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Les chèvres de la littérature...

Publié le 28/09/2009 à 00:27 par peintredesdom Tags : jeunesse littérature alzabane baudelaire chèvres fables contes wollscheid

 

C’est bon de penser qu’animal même cornu soit littéraire,

Que dans la ferme, les bêtes ont parfois bon itinéraire,

Et que l’âne est maître par l’étude du regretté Césaire

 

Foi de paysan, quelle bonne idée un jour d’acheter,

A la foire du village une malle pleine de livres rejetés,

Et de l’avoir au fond des foins, bien installée…

 

La curiosité des bestioles fut telle devant l’objet patibulaire,

Qu’une ronde se formait engendrant d’abord une colère,

Puis à son ouverture des intérêts pour Baudelaire…

 

L’âne, plein de sagesse, usait de sa vieillesse joviale,

Pour le premier, feuilleter un auteur parfois bestial,

Et par l’assemblée, lire des vers ou un passage impérial…

 

Le cercle attentif devenait foule de moutons en haleine,

De chevaux, de vaches, de poules et de canettes pleines,

Qui, avec délectation écoutait le bâté oser du Verlaine…

 

Au fond de la grange, un troupeau de chèvres savouraient,

La douce folie des auteurs qui profondément les touchaient,

Au point Messire, de pleurer chaudes larmes qui noyaient…

 

Le maître conteur, de ses hautes oreilles semblait peu baudet,

Plus noble, emprunt des lectures de savants follets,

Et du moulin à parole sortait les lapins d'un roi Daudet…

 

Parole d’auteur, moi qui discret, suivait de loin la scène,

Je ne pouvais empêcher les sons de devenirs Messène,

Et de se propager dans les champs de seigles sans peine…

 

La ferme devenait ainsi le théâtre des glorieux animaux,

Cent chèvres emprisonnaient le moindre effet de mot,

Et découvraient des hommes le sûrement bel Hugo…

 

Mais quand rotule le cheval autiste compta ses traits,

Puis s’arrêta pour évoquer les acrostiches en attraits,

Même les coqs s’égosillaient de la beauté sans retrait…

 

Maintenant, cher lecteur, je vous le dis à l’envers,

Mon cœur explosa, ma plume se mit à vouloir faire,

Les plus beaux textes à la façon du grand Prévert…

 

Voilà un groupe de cornu qui découvrait la littérature,

Éclairée d’humaines attitudes et de poésies en aventure,

Marquées par le sceau de philosophes aux tendres postures…

 

Qui l’eut cru ? Que chèvre serait atteinte, en quarantaine,

Entre les quintaux de blé et les brouettes pleines,

Que Diderot et Esope feraient mouche comme La Fontaine…

 

Je repartais de la scène, empli, laissant ferme et terres,

C’est bon de penser qu’animal même têtu soit littéraire,

Que dans les granges, chèvres et moutons lisent Césaire….

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)



Le duel...

Publié le 23/09/2009 à 15:26 par peintredesdom Tags : d artagnan

 

Ma donzelle,

 

Ce matin je rencontrai l’insolence, la félonie,

Un jeune freluquet auteur de viles calomnies,

Un piètre, un rustre fou, une ignominie…

 

Moi Mousquetaire de France, moi, accroché et sali,

Je vous le dis, c’est de mes gants anoblis,

Que je tentais de festoyer tantôt du malappris…

 

De mon bras armé je m’amusais de ce jeune homme,

Et par des coups étudiés j’allais l’occire en somme,

Jouant de ses vents comme de ses tendres formes…

 

Au pire moment de mes capacités à le diviser,

Je me rappelai l’amour que je vous porte, belle fée,

Par mon geste, l’ôter, vous aurait blessée mon aimée…

 

Alors, au pire de ma haine, l’épée aiguisée et rebelle,

Je retins ma main et le sang de votre ritournelle,

Pour vous laisser vivre cet amour que je sais sans aile…

 

J’ai tant vécu ma douce, tant aimé vos airs, vos touches,

J’ai tant combattu le temps, les rides, les escarmouches,

Je me délectais de votre jeunesse, moi, vieille souche…

 

Mon Héolïse, mon jeu follet, mon bâton de vieillesse,

Voyez cet amour qui laisse une place, une messe,

Pour un coquin, votre gentilhomme, vos tendresses…

 

Sachez donc ce soir, qu’un prince sait aussi épargner,

Sait pardonner l’amant qui par vos volets à su gagner,

Votre cœur fragile, vos naïvetés que je ne saurai renier…

 

Je vous aime et vous laisse cette aventure en verdure,

Je vous aime et cesse de vous considérer mon armure,

Exclusive à mes attraits, belle en donjon et ferrures…

 

Vivez ! Soyez insolente ! Osez aimer ce capucin !

Moi, je serai là pour plus tard sécher vos chagrins,

Mon épaule ferme vous tiendra riche lieu, sans embruns…

 

Allez ! Osez ce diable en vous livrant sans retenue,

Je vous aimerai encore après ma mort c’est entendu,

Profitez d’une semi liberté que je veux bienvenue…

 

Mais petite, gardez souvent un sourire à mon être,

Et demain, brillez de votre juste présence peut-être,

Car c’est de votre âme que je ne puis me remettre…

 

Comte D'Artagnan...

 

 

Par la peur de perdre l’essentiel d’une vie, une enfant,

Voici un père éperdu, un amoureux qui se défend,

Puis laisse sa part aux impératifs du bien décent…

 

La chair de sa chair épousa le petit homme tendre,

Avec la bénédiction de ce père qui aurait voulu attendre,

Avant de voir sa fille si jeune, déjà s’éprendre…

 

L’amour d’un père pour ses entrailles est parfois tel,

Que son bras est bien trop lourd sans attèle,

Pour y conduire sa fille au pied d’un maudit autel…

 

La fille de Charles de Batz vécut très heureuse... Le père, dit D'Artagnan,

mouru d'une balle de mousquetet le 25 juin 1673 lors du siège de Maastrich…

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

 

D'Artagnan, de son vrai nom Charles de Batz-Castelmore, comte d'Artagnan, est un homme de guerre français né entre 1611 et 1615 au château de Castelmore, près de Lupiac, en Gascogne (dans le département actuel du Gers) et mort au siège de Maastricht le 25 juin 1673.Source Wikipedia

Ma terre est femme...

Publié le 10/09/2009 à 21:45 par peintredesdom Tags : créole po7me femme mere patrie martinique antilles wollscheid

 

Elancée, droite et fière sur des talons nus de glaise,

Ma Fille, ma Femme, ma Mère, qui sûre genèse,

Affronte les temps, les siècles ne vous déplaise…

 

Oh toi ! la native !

Oh toi ! la festive !

Oh toi ! la réactive !

 

Regarde celle qui, féminine icône, belle salvatrice,

Toujours debout si tendre institutrice,

Force la volonté par des armes correctrices…

 

Je t’aime comme il se doit, comme il va de soi,

Je cherche ton cœur à mes larmes, à mes émois,

Tu es la joie de mes jours et mes nuits de soie…

 

Regarde les fougères et les cannes semer les champs,

J’écoute tes prières lancinantes, tes ancestrales chants,

Gardienne des lois, garante des passés trébuchants…

 

Femme, frêle, douce, qui décide des paix et des amours,

Qui élève les hommes au rang d’avenir sans détour,

Toi mère, qui repousse les guerres et brave les vautours…

 

Ma fille, adorée enfant, sang du sang, chair des chairs,

Ma part, ma vie, mon avenir si riche et clair,

Te donnerais-je assez, serais-je sûrement nécessaire ?

 

Oh toi ! patiente !

Oh toi ! consciente !

Oh toi ! liante !

 

Que serions-nous sans tes ventres ronds, tes seins lourds,

Que pourrions-nous ma mère, sans tes gestes d’amour,

Que laisserions-nous sans tes repères, tes beaux jours…

 

Ou irais-je ma grâce, dans quel ciel, par quels alizés,

Si à mes côtés tu n’étais pas la plus censée,

La plus aimante, la belle attentive à mes pensées…

 

Alors, femme créole, fleur de Madinina, sûre idole,

Par tes courbes efface mes doutes donne-moi l’obole,

Nourris-moi enfant, assure-moi plus bel atoll…

 

Elancée, droite et fière sur des jalons de glaise,

Ma fille, nos femmes, nos mères, ma genèse,

Affronte les temps, les siècles pour toute aise…

 

Oh toi ! naissante !

Oh toi ! nourrissante !

Oh toi ! caressante !

 

Alors, femme créole, éternelle, vivace danseuse,

Par vos courbes plus belle femme, mon amoureuse,

Je vous aime, je vous veux battante et charmeuse…

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

A douceur égale...

Publié le 25/08/2009 à 02:42 par peintredesdom Tags : martinique alzabane baudelaire wollscheid contes fables

 

Si vous saviez ma tendre amie, si vous saviez,

Que vous me manquez, trésor, si vous saviez,

Si vous entendiez mon amour, si vous l’usiez…

 

Les vents de vos aises parfumaient mes émois,

Vous, jeune, palpitante sous vos antres toits,

Je lisais d’en face vos traits, vos jeux étroits…

 

Ma chandelle est morte, moi, je jauge voiles,

Caché, voleur de nuit, voyeur de vos étoiles,

Palissant quand vous disparaissiez de ma toile…

 

Je maudis mes conditions, Montmartre martial,

Qui fait de moi un poète nu sans initiale,

Un fifre, un roitelet aux sifflets bas, bestial…

 

J’aurais voulu franchir les vents, les fils d’acier,

Et par votre linge m’enivrer, vous bercer d’amitié,

Passer de mes errances à vos volets, belle initiée…

 

Si vous saviez ma tendre amie, si vous aimiez,

Que vous me manquez, trésor si vous tentiez,

Si vous chantiez mon amour, si vous l’usiez…

 

Le courage me manque pour oser certains soirs,

Gravir votre allée et en face cesser d’entrevoir,

A peine vos lignes, vos courbes et mon désespoir…

 

Et quand tête basse je vous croise sur les pavés,

Je hais mon corps et mon esprit sans épée,

Ma plume, qui retient langue liée et cœur levé…

 

Je vous suis transparent moi qui tout connais,

De vos danses entre chambre et fleuri balconnet,

Vous qui osez parfois, nue, me rendre simple objet…

 

Quand les mardis je vous cherche sur nos marchés,

C’est de loin, piètre agent, que je scrute caché,

Vos paniers, vos sourires, vos pas détachés…

 

Mes journées se languissent de nos tendres soirées,

Où seul, je vis à l’ombre une histoire folle osée,

Où je m’emplis de vos sens et de vos airs bercés…

 

Si vous saviez ma tendre amie, si vous saviez,

Que vous me tuez, trésor si vous saviez,

Si vous regardiez mon amour, si vous osiez…

 

Je clos cette nuit mon manuscrit, poèmes fades,

Et pour vous ma tendre amie, ma belle Jade,

J’irai par devant notre Roi narrer belle escapade…

 

Je vais affronter mes pères ce soir, et pour vous quitter,

Je saurai être le bon conteur de mes sentiments habités,

De vos jeux flous qui enflamment les miens étriqués…

 

Ma Jade, soupçonnée, ma Jade perlée d’amour épié,

Je vous aime et n’ose vous dédier ma tendre amitié,

Mais demain auréolé, je serai à douceur égale, votre marié…

 

Texte écrit par Anselme le poète à Jade Pichon servante, 1709.

 

Anselme ne trouva jamais le courage d’approcher Jade, sa voisine,

A Montmartre les bâtiments se touchent parfois, les âmes pas toujours…

Anselme fut anobli, pour la qualité de sa poésie par Louis XIV,

Il devint marquis, libertin, sous un pseudonyme empreint…

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

Le canard laqué

Publié le 18/08/2009 à 12:52 par peintredesdom Tags : martinique alzabane baudelaire wollscheid contes fables

 

Nous voici au fin fond de la Martinique, hier,

Où Léon promène son Saturnin pas peu fier,

Un palmé de barbarie, un bijou de caractère…

 

Un jour d’hivernage, Léon avait fait emplette,

Chez le marchand de bestiaux avait écarté canette,

Et choisi plutôt un jeune caneton entre les machettes…

 

Depuis, je dois vous le dire, il y eut à faire pâlir,

Entre ses deux êtres là, une histoire à faire sourire,

Un coup de foudre, un amour sans ‘coin’ férir…

 

A Morne Vert, beaucoup disait Léon pas très clair,

Un imbécile heureux en manque d’affection sincère,

Pour oser aimer un animal comme on aime sa Matère…

 

Or, pas une fois, Léon ne sortait sans son canard,

Jamais, sans son ami, la bête ne nageait dans la mare,

Tout chien fer était fort jaloux de ne pas être jar…

 

Chose folle, dans notre région qui parfois tremblote,

Le canard jouait les alarmes à chaque canote,

Et sauvait, par ses cris fuyards, le village en cohorte…

 

Oui quand la terre secouait les âmes créoles de la sorte,

Tous, au comportement du canard prenait la porte,

Et se trouvait toute peur dehors, et jamais cloporte…

 

Léon et Saturnin étaient au bourg, de vrais Saints,

Chaque commune les aurait voulu en son sein,

Mais, à Morne Vert, les deux amis avaient leurs desseins…

 

Un matin d’avril entre les fumets d’une soupe de pieds,

Vers les cinq heures, Léon ne trouve plus sa moitié,

Saturnin avait disparu, introuvable, envolé…

 

Bientôt, tout Morne Vert cherche les coins-coins,

Par les fougères les routes et les recoins,

Mais pas une figure de Barbarie, de près ou de loin…

 

Léon hurlait « Saturnin !Saturnin! Reviens ! »

Les habitants criaient « Saturnin ! Saturnin nom d’un chien !

Même le curé et Monsieur le Maire appelaient leur bien…

 

Rien n’y personne ne trouvait trace du palmé adoré,

Le canard était ni aux oranges ni aux bananes sucrées,

Et encore moins aux cannes, elles qui auraient dû l’attirer…

 

Soudain, un sans âme, un médisant par sa trame,

Se rappelle l’installation récente d’une famille sans drame,

Des chinois, venus au Morne Vert trouver le repos des crânes…

 

Ni une ni deux, la foule en colère se rend chez les Oyo,

Sûr que ces gens sont derrière leurs fourneaux,

Prêts à déguster le canard, sans trembler, sauce boyau…

 

Le père Oyo haine le bruit de cette foule, maboule,

Qui, d’un cliché le fait voleur de canes ou de poules,

Et sa famille, des chinois aux vilaines cagoules…

 

Mauvaise étiquette, tant la famille est honnête,

Sans mauvaises quêtes, sans cruelles baguettes,

Ni viles intentions de laquer la moindre canette…

 

Fernand était en pleurs, triste compagnon,

Et de ne plus avoir son canard sur le manchon,

Le rendait nerveux et aussi plumé ronchon…

 

La foule se lasse et disparaît sous les toits ondulés,

Le maire perd ses voix, le curé sa charité,

Fernand est seul, sans Saturnin, dépité…

 

Un soir de mai, tout Morne Vert fut réveillé du tintamarre,

Que fit une bestiole qui cherchait sa moitié, ses amarres,

Par des cris, des coins-coins de bon canard…

 

C’est alors que Léon fut le premier à l’embrasser,

Puis tout le bourg sortait des maisons, émerveillé,

Et ensemble, se mirent à fêter le canard enfin retrouvé…

 

C’est à ce moment précis que la terre se mit à trembler,

Et que tous les habitants du Morne furent sauvés,

Foi de canard et d’écrivain tout secoué…

 

Sacré Saturnin, parti de Martinique pour des vacances,

Puis revenu à temps pour sa juste mission, quelle chance,

Celle de sauver ses amis de mauvaises transes…

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

 

1er prix 2009 attribué à Jean-Marc Wollscheid par le CEPAL

Publié le 12/08/2009 à 04:28 par peintredesdom Tags : fables contes CEPAL littératures Baudelaire Alzabane Wollscheid

Le CEPAL(Centre Européen pour la Promotion des Arts et des Lettres)
1 rue du Nonnenfels, F 57920 Kedange sur Canner
tél.
   (00 33) 03 82 83 97 46  
Site internet : www.le-cepal.com

 

Vient d'attribuer à Jean-Marc Wollscheid de Martinique, écrivain et fabuliste,

 

Le 1er PRIX 2009 pour ses contes et fables.

 

Merci au jury et au CEPAL...

 

JMarc Wollscheid.

Le retour de kimboi...

Publié le 12/08/2009 à 04:14 par peintredesdom Tags : baudelaire wollscheid martinique littératures contes fables kimboi

 

En Martinique, la sorcellerie s’anime et se devine,

Des apprentis jouent avec le feu et les lois divines,

La magie noire opère de sa méchanceté saline…

 

Voyons dans ce conte que le mal parfois se retourne,

Et regarde bien en face le voyou qui le séjourne…

 

Cette histoire est vraie, elle est arrivée au mois de mai,

Il y a neuf ans jour pour jour je vous le promet,

Du côté du Marigot un joli bourg qui ne l’oubliera jamais…

 

François est un homme fade, aigri, détruit par la vie,

Sa méchanceté le taraude son esprit le dévies,

Il est le Kimboiseur, le sorcier aux pires avis…

 

Rien ne l’arrête, pour trois sous il brise vos nuits,

Sur commande satanique il vous casse sans bruits,

Vous assaille de gris-gris et du mauvais esprit…

 

Un matin de juin 2000, on sonne à ma porte,

Je maudis cette engin qui me déporte,

J’ouvre rageur, puis le sort bascule, de la sorte…

 

La femme qui s’installe dans mon fauteuil est hagard,

Les yeux rougis par des semaines de larmes phares,

La voix cassée, la fatigue affichant de ternes amarres…

 

Man Janine implore alors mon aide ,

Pour combattre le sorcier qui de façon très laide,

Consume sa petite fille qui se meurt toute raide…

 

Une vielle histoire de terrain opposait l’ensorceleur,

A Man Janine pour son plus grand malheur,

Le maléfice oeuvrait sur l’enfant en sueur…

 

J’étais outré, je rassemblais des ondes en forces vivent,

Je rentrais en transe et voyais l’ennemi en invectives,

Le combat commença à distance, sous directives…

 

Après trente minute de prières et de batailles spirituelles,

Je demandais à Man Janine de rentrer chez elle,

Et de brûler l’oreiller de sa petite tourterelle…

 

Une corolle de plumes d’oies y était presque formée,

Allant tuer la gamine si on la laissait se terminer,

Ce fut fait et bien fait par Janine bien préparée…

 

J’allais le lendemain soir au chevet de la petite Zuzon,

J’étais muni d’une bible, d’une bouteille avec son bouchon,

Et quand elle fut prête à s’endormir, j’agissais pour le fond…

 

Devant le cou de la petite, je forçais la bouteille à se fermer,

La pression fut t’elle que j’eu du mal à emprisonner,

L’esprit du Kimboiseur dans mon piège façonné…

 

Après quelques jours, la petite retrouva un bon appétit,

Puis des couleurs et les envies d’une fillette guérie,

Et enfin une santé de fer avec la joie sans empathie…

 

Man Janine me remercia mille fois, moi et mes aïeux,

Je la relevais puis la signais sur le front de mes vœux pieux,

Puis je m’en allais dans mon église remercier notre bon Dieu…

 

Un vendredi soir, le jour trois de mon intervention,

François le Kimboiseur était à genoux en suffocation,

Il ne pouvait plus respirer et se consumait de putréfactions…

 

« Ouvrez la bouteille je vous en supplie Monsieur le curé !!

Ouvrez la bouteille ou je vais mourir de ne plus respirer !!

Je vous en supplie !! ouvrez la bouteille curé… »

 

Les voies du Seigneur son impénétrable…

La bouteille m’avait été volée la veille par un misérable,

Dans mon église, avec une coupe d’argent délectable…

 

Le kimboiseur, comprenant que je pouvais rien pour l’aider,

S’en alla, injuriant tous les Saints, les évêques et les curés,

Puis disparut dans le dédalle de nos rues épicées…

 

On retrouva François le Kimboiseur un samedi matin,

Pendu à un frangipanier du côté du Lamentin,

Avec une bible et un mot de pardon dans la main…

 

Moi jeune curé de notre île, exorciste obligé,

Je vous ai raconté cette histoire encore d’actualité,

Tant les kimboiseurs, ici, oeuvrent avec méchanceté…

 

Si vous trouvez une bouteille pleine de vide, attention,

Ne l’ouvrez jamais au risque, par vilaine tentation,

De libérer le kimboi et de finir en lamentations…

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés)...

Carnet de contes et fables des Antilles le livre...

Publié le 12/08/2009 à 01:45 par peintredesdom Tags : wollscheid baudelaire jeunesse livres littératures martinique contes fables
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Merci à tous mes lecteurs,

 

Jean-Marc Wollscheid.

 

Mes chemins de fer...

Publié le 11/08/2009 à 00:16 par peintredesdom Tags : wollscheid contes fables fer chemins baudelaire

Dans le dédalle des inventions de ma vie,

Les croix se sont succédées aux pâles envies,

Les chemins furent tortueux sans bons avis…

 

Je me trompais beaucoup et souvent,

Aspiré par la force des mauvais vents,

Omettant les expériences, les avants…

 

Puis, je persistais, à quoi bon l’introspection,

Trouvant plus de courage dans l’acceptation,

De me voir par les autres, piètre trublion…

 

Je fus pourtant si humain, si aimant,

A mes enfants je donnais le meilleur élan,

J’étais si présent que j’en devenais maman…

 

J’étais l’ami idéal, le confident sans faille,

Le type sérieux que rien ne taille,

Le forçat d’humour, l’homme de paille…

 

J’aimais peu de femmes, mais si intensément,

Qu’à l’heure des ruptures je le payais chèrement,

Je devenais un scélérat, un pariât, mauvais amant…

 

Pourtant en vers et contre cela, une force intérieure,

Me faisait franchir les vagues de mes torpeurs,

Elle m’encourageait à trouver la réussite sans peur…

 

Je ne sais pas pourquoi, ni qui me poussait à savoir,

Que bientôt le soleil brillerait pour moi même les soirs,

Et que mes écrits allaient dévorer mes déboires…

 

Au pire de mes liens, de ma vie de chien,

Je trouvais la joie de vous écrire un rien,

Puis un tout qui fit un livre, mine de rien…

 

Et donc arriva la chance, la réussite espérée,

Celle qui transforme un SDF en poète fortuné,

Celle qui vous change la vie, les regards baissés…

 

Alors oui je te prends, coquine réussite, petite fée,

Enfin je vais vivre en gommant les passés,

Enfin je vais aimer sans jamais me presser…

 

Je serai à l’affiche, attendu et sollicité,

Des amis pleins les yeux, tous attentionnés,

Je signerai mon livre les jours écarquillés…

 

Mais quand je rentrerai le soir, oubliant la foule zélée,

Je sais que m’attendra au creux de ma vie, une ailée,

Une tendre amie, une juste femme, une âme dédiée…

 

Elisabeth, je t’aime aussi parce que nous avons plié,

Jamais rompu par les viles adversités,

Sûrs de nos passés liés, de nos avenirs initiés…

 

En me livrant à travers mes pages, jadis poète fou,

Je ne pouvais imaginer que je changerais nos touts,

Mes chemins de fer, tes allées de frêles bambous…

 

Je t’aime.

 

Lettre de Bastien De Rouelle Malmaison à Elisabeth de la Collinière (1889)...

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

 

 

 

Médisance...

Publié le 01/08/2009 à 17:42 par peintredesdom Tags : elisabeth fable wollscheid poésie baudelaire contes

 

Voilà ! c’est fait, nos âmes sont comme mortes,

Bravo aux démons de manoeuvrer de la sorte,

Voici le crépuscule, la petite mort trop forte…

 

Mais dites-moi ma frêle, mon sublime amour,

Qui osera couper les fils de nos beaux jours,

Qui croira défaire nos liens pour toujours…

 

Vous, vacillante, aspirée par la médisance,

Amoureuse aux failles qui prennent résidence,

Trop jeune, trop fragile pour attraper la chance…

 

Moi, chevalier servant, oubliant ses armes,

Trop doux pour frapper l’ennemi en vacarme,

Si aimant de respecter vos aises qui se décharnent…

 

Nous, qui pensions tout quitter dans le besoin,

Mêlant nos sangs, nos jeux coquins,

Mariant nos fibres à en renier tous les Saints…

 

Eux, qui décident pour nous,

Pensant ainsi vous préserver d’un poète fou,

Et déjà oublient le sens de leur amour pour vous…

 

Alors oui le démon me fait tout perdre ce matin,

Votre si tendre sourire, vos airs taquins,

Votre droiture et nos jeux libertins…

 

Votre présence, aussi, si précieuse à mes écrits,

Votre indulgence devant un frêle génie,

Vos accords chaleureux, le creux de votre vie.

 

Alors oui, je fus peureux devant la lionne en furie,

Laissant mon glaive dans son fourreau verni,

Abdiquant pour ne pas paraître ce qu'elle ose et dit…

 

Mais mon amour est d’acier, belle dulcinée,

Mes mots indélébiles, si impossible à effacer,

Nos étreintes, trop puissantes aux jours passés…

 

Attendez que je me relève des salissures d’hier,

Alors je bouterai le mal hors de nos frontières,

Et reprendrai ma place de peintre fier…

 

Demain, oui ma douce, c’est écrit, bien marqué,

Demain, sur ma monture vous serez enlevée,

Sur mon bateau nous irons voilures lavées…

 

Je vous aime à n’en plus finir,

Je vous aime à n’en plus séduire,

Je vous aime à n’en pas rougir…

 

Voyez bientôt l’arc-en-ciel marieur,

Il reliera notre juste bonheur,

Le mien vers le votre, à toutes les heures…

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)



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