Publié le 01/05/2009 à 12:00 par peintredesdom
Vous êtes à moi Madame, et je vous l’assure,
Contre les vents mauvais je vous le murmure,
Vous êtes à moi Madame, sans retenues parjures…
Et quand bien même, votre attention me délaisse,
Que votre éclat sourire produit une diablesse,
Et que vos yeux scrutent autres gens en détresse…
Et par vos courbes je me sustente, ivre intellect,
De vos longueurs parfumées je me délecte,
Entre vos dentelles, vos sensibilités je détecte…
Vous êtes à moi Madame, et je vous le dis,
Contre marées et pêcheurs sûrement vous prédis,
Que votre cœur au mien lié, sera vendredi…
Et quand vous passez devant mon étal,
De votre frimousse hautaine s’étale,
La splendeur de vos yeux sans égal…
Et de votre féminité subtile je veux être seigneur,
Dans mon château vous enfermer des heures,
Pour vous affubler d’amour et de rouges fleurs…
Vous êtes à moi Madame, sans autres envies,
Contre les feux de l’enfer je EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Publié le 29/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
Voilà une histoire d’amour,
De celles qui durent toujours,
De celles qui durent après l’amour…
Un chasseur s’en revenait la gibecière vide,
L’âme en peine, la tête basse et l’air avide,
Tant il était seul au monde, vie insipide…
Au détour de la croisée du père Anselme,
Là, tremblant comme brindille que l’on sème,
Un faon, recroquevillé, petite fleur en bohème…
Qu’elle était belle cette petite biche noisette,
Le regard perlé de frayeur et le museau en quête,
Attendant une mère tombée dans vilaine fête…
Le vieux bonhomme caressa tendrement la bichette,
l’enveloppa dans sa veste gagnant frêle emplette,
Puis l’emporta dans son chalet, gamine fluette…
Au coin du feu, la faon semblait retrouver des forces,
Le vieux monsieur lui offrait le lait qui le renforce,
Puis s’allongea près de lui, le cœur rempli d’amorces…
Pendant des semaines, le chasseur pris soin de sa belle,
Au point de l’aimer comme un enfant rebelle,
Au point de la nourrir de tendresse continuelle…
Ils étaient heureux dans leur enclos, trouvant famille,
L’une gambadant telle une chevrette des Alpilles,
L’autre, amoureux de chaque saut et chaque broutille…
La biche donnait tant d’amour et de joie au chasseur,
Qu’il en pleurait des larmes chaque matin, de bonheur,
Attentionné papi, délicat monsieur au grand cœur…
Par une nuit de printemps, la biche dormait sagement,
Elle fut réveillée par des appels, amoureux hurlements,
Dans son jardin, elle se sentit envoûtée, sûrement…
La voilà tout oubliant, son enclos et l’humaine noblesse,
La petiote saute le mur et s’envole comme diablesse
Le cerf l’attend, puis l’emporte loin de la forteresse…
« Mon dieu, ma tendre biche, te voilà partie me laissant,
Toi que j’ai tant chérie, te donnant l’amour puissant,
Sans plus la joie que tu m’offrais aux réveils fleurissants… »
Le vieux chasseur avait entendu le cerf toute la nuit,
Cette bête atroce qui osait lui voler son enfant chéri,
Sa raison d’être, sa force pour assumer piètre vie…
De rage il prit son fusil, puis alla dans la forêt de ruine,
Suivant les traces et l’odeur de sa mesquine,
Bien décidé à tuer le cerf, auteur de vile combine…
Soudain, le chasseur chasse, épaule, et vise en face,
La croix de son viseur se EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Publié le 29/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
Qu’elle est sinueuse notre rocade,
S’habillant de gens pressés en cascade,
Jamais éteinte, toujours emplie d’escapades…
Je ne peux, moi l’artiste qui trouve du temps,
M’empêcher d’y voir la misère des manants,
Celle des chiens de traîne, fantômes vivants…
Au détour d’un virage, de voir l’homme perdu,
Errant sa souffrance entre les aciers tordus,
Sa solitude qu’il promène les pieds nus…
Sur notre autoroute, l’indifférence fait une course,
Avec la pauvreté qui voudrait délier nos bourses,
Mais nous sommes gens aveugles aux peaux d’ours…
Alors on laisse mourir les chiens et les hommes,
Trop sûrement occupés à dépasser les bornes,
Ralentissant, juste pour apercevoir un morne…
Comme à Paris, à Lyon ou à Strasbourg, sur notre île,
Le malheur des uns est une habitude devenue tranquille,
Un tout qu’il faut bien que l’on rende docile…
Mais un jour, quand j’ai rencontré Sarrola,
La petite vendeuse aux EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Publié le 25/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
Le roi crapaud est réveillé de bonne heure ce matin,
Carpes, grenouilles et tanches sonnent le tocsin,
Autour du nénuphar royal, ils demandent une fin…
« Voyez messire dans votre cour teintante,
S’agacer vos valets et les gardiens du temple,
Et à l’unisson, bourdonner reinettes, vos tantes… »
« Au nom de tous, moi sage des sages brochets,
Vous demande seigneur, retour et divin ricochet,
Car par vos jeux, réputation est au crochet…
« Comment !! dit le seigneur, qui ose médire ?
Si roi crapaud aime libellule pour son avenir,
alors le peuple doit diligence, sans mots dire… »
« Mais mon roi, crapaud ne gobe t’il pas insectes,
comme brochet menu fretin, et tanche ver infect ?
Le petit n’est il pas dîné par plus gros abject ? »
« C’est donc cela qui gêne mes foules,
que crapaud veuille épouser petite poule,
cette libellule qui m’enivre et me roucoule ? »
« Oui messire, voilà que partout aux alentours,
hérons ricanent, grenouilles jacassent vos calembours,
et vaches aboient, de vous savoir sans rebours… »
« Eh bien soit, dit le roi ridicule,
crapaud se mariera avec libellule,
foi d’anguilles et de cannes à bulles… »
L’autorité du crapaud buffle était faite,
Aucun animal osa lui tenir tête,
Point de fiançailles, mais mariage et fêtes…
Voilà un monstrueux crapaud en épousailles,
Et fluette libellule accepter un épouvantail !
Ainsi vogue la Nature au cassé gouvernail…
Avec un peu de temps, tous les animaux des étangs,
Acceptèrent le choix du roi, et sa reine d’autant,
Qu’elle était douce, sans rancune ou châtiments…
Comme grand roi se doit de faire descendance,
La libellule pondit un EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)
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Publié le 24/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
Mon cher Tonin,
Oh ! il faut que je te raconte, que sur un morne,
L’autre jour, j’ai secouru une biquette sans cornes…
Alors que je finissais la descente de ma colline,
A l’orée d’un détour, je découvrais une féline,
Délicieuse jeune fille, sauvage et pleine d’épines…
Elle était là, les yeux grands ouverts, me visant,
Je m’approchais sans crainte de l’oiseau gisant,
Pauvre jeunette, blessée d’un croche-pied Satan…
Elle avait tout de la beauté locale, ma secourue,
Des couleurs qui se mariaient aux fougères nues,
Un sourire éclatant d’hardiesse, belle ingénue…
De longs cheveux noir lui ondulaient sur les reins,
Ses chatoyants madras cachaient fourbes dessins.
Sans fin, son regard illuminait mes émois coquins…
Je sortais de ma calebasse un pansement,
Et de ma fiole un vieux rhum calmant,
Deux cotons aussi, en guise de geste charmant…
Sans mots dire, je lui appliquais médication,
Je ne pouvais m’empêcher d’entrevoir son émotion,
Qui, je dois te le dire, s’accordait de mienne passion…
Je pensais qu’elle devait avoir vingt ans à peine,
La douceur de ses EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)
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Publié le 23/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
Genèse
Voilà un combat des siècles et des dieux,
Le Oui affronte le Non sous nos cieux,
Deux forces qui s’opposent, mots insidieux…
Ils ne méritent pas qu'on les résumes,
tant pis pour cette écume...
Le Non et le Oui sont libres, décisions actives,
La nature, elle, les apprivoisent sans dérive,
Quand c’est oui c’est oui, création native…
L’homme
Ainsi un cerveau primitif s’en empare, rebelle,
Le feu naîtra du « Oui, c’est possible », éternel,
Le Non brûlera nos mains sans cesse, les ciels…
Le pouvoir
Le Oui fera des rois et des reines, empires sacrés,
Le Non pendra des seigneurs, royaumes échoués,
L’histoire retient que ‘peut-être’ ne peut régner…
L’hostilité
Le Non imposera cent ans d’une mauvaise guerre,
Le Oui couvrira massacres et grandes prières,
Décidément ! le Non et le Oui dirigent nos misèrent…
Plus tard, le Oui sonnera le ‘Yes’, libérateur,
Le ‘No’ jugeant des monstres dévastateurs.
Le Oui parfois résiste au Non, libre ferveur…
La destruction
Aux sombres jours qui détruisent le Oui,
Le Non sème nos cancers, planète tarie,
Pollueur menteur, Oui et Non vils consentis…
Peuple mouton qui EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)
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Publié le 23/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
Sur nos plages le crabe est roi,
Qui le nie s’en mord les doigts,
Foi de manicou entre nos toits…
Chaque oubliette sableuse est endroit,
Où s’abritent pinces et kimbois,
Yeux humides et affûtés coupent droits…
Pourtant, belle furtive entre les cocotiers,
La fouine mangouste dresse aussi quartiers,
Voisine discrète, pressée de tout rogner…
Voilà qu’échoue âme luth en labeur,
Voulant de mille œufs s’affilier en sueur,
Et dans trou, enfouir descendance aux lueurs…
Le crabe est alors prit de mission. Il garde l’œuvre.
Qui approche du chantier fera mauvaise manœuvre,
Là, les crustacés sont gardiens du chef-d’œuvre…
La mangouste ne le sait pas, preste, jauge le repas,
Puis accourt pour festoyer de blanc et jaune trépas,
Voleuse qui sur dos de tortues, jadis, déjà soupa…
Mais flottille de cuirassés se tient à l’orée des vagues,
Cent crustacés prêts pour défendre haut les dagues,
Barrant la ponte avec des bras qui élaguent…
La mangouste aussi rusée que le renard, s’affûte,
Le nez en l’air, sentant la fronde qu’elle réfute,
S’avance au plus près des tenailles et flûte…
Soudain, cent mangoustes sortent de nulle part,
Puis s’alignent devant l’armée de crabes remparts,
Et montrent de fait, stratégie puis haut l’étendard…
La guerre à souvent comme préalable, persuasion,
Chez les humains c’est acquis depuis des générations,
Voyons pour les crabes, qu’elle est sûre intention…
Alors, au son des castagnettes, surgissent dix armées,
En tête, les crabes EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Publié le 22/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
Ce matin je me réveille enjoué,
La fraîcheur douce de l’ondée,
Me fait un peu frissonner…
Devant moi, le spectacle de la mer,
Les voiliers qui affrontent grégaires,
Les nuages et le ciel en colère…
Comme souvent sur notre île,
La pluie s’affale et tombe pile,
Puis plus rien, le soleil s’enfile…
Alors un autre spectacle commence,
Le majestueux arc-en-ciel en romance,
Colore la terre et les eaux laitances…
Il naît d’éclats et lignes franches,
Monte ses couleurs à la lune blanche,
Puis descend illuminer de fines branches…
Sous mes yeux, explose la lumière originelle,
La flamboyante couronne éternelle,
Le feu des teintes qui s’entremêlent…
Moi, pauvre poète, ridicule terrien,
Je sais que l’arc-en-ciel affiche un lien,
Entre deux EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Publié le 21/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
La bourgeoisie empâte, c’est chose convenue,
Elle est le fruit d’anciens risques bien tenus,
Et la résultante de bénéfices bien entretenus…
Voyons un peu si elle empêche les disconvenues…
Un coq régnait en maître entre ses grillages,
Le gésier plein de perles accumulées en picotage,
De plus, sans un coquelet pour lui ôter son fermage…
Chaque poule lui était remise pour ses loisirs,
Tant il était aussi brave étalon dans sa remise,
Disposé à faire descendance par de bonnes prises…
La vie était rythmée des repas et des semés galipettes,
Au point qu’il courait aussi quelques canettes,
Et qu’il se sentait coqueluche pour toutes les bêtes…
Mais le paysan, son maître, avait quelques dettes,
Une histoire de jeux et de mauvaises emplettes,
Il dû un matin s’entretenir avec son coq trompette…
« Vois-tu, mon brave chapon, je t’ai toujours chéri,
grâce à mes lois, tu es devenu fort et bien enrichi,
il est temps pour toi, de me rembourser sans gaucherie… »
Voilà le paysan devenu entraîneur sans limite,
De son coq empâté afin qu’il gagne au Pitt,
Et rattrape d’usées créances pour éviter la marmite…
Sentant le vin venir, le coq s’équipa de gonflettes,
De sur-mollets et de griffes, aiguisées comme serpette,
Au point de concurrencer le plus hargneux des athlètes…
Après un mois de régime et de sueur,
Le coq, fort bourgeois, était anoblis gladiateur,
Prêt à tout pour sauver son maître de ses débiteurs…
Quand l’arène fut entassée d’humains endiablés,
Que la couleur du sang se mêla à l’odeur du blé,
Les paysans hurlaient de haine sur le coq accablé…
En face, se trouvait Ali, le plus féroce des gallinacés,
Dangereux comme... (Extrait de "Histoires d'en penser" aux éditions Alzabane
sortie octobre 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)
Publié le 21/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
Par tous les Saints des cieux,
voilà un conte pour les non peureux,
Car en Martinique, il existe un loup, mon dieu…
Depuis des années la mère Francine est aux cuisines,
Avec Capucine sa tendre et aimée cousine,
Pour faire à manger aux enfants de l’école des collines…
La réputation des deux tantines n’est plus à faire,
Tant des générations d’enfants ont mangés du fer,
Et grandis le ventre plein, loin de la misère…
Sur Saint Joseph à Cœur Bouliki, vers les trois rivières,
Man Francine joue du piano avec ses jolies cuillères,
Accompagnée de Tite Capucine aux batteries légères…
Les deux doudous sont adorables, adulées des bambins,
Remplissant les assiettes d’ignames et de fruits à pin,
Sans jamais compter moins de bonheur et de ventres pleins…
Pour les marmots, la cantine est un carnaval permanent,
Après la cloche, ils courent pour câliner leurs autres mamans,
Tous contents d’oublier, pour un temps, des tableaux trop savants…
Il faut dire que Man Francine tout comme Tite Capucine,
Sont incapable de gronder le moindre bout de coquine,
Et encore moins les vilains petits gamins, dans leur officine…
Les maternelles des Antilles ont ce goût sucré introuvable,
Où les tatis vanillées font des leçons de goûts mémorables,
Des études de gentillesse, des gardes bobos, et de sucrés cartables…
Entre les fougères de cette campagne luxuriante,
Aller à l’école c’est apprendre la vie chaude et riante,
Sentir les jasmins, les épices, et les heures insouciantes…
Un beau matin jadis, pourtant, à six heures sonnante,
Man Francine arriva à l’école en sueur et hurlante :
Au loup ! Au loup ! Un loup a mangé mes mangues !!
Madame la directrice accouru par devant la vieille femme…
Qui ! avait réussi à faire sortir de ses gonds la pauvre dame ?
Le jardinier brandit sa machette et approcha aussi du drame…
« Madame la directrice, un loup avec ses grosses dents,
là, dans la forêt, avec des yeux énormes et rouges de sang,
mon dieu, mon dieu, un loup, au loup, au loup dans les champs !! »
Man Francine un peu calmée, raconta alors sa terrible mésaventure…
Très vite la nouvelle se...(Extrait de "Histoires d'en penser" aux éditions Alzabane
sortie octobre 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)