coulera les canons en amas,
Chacun rendra son âme par ses pêchés plus lourds que les porcs gras,
Toi, dernier des derniers, purifié aux thermes, tu seras,
Trente fois mille, seront les troncs brûlés par Saint-Pierre et son glas,
La montagne qui gronde engloutira la fourmilière sans embarras…
Après quatre jours de ses tremblants tambours, on te sauvera,
Toi, démuré, tu afficheras fièrement cicatrices et chemin de croix,
Par l’Amérique tu exposeras, en foire et en manège, tu survivras…
Rentre en paix voûtée, pour braver les fontes de rouges tisons… »
Cyparis devant l’incohérence de Papa diable, était resté sans connaissance.
Mais en fin de peine, préféra se constituer prisonnier pour éviter la potence,
Gagnant des autorités, huit jours de cachot comme affligée pénitence…
Le 8 mai 1902, tout autour de sa cage de pierre, les gens hurlait la mort,
Cyparis ne comprenait rien aux affolements et aux agitations du sort.
Quand soudain, une épaisse fumée mêlée de cendres envahie le corridor…
Bientôt, dans son minuscule espace, la chaleur brûle ses danses,
Une nuée de flammèches lui couvre le dos et cuit ses transes,
Cyparis hurle et finit dans un coin, recroquevillé de souffrances…
L’homme tient quatre jours, affamé, seul entres ses luminaires,
Buvant l’eau âcre et gluante qui suinte de son sasse débonnaire,
Appelant sans cesse à l’aide, sans réponse venant de ses pères…
Dans la matinée, au quatrième jour de son cuisant calvaire,
Trois hommes œuvraient entre les spectres de verre,
Ils entendirent le pauvret gémir, vivant en extraordinaire…
« Je vous l’avais dit, annonçait Papa diable aux gens sans gloriole,
Le diseur de bonne aventure pleurait sa vérité en vieux créole,
La montagne furieuse a craché ses feux de corossols… »
Cyparis fut emporté par le cirque Barnum pour exposer ses brûlures,
A travers le monde, il cria que jamais il ne reverrai son île impure,
Tant il avait vu la mort si ardente à le consumer en tortures…
Le cachot de Cyparis est visible entre les ruines de Saint-Pierre,
Vestige d’une histoire Martiniquaise véridique et meurtrière…
Quelques années après le drame, Papa diable fut reçu par l’évêque,
Monseigneur Lequien consigna vingt autres prophéties de l’esthète,
Dont l’une évoquait un petit Paris que le saint-homme bâtirait en quête,
Sur un champs d’honneur ou un curé arrose des guis en crête…
Je sais de source sûre, que les dix neuf autres parlaient toutes du futur,
D’évènements majeurs qui accompagneront Madinina entre ses murs,
Et que certains se sont déjà produits il y a quelques années, c’est sûr…
L’archevêché de Martinique garde les prophéties, au grand secret,
Tant les paraboles de Papa diable décrivent avec précision sort et concret.
Même le pape préserve copie des prédictions du diseur, en clos coffret…
Monseigneur Lequien, saint homme, laissa toutefois trace des prédictions,
Lors de la construction de sa réplique du sacré cœur à Balata, bastion,
Il parsema les nefs, les pierres et les vitraux d’un puzzle pour révélation…
Seuls des accomplis pourraient trouver un fil conducteur aux mots,
Mais aucun ne fut mandaté ou seulement intéressé sous le chapiteau,
Pour révéler à la Martinique, quand ? la montagne sacrée tuera de nouveau…
Des recherches personnelles m’ont permis de retrouver neuf paraboles,
La première chronologiquement, vient de s’accomplir sur notre sol,
Je vous la livre comme me l’a traduit un abbé de Métropole :
Quand deux fois milles sonnera, le 9, forte population achèvera les jougs,
Prendra son dû des loups, aux gouverneurs puis aux rats d’égouts,
Par 5 fois le rouge renouvellera rébellion avant la joie du 12 fou,
L’ordre, 5 fois, bottera les manicous,
Mais avant cet août, la mer royale gagnera les 12 coups…
Je garde pour moi l’interprétation de cette parabole fertile,
Comme celle des huit autres, pour ne pas passer pour fieffé débile,
Mais je suis convaincu que Papa diable était ange créole sur ses collines…
Si vous détenez des informations sur les paraboles de papa diable,
contactez moi de toute urgence…
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Publié le 10/03/2009 à 12:00 par peintredesdom
Je me flétrissais de lasses attentes, madame, loin de vous connaître,
Mon cœur ne battait que pour de frêles soupçons à vous voir naître,
Je me languissais de voyages en place, et sans vous, de fades vêpres,
Quand ce jour merveilleux m’a fait vous entrevoir à vos fenêtres…
Pour la première fois sur ma vie, des rayons plus forts en maître,
Dispersaient mes mots, mes battements et l’intérieur de mon être,
Vous, frêle et douce icône, vénus, actrice de mon émoi champêtre,
Colombine, ignorante de vos armes, tintant l’amour où je m’empêtre…
Je ne divaguais depuis, que vers une seule raison, celle de votre adresse,
Espérant à chaque coup de cœur viser vos contours dans ma liesse,
Mes jambes, à vos clos carreaux, s’agenouillaient attendant votre messe,
Et tout instant qui pourrait assouvir le feu, de mes tentations diablesses…
Puis soudain! je vous voyais encore, telle une muse voilée de caresses,
Auriez vous enfin baisser les yeux pour me voir, Aphrodite de délicatesses,
Celui qui scrutait et sculptait votre dessin chaque nuit sans cesse,
Artiste, prêt à peindre la folie qui me faisais gravir votre forteresse…
Mais quelle femme êtes-vous, vous cachant de canisses par délice,
Sucrés moments volés où pas une ombre et un mot ne glissent,
Entre les jasmins et les manguiers qui se rebellent et frémissent,
M’interdisant de ne voir plus, (Extrait de 'Histoire d'en penser' Alzabane éditions)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
*Joséphine née Marie-Joseph Rose Tacher de la Pagerie a vue le jour en Martinique,
aux Trois-Ilets, sur le domaine de la Pagerie en 1763… Et fut Impératrice de tous les français…
*Papa diable : diseur de bonne aventure…
Publié le 04/03/2009 à 12:00 par peintredesdom
C’est fou ce qui est arrivé hier soir,
Je travaillais par habitude un peu tard,
Et dans un de mes contes, c’est produit une chose bizarre…
Je lâchai alors ma plume, sur l’histoire de la fée Courgette,
Et comme il y était question aussi de "lapinette",
Ce mot, que j’inventai, sauta subitement sur mes lunettes…
Étymologiquement inconnu de mes pères,
Le mot "lapinette" ne pouvait cabrioler en extraordinaire,
Tant il était sans embryon de lapine, dans un dictionnaire.
Voilà mes phrases orphelines entre leurs verbes, d’un qualificatif,
Incohérentes à souhait, avec des trous sautés et sans adjectif.
Le petit mot passait entre mes vers, mes lorgnons et mon gros pif…
J’étais outré. Ses quelques lettres assemblées dans mon texte,
Se mettaient à batifoler au gré des lignes et sans complexe,
Bousculant de plus, les sens et les accents circonflexes…
Soudainement, les virgules aussi EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)
TEXTE "lapinette" PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits de cet écrit sont réservés…)
Publié le 01/03/2009 à 12:00 par peintredesdom
Joyeux anniversaire
De trois à sept ans, c’est fou ce que nous l’attendons,
Ce petit jour qui nous fait gagner un an et du galon,
Une dent, un gâteau, une poupée ou des camions…
A huit ans, on s’impatiente pour être très grand,
Avec nos copains, on le fête et on regarde devant.
Que c’est bien de grandir en se sachant moins enfant…
A dix ans, cet anniversaire est une vraie étape,
C’est le moment de s’affirmer et changer de cap,
On décide de tout et les parents s’en épatent !!
A quinze ans, c’est une date de révolution,
On voudrait mener à deux l’inquisition,
Briser nos chaînes et l’adulte sans imagination…
A dix sept ans, on se sent presque ivre,
On attend un an pour enfin être libre,
Tant l’on sait déjà tout sur les livres…
A dix huit, on oublie déjà derrière,
Nos camions, nos poupées, nos prières.
Qu’elle est belle la vie qui reste à faire !
A vingt ans, on prend vraiment des directions,
On fête ce grand jour avec délectation,
Affinant précisément toutes nos options…
A vingt cinq ans, on attrape d’un coup la bascule,
Celle du temps qui EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Publié le 28/02/2009 à 12:00 par peintredesdom
Voilà un endroit fort intéressant et peu commun,
Un nuage rose et bleu qui sert de joli écrin,
A une bande de cigognes, amoureuses de nos bambins…
Depuis des siècles, ces oiseaux bercent nos petits biens,
S’affairant pour que chaque parent reçoive un chérubin,
Après commande passée auprès des oiseaux du jardin…
Quelle belle ruche cette crèche géante qui sent le jasmin,
Où piaillent des millions de petits bouts qui ont toujours faim,
Et qui attentent un baluchon pour tester leur premier bain…
Les mères cigognes ont vraiment un travail de sélection.
Elles ne doivent jamais se tromper pour les expéditions,
Et envoyer le bon bébé aux parents en réclamation…
Les pères cigognes sont exténués de leurs voyages incessants,
Entre le ciel et les cliniques où atterrissent les enfants,
Mais sont toujours récompensés de la grande joie des mamans…
Le plus dur ouvrage est pour la fée cigogne Sanvergogne,
Qui doit façonner les bébés sans oublier une pogne,
Et mélanger leurs EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Publié le 27/02/2009 à 12:00 par peintredesdom
Un bœuf avait trouvé la capacité de voyager.
Il passait de foire en foire montrer sa beauté,
Sa robe pure et ses allures musclées.
Dieu ! qu’il était beau et bien conçu,
Droit sur son garrot le collet tendu,
Auréolé cent fois et roi fort connu.
Un soir, après démonstration et ferveur,
La porte de son enclos fut ouverte par erreur,
Pour la première fois, le bœuf allait sans éleveur.
Oh, une vache même bœuf, n’est rien sans chaleur,
Sauf quand il est en Camargue et court en seigneur.
Le voilà donc par les salins et les flamants en sueurs.
Un taureau gardait ses vachettes comme autre labeur,
Lui, passait de foire en foire pour montrer sa terreur,
Sa robe noire et ses allures de tueur.
Dieu ! qu’il était fier et non rompu,
Droit sur ses terres et bien ténu,
Couronné mille fois et fort reconnu.
Le bœuf est maintenant dans la garrigue, un intrus,
Face à lui, un cousin ignoré, enragé et sacré trapu,
Qui, de sa hauteur, (Extrait de 'Histoire d'en penser' Alzabane éditions)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Publié le 25/02/2009 à 12:00 par peintredesdom
Une poule avait le bec enfariné à picorer seulement du blé.
Elle en piquait parfois ses grillages, comme une affamée,
Voulant sûrement les traverser par des coups saccadés.
Attirée par la liberté, refoulant la batterie et d’être confinée…
Le ver, lui, est à deux mètres sournois du poulailler,
Il se réjouit de voir la poulette piailler et s’engrillager,
Danse même, pour la provoquer et aussi s’encanailler,
Se sachant vu, mais hors d’atteinte pour se faire entailler…
Le ver se tord de rire, de grimaces, et montre fière allure,
Alors que la poule est verte, la tête vissée entre ses clôtures.
Elle pousse des pattes pour passer son gras entre les jointures,
Mais reste les griffes plantées, dans sa cour sans envergure…
Le ver se moque de plus belle, usant de coudes et de rallonges,
Puis, monte les herbes comme le montagnard, et les prolonge,
Redescend, ver de terre, sans queue ni tête et sans une allonge,
Et encore luisant, s'approche de sa prisonnière qui se ronge…
La poule, voyant ce vil serpent jouer de sa condition,
Tente une envolée comme ultime et tirée munition.
Mais seule ses plumes passent au dessus en permission,
Alors qu’elle retombe (Extrait de 'Histoire d'en penser' Alzabane éditions)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Publié le 24/02/2009 à 12:00 par peintredesdom
La localisation
Un morne du sud de la Martinique s’élance majestueux,
Il traverse de sa hauteur la chaleur humide des lieux,
Pour aller flanquer les nuages de ses courbes en feu,
Dressant au passage, ses rangs d'élancées cannes bleues…
Il prend soin sur les flancs, de laisser de douces pentes,
Que le paysan soigne de ses coupes et pour sa détente,
Laissant aussi les chèvres et les cabris qui le fréquentent,
S’y baigner entre les douces herbes sucrées et fondantes…
La personnalisation
Une chèvre, attirée par ce gain, sans un loup l’arpente,
Trouvant plus précieux met ici, sa liberté impertinente,
Et entre les fromagers, s’exerce à des courses fumantes,
Des jeux d’essais, de goûts, et d’aventures caressantes…
La biquette courait pour un rien, s’enivrant de branches,
Sautillait entre les roches pour déclencher des avalanches,
Croquait les mangues puis les avocats goulues en revanche,
Insouciante chevrette, follette que rien n’arrête ou n’épanche…
L’expérimentation
Quand, devant un arbuste, la chèvre sent cette odeur,
Elle est d’abord (Extrait de 'Histoire d'en penser' Alzabane éditions)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)