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Par Anonyme, le 24.02.2021
bonjour il y a beaucoup à écrire
Par Anonyme, le 20.02.2019
magnifique même si j'aurais sans ces quelques mots pour qu'elle plus en haut ça plaise la fontaine jean
Par Remy Boulal, le 26.04.2017
you are my breathing in, i possess few blogs and very sporadically run out from to brand. eeaceddagdkfkd
Par Smithd146, le 23.12.2015
bonjour, je viens de mettre à l'honneur sur mon blog votre fable la poule amère,malheur eusement je m'aperçois
Par l'ami gégouska, le 16.09.2015
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Date de création : 20.10.2008
Dernière mise à jour :
23.09.2022
244 articles
Nous voilà à la cour d’un bon Roi, celui des lumières,
Qui donna lettre et noblesse à un certain Molière,
Et envoya aux hollandais d’Artagnan et bannières…
Dans les jardins de Versailles, pendant que travaillait Colbert,
Bien armé d'un mécénat royal, après la chasse aux colverts,
Voici Louis Dieudonné avec sa cour, ses jeux, et ses revers…
Le Roi admirait, avec Le Nôtre, la beauté divine de ses jardins,
Madame de Sévigné sous une tonnelle écrivait sur les mondains,
Plus loin en arrière, Racine et Boileau rêvaient de hauts destins…
Là, un paon surprend d’hardiesse de belles dames suiveuses,
Et comme sa roue écarlate étale, des folles l’imitent rieuses,
Au point que gentes femmes soient robes levées et envieuses…
Monsieur de La Fontaine alors s’approche, puis fait scène,
Le Roi et la cour usent d’aises pour un spectacle Messène,
Le grand fablier va d’un plumé oiseau faire avant-scène…
La Fontaine à son acteur :
« Vous ici ? La roue pleine sans une plainte à Junon,
vous ! Encore en panade l’arc-en-ciel nué, le cri canon…
je vous connais Monsieur ! Foi de corbeau sur le Trianon… »
Le paon fait rouage :
« Voyez, le frustre, le diseur, le marieur de farces bestiales,
Tenter ! Encore ! De donner leçons à une bête joviale,
Et par la plume, oser morale et mise en garde présidiale…
Le fabuliste strophe :
« C’est devant mon Roi et cette cour que je vous conjure,
d’abdiquer dans vos façons qui blessent et jurent,
car je me prépare à vous cuisiner de par ma Nature…
Et par votre sifflet impur, je vous ferai idiot vermisseau,
Tancé par Déesse qui vous trouvera bien piètre bécasseau,
A vouloir de tout prix, un fifre rossignol dans vos ruisseaux… »
Le paon dore :
« Et bien soit, Monsieur, je me plaindrai à votre Junon,
car il est vrai que mon cri se confond avec celui d’ânon,
et que le beau sans juste son, cherche manquant chaînon… »
La cour s’esclaffe et applaudit la joute verbale si sincère,
Entre un oiseau au gosier misère et le poète qui opère
Une fable naissante parmi les arbres et les coléoptères…
Notre Louis XIV s’amuse que devant lui une scène d’écriture
Prenne naissance en avant première par Monsieur de La Nature,
Celui-la même qui, indépendant, de la cour est hors murmures…
L’auteur La Fontaine exulte tant l’inspiration est aventure,
Servi par un animal jaloux qui cherche dans toutes créatures,
Le chant qui siéra à sa beauté, et non plus le sien, contre-nature…
Monsieur La Fontaine au pamphlet :
« Regarde oiseau de basse-cour, regarde ces femmes amusées,
chacune à pour elle des qualités, la joliesse, les formes dosées,
Une autre, Madame de Sévigné, la beauté et l’écriture aisée… »
Madame de Sévigné salue ce mariage…
La Fontaine construit au paon son adage :
« Vois, en notre beau Roi, la finesse des lettres, le stratège,
la modernité de son esprit, son bon goût du Saint Siège,
et la volupté du geste comme la volonté de l’art qu’il agrège…
Chaque animal et chaque être à pour lui d’être un sage ;
*Les uns ont la grandeur et la force en partage ;
Le faucon est léger, l'aigle plein de courage ;
Le corbeau sert pour le présage ;
La corneille avertit des malheurs à venir ;
Tous sont contents de leur ramage.
Cesse donc de te plaindre ; ou bien, pour te punir,
Je t'ôterai ton plumage.»
Le paon tacle au sol, puis avec roue détale,
A la prospérité s’en remet intérêt et principal,
Une riche queue et le bec moins instrumental…
Le Roi qui eut peur d’être oublié du bien polissage,
Se lève et affiche forte joie devant cet apprentissage,
Comme la cour qui reconnaît par là bon dressage…
Voilà mesdames et messieurs, chérubins précieux,
Comment, peut-être, La Fontaine trouvait ses jeux,
Pour le plaisir du Roi et ses gens bienheureux…
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Là-bas, une forêt étalait des robes pins en mousse,
Dedans, cerfs et chevreuils jouaient sans frousse,
Même les sangliers s'amusaient de leur frimousse…
Plus loin à l’orée du bois, le lièvre était au pré le roi,
Les vaches mâchouillaient en allant chemin de Croix,
Les truites sauvages du ru, guettaient des proies…
Des mésanges usaient de couleur le ciel naissant,
Les abeilles zigzaguaient entre les calices encens,
Mille fourmis erraient en découpes, se pressant…
Soudain, ici, non loin de l’étang du père Couriault,
À deux pas du moulin près de la rivière aux farios,
Une fouine courait des libellules aux airs joviaux…
Mon dieu, une odeur de foin se mêlait au matin,
Des bruits sans importance montaient d’un festin,
Celui des brochets qui happaient le menu fretin…
Moi, jardinier des sens, j’étais assis sans un mot,
Je visitai intrus cette nature ou je puisais angelot
Les sources vives de mes écrits sans oripeaux…
Je n’osais pas un geste tant je me sentais trahir
un spectacle si serein que l’homme devait bannir
toute conscience trop extérieure à ce doux loisir…
J’étais à croire, que même la marguerite jaugeait,
Par quelle grandeur elle allait s’ouvrir aux jets
D’un soleil rageur qui ôtait toute bruine en rejet…
Une famille de lapins sautillait dans les herbes grasses,
Sur un monticule, narguait un papillon hissant sa grâce,
Tout comme le hanneton qui se croyait en disgrâce…
Je trouvais quand même l’instant pour transcrire
Tout le bonheur que procure le doux jeu d’écrire,
Les fables qu’allait ma plume fleurir…
Le lièvre et la fouine, la taupe et le brochet, le hanneton,
Autant d’inspirations salvatrices pour un fabuliste santon,
Qui par temps posés, livre la vie aux abords d’un canton…
Le ciel semblait subitement épouser les courses folles,
De chaque animal qui se noyait de brumes en corolles.
Tout en haut, la montagne enveloppait le berger Anatole…
J’esquissais deux dessins sous mes tendres lignes,
J’avais peur d‘oublier ces instants insignes,
Et me devais de vous les offrir en peintre digne…
La brise légère caressait les arbres devenus volages,
Les nids s’animaient de piaillements beaux adages,
Des nuées d’éclosions donnaient aux fleurs un corsage…
Maintenant Firmin creusait des sillons à force cachée,
Le grognement régulier du tracteur aux chevaux lâchés,
Épousait la douceur des lieux puis s’y fondait fâché…
Je prenais conscience que la vie est simple officine,
Elle puise sa force dans la communion des routines,
Mariant les êtres, les souffles, le temps qui fascine…
Je frissonnais, je mesurais à peine qu’un autre jour,
Quand les hommes auront lancé le grand abat-jour,
Nous aurons fini de voir le soleil pour toujours…
Lisez mes histoires sur les bestioles au monde,
Elles sont le reflet de mon âme et tour de ronde,
De nouvelles traces historiques aux vils immondes…
Je ramassais mes aquarelles et mes carnets de contes,
De plénitude je venais de m’emplir à bon compte,
Je quittais le précieux matin, ce soir je vous le raconte…
Mon Dieu, trouverais-je un jour le style et le brio,
Pour aux enfants léguer un si beau scénario,
Celui de mes pauses, jadis, à l’étang du père Couriault…
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)
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Voilà que je rentre dans ma chambre épuisé,
Mais de mes mots mon esprit est aiguisé,
Tant vous servir Elisabeth, est espoir déguisé…
Ma Reine, le manant que je suis ne peut espérer,
Un seul de vos regards qui serait ma joie déférée,
Entre vos actes Saints et mes émois différés…
C’est au son de votre cloche que j’accours rêveur,
Avec toujours l’espoir que vos doux yeux bonheur
Daigneront un jour y déceler l'amour sans leurre…
Que je vous trouve emplie de sagesse et de beauté,
Si digne à régner par vos dentelles fines et cachées,
Que je vous désire ma noble folie, ma douce ailée…
Vous, si inaccessible, si emprunte de gestes délicats,
Vous, si élancée, si parfaite à ôter les indélicats,
Vous, si forte pour abaisser l’ennemi en reliquat…
Je vous aime Reine, sans que vous ne le puissiez,
Moi qui à chaque jour prépare les mets princiers,
Moi qui à chaque four use d’ingrédients limiers…
Qui suis-je ? Dans quel état j’erre ? Par cette cuisine
Je saurai allumer le feu de vos éclairées officines,
Et demain, vous détacher de vos obligations divines…
Ce matin c’est une truite de la belle Provence,
Que je marierai des épices de Saint-Paul-de-Vence,
Et des meilleurs vins de cuisson pour notre chance…
Moi Vatel ! Moi meilleur Viandier de France,
Je vous aime Elisabeth, je vous aime en transe,
Et dans vos cantines je voudrais une délivrance…
Voici par mes commis, une bécasse à l’églantier,
Une truite sauvage au thym et lavande persillée,
Un cochon de lait au miel et vinaigre déliés…
Prenez et mangez, goûtez l’amour que je vous dois,
Sentez les odeurs riches et sucrées entre vos doigts,
Ma muse, je cuisine comme je vous aime en soit…
Mais quand vient le soir, la journée épuisée,
De mes mots sans mes couteaux aiguisés,
Je vous aime Elisabeth, mes émois déguisés…
Cuisines, vins et amour se confondent et sont liés,
L’art en somme se conjugue de mets variés,
Au point que Reine en épouserai son fin cuisinier…
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)
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De son vrai nom Fritz Karl Watel d’origine suisse.
Maître d’hôtel du Grand Condé. Sa mort, le 23 avril 1671,
est relatée dans deux lettres de la marquise de Sévigné
adressées à madame de Grignan, sa fille.
En effet, à un dîner que le prince de Condé offre
au roi Louis XIV au château de Chantilly (Oise),
le poisson n’est pas livré à temps et Vatel,
s’estimant déshonoré, se poignarde de son épée.
Le corbeau...
A qui est l’arbre si ce n’est à corbeau et pie ?
Branche est née pour un perchoir servi,
Ici, maître est chanteur au-dessus de l’épi…
Par La Fontaine il attend, porteur de fromage,
Mais en dépit, se contentera d’un autre passage,
Et d’une nouvelle posture comme d’un autre adage…
Défiant le maître, je prends la plume ce soir,
Pour vous raconter histoire et vieux déboire,
D’un oiseau commun qui accumule désespoir…
Le corbeau maître chanteur…
Voici un corbeau qui laisse aller le renard,
Puis l’interpelle de sa hauteur en bon briscard,
Sans laitage, lui chantant mélodie comme cithare…
Il faut dire qu’en cet hiver, chaque bête est malade,
Toute viande est froide et tout cerveau en marmelade,
Tant la bise perce, tant les mets évitent l’enfilade…
« Monsieur ! dit le corbeau alléché,
Je vous trouve bien mal en pattes et fort séché,
Par des faims sûrement et l'envie de tout lécher… »
« Si vous saviez virtuose corbeau, le grand festin,
Je cours au village pour un show destin,
Celui de me sustenter et faire ventre plein… »
Le corbeau n’est pas prêt d’être tenté, l’aile gelée,
Mais le ventre vide, joue du bec vingt notes en volée,
Croasse, agace, produit des sons désenchantés…
Le renard ruse les oreilles brisées :
« Mon seigneur, mon maître, vos cordes si vocales,
montrent que ruse est à renard comme canards au musicale,
votre fifre produit si beaux sons, que je fais une escale… »
Or, toute la forêt fuyait le criard endroit,
Tant la chanson du corbeau assommait d’effroi.
Même les fourmis, ces sourdes, lâchaient toutes proies…
Le corbeau épris de ses airs, charmé par le renard,
Redouble à flûter comme crapaud dans sa mare,
Imitant par le froid terroir un pire tintamarre…
« Maître chanteur, dit le goupil, venez donc ce soir,
au village est un concours de siffleurs devant miroir,
et qui éblouira de chants gagnera blé et mangeoire… »
« Un concours ? Avec un public connaisseur ?
Des mélomanes prêts à écouter le bonheur ?
Je vous suis comme le pianiste un médiateur… »
Le renard rit de sa facilité, voyant un corbeau voler,
Au dessus d’un chemin qui le mène à convoler,
Avec sa ruse qui par des mots à su dévoiler…
Là, au village, le strapontin éclairé va appâter,
Un maître queue qui chante le cerveau épaté,
Pour une foule dans le noir qui va s’empâter…
Le corbeau fait vent de notes au ras du sol,
A mi-chemin entre ténor et vieille casserole,
Usant du ré du do droit, la langue folle…
Et quand le répertoire à tout le monde disgracié,
La lune finit par éclairer un public carnassier,
En fait, mille renards au piège pour scier…
Le corbeau salue, s’oublie, puis bêtement,
Fait rappel pour un concert joué si finement,
Par mille assauts, disparaît sous les gourmands…
L’artiste parfois oublie de rester humble à défendre
Son œuvre qu’il veut à tout prix bien vendre,
Au risque d’être avalé par un public peu tendre …
Le roi renard rote, puis repart en chasse sans palier,
Il a mille bouches à nourrir et se doit de spolier,
Tout imbu par le bec entre les hauts peupliers…
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
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Collection Histoires d’en penser Alzabane éditions - 46 bis rue des Vignes, 92140, Clamart (France). Tel : +33 1 46 48 72 21
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- Lettre à Joséphine - 12 « fables des îles »*, délicieusement poétiques et exotiques... Jean-Marc Wollscheid: la musique des mots C’est le véritable coup de coeur littéraire d’Alzabane éditions en 2009 : résidant en Martinique depuis 1999, Jean-Marc Wollscheid offre avec Lettre à Joséphine un magnifique recueil de 12 fables originales, d’une poésie remarquablement ciselée, délicieusement chantante, mais aussi, superbement exotique.
Tel un Jean de La Fontaine contemporain, ce fabuliste et conteur-né, sait aussi bien orchestrer les rîmes que le récit : il met en scène une faune mystérieuse dans une flore colorée où toutes les rencontres sont possibles. Et s’il s’inspire très largement des Antilles, et de la Martinique où il réside, Jean-Marc Wollscheid sait aussi donner à ses textes toute l’universalité des fables. « Le Héron et la Tortue », « Le Prince et le Sucrier », ou encore « Le Coq au Pitt » sont autant d’histoires qui nous marquent tous, d’autant plus qu’elles offrent autant d’humour que de tendresse.
Fin observateur des hommes et de leurs paradoxes, Jean- Marc Wollscheid peint aussi une galerie de personnages aussi simples qu’attachants comme l’étonnant « Serrurier de Terreville », ou la si maternelle « Man Françine » et conclut superbement le recueil par la très sensuelle et romantique « Lettre à Joséphine » ( qui donne le titre au recueil). On lira également quelques fables plus « métropolitaines » tel « Château Père Lacour » et « Le renard et la grenouille ».
Jiména Tello : illustrations chaudes et mystérieuses Afin d’accompagner la dimension universelle de ces fables, tout en conservant leur exotisme, Alzabane éditions a fait appel à un talent actuellement en plein essor : Jiména Tello. Cette illustratrice argentine met en oeuvre, dans ses 38 peintures, une superbe composition de couleurs, chaudes et mystérieuses. Jiména Tello s’affranchit de toute représentation exacte des Antilles, que ce soit dans les lieux, le temps et les personnages. Elle s’en inspire pour peindre l’imaginaire si riche et si gai de l’auteur, celui d’un merveilleux fabuliste « des îles » *sous-titre définitif du livre à sa sortie en lieu et place de « recueil »
A recommander en CM2 et 6ème, idéalement de la 5ème jusqu’à la 3ème Notre bande-annonce bientôt sur www.alzabane-editions.com
♦ L’auteur : Jean-Marc WOLLSCHEID Né en 1964, en Moselle, ancien animateur radios, Jean-Marc Wollscheid s’est installé au départ du petit village de Sorbiers dans la Loire, à la Martinique en 1999. Il publie ses contes et fables sur le site peintredesdom.centerblog.net et intervient dans les classes de CM1, CM2 et collèges.
♣ L’illustrateur : Jiména Tello offre une très belle peinture d’un monde imaginaire et exotique, inspirée des îles des Caraïbes et particulièrement de Martinique.
- Parution : 3 octobre 2009 - ISBN : 978 2 35920 001 0 - Prix : 14,50 € TTC - 80 pages / 38 illustrations couleurs - Format : 11,5 X 18,5 cm / reliure cousue A partir de 11 ans
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Un renard allait manant, la queue basse le corps baillant,
Entre les fougères il tirait sa faim les yeux fort brillants,
En quête, les dents longues, museau fier humant…
Le rat, lui, roi rongeur, fronde sur le chemin battant,
Et de son pavillon stoppe la progression du vieux léchant,
Sûr de ses verbes, joueur, de croiser la ruse par ses champs…
« Oh là ! Du fouillant, dit le rat guettant, oh là ! Roux goupil !
j’aime vous voir sur mes terres aller piégeur à l’heure pile,
et de mes frères et autres cousins tenter festin qui s’empile… »
Le renard sait qu’ici, un noble rat fait du mot juste emploi,
Qu’il règne sur des générations de voleurs haut son beffroi,
Et qu’à ruse égale, le combat sera littéraire et froid…
Le renard s’avance :
« Voyez Messire, voyez sous la lune claire,
un utile chasseur de criquets, qui après repas veut dessert,
et d’un pas leste, s’use à nettoyer le superflu de vos terres… »
Le rat chicote :
« Oh là donc ! Fieffé coureur, vous-ici sans mauvais airs ?
Vous ! Cherchant mets sucrés seulement, et pas autres chairs ?
Vous ! Allant droite voile sans aspirer rat d’eau et calvaire ? »
Le renard met scène :
« Je vous l’assure dit le chien fer, j’ai dîné à l’heure ce soir,
d’un agneau que le paysan voulait offrir à mon désespoir,
je me sustentais si pleinement que j’en voudrais bien m’asseoir… »
Le rat botte :
« Dites-moi alors, pourquoi votre museau était au sol et si,
par monts et par vaux vous n’étiez pas indélicat et précis,
à vouloir fauve, affûter bonne ruse et bel appétit aussi… »
Le renard défend :
« Point du tout mon seigneur, que nenni,
voyez en moi plutôt l’otage d’une mission sans déni,
celle de chasser tout ce qui est malade et qui nous nuit… »
Le rat qui connaît bien la messe, use de sa matière grise,
Mais affiche tout de même sa santé sans possible méprise,
Au cas où, le renard voudrait de lui, faire une haute prise…
De son sommet, le roi étale sa forme et danse même,
Afin de montrer sa brillance et sa queue qu’il sème,
La corpulence de bons soins qu’il se prodigue en bohème…
Le renard approche du rat perché, et par une patte ailée,
Gratte sans pouvoir attraper le roi heureux zélé,
Qui, par une faim du soir pourrait se faire avaler…
Le renard ose :
« Mon seigneur, je vous trouve si beau dans votre opéra,
si fragile à vous dandiner dans un bal de petit rat,
dansez encore ! je vous en conjure ! et mon plaisir sera… »
Le rat joute :
« Sentez ma noblesse, voyez mes cadences et façons balancées,
encore, sans musique, je vous montre l’artiste qui sait valser,
virevolter, sauter, puis maintenant aussi, bien tanguer… »
Le renard fuse :
« Aucune représentation mon seigneur n’est si précieuse,
aucun spectacle n’est plus chatoyant que votre ronde rieuse,
que seul un cygne oserait, sur un lac de vagues pieuses… »
Le rat oublie sa hauteur puis, emporté, tombe de sa tour,
Les pattes gracieuses, le corps volant, le cerveau lourd,
Il se retrouve au bec d’un chacal et maître vautour…
Quand, au museau sa proie, le renard cherche un habitacle,
Voilà mille rats cachés derrière le beffroi visant le spectacle,
Mille guerriers fans, prêts pour sauver le roi d’un tacle…
Le renard crache son gibier, puis sa ruse, bien mal venue,
Tant la foule accourt pour changer la faim convenue,
Du goupil qui d'un jeu croyait avaler toutes revues…
Devant la puissance d’une foule mélomane et haineuse,
Voici un renard sur un beffroi jouer la grâce danseuse,
Contraint devant le roi et tous ses rats, d’être valseuse…
Le rusé sait aussi user de la force,
Tel est pris qui croyait prendre en amorce,
Renard doit opéra pendant que roi bombe torse…
Plus tard, après les tangos et les pas meringué,
Quelques os de renard s’éparpillaient sur le gué,
La foule repue et le roi rat fort distingué…
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
C’est bon de penser qu’animal même cornu soit littéraire,
Que dans la ferme, les bêtes ont parfois bon itinéraire,
Et que l’âne est maître par l’étude du regretté Césaire…
Foi de paysan, quelle bonne idée un jour d’acheter,
A la foire du village une malle pleine de livres rejetés,
Et de l’avoir au fond des foins, bien installée…
La curiosité des bestioles fut telle devant l’objet patibulaire,
Qu’une ronde se formait engendrant d’abord une colère,
Puis à son ouverture des intérêts pour Baudelaire…
L’âne, plein de sagesse, usait de sa vieillesse joviale,
Pour le premier, feuilleter un auteur parfois bestial,
Et par l’assemblée, lire des vers ou un passage impérial…
Le cercle attentif devenait foule de moutons en haleine,
De chevaux, de vaches, de poules et de canettes pleines,
Qui, avec délectation écoutait le bâté oser du Verlaine…
Au fond de la grange, un troupeau de chèvres savouraient,
La douce folie des auteurs qui profondément les touchaient,
Au point Messire, de pleurer chaudes larmes qui noyaient…
Le maître conteur, de ses hautes oreilles semblait peu baudet,
Plus noble, emprunt des lectures de savants follets,
Et du moulin à parole sortait les lapins d'un roi Daudet…
Parole d’auteur, moi qui discret, suivait de loin la scène,
Je ne pouvais empêcher les sons de devenirs Messène,
Et de se propager dans les champs de seigles sans peine…
La ferme devenait ainsi le théâtre des glorieux animaux,
Cent chèvres emprisonnaient le moindre effet de mot,
Et découvraient des hommes le sûrement bel Hugo…
Mais quand rotule le cheval autiste compta ses traits,
Puis s’arrêta pour évoquer les acrostiches en attraits,
Même les coqs s’égosillaient de la beauté sans retrait…
Maintenant, cher lecteur, je vous le dis à l’envers,
Mon cœur explosa, ma plume se mit à vouloir faire,
Les plus beaux textes à la façon du grand Prévert…
Voilà un groupe de cornu qui découvrait la littérature,
Éclairée d’humaines attitudes et de poésies en aventure,
Marquées par le sceau de philosophes aux tendres postures…
Qui l’eut cru ? Que chèvre serait atteinte, en quarantaine,
Entre les quintaux de blé et les brouettes pleines,
Que Diderot et Esope feraient mouche comme La Fontaine…
Je repartais de la scène, empli, laissant ferme et terres,
C’est bon de penser qu’animal même têtu soit littéraire,
Que dans les granges, chèvres et moutons lisent Césaire….
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Ma donzelle,
Ce matin je rencontrai l’insolence, la félonie,
Un jeune freluquet auteur de viles calomnies,
Un piètre, un rustre fou, une ignominie…
Moi Mousquetaire de France, moi, accroché et sali,
Je vous le dis, c’est de mes gants anoblis,
Que je tentais de festoyer tantôt du malappris…
De mon bras armé je m’amusais de ce jeune homme,
Et par des coups étudiés j’allais l’occire en somme,
Jouant de ses vents comme de ses tendres formes…
Au pire moment de mes capacités à le diviser,
Je me rappelai l’amour que je vous porte, belle fée,
Par mon geste, l’ôter, vous aurait blessée mon aimée…
Alors, au pire de ma haine, l’épée aiguisée et rebelle,
Je retins ma main et le sang de votre ritournelle,
Pour vous laisser vivre cet amour que je sais sans aile…
J’ai tant vécu ma douce, tant aimé vos airs, vos touches,
J’ai tant combattu le temps, les rides, les escarmouches,
Je me délectais de votre jeunesse, moi, vieille souche…
Mon Héolïse, mon jeu follet, mon bâton de vieillesse,
Voyez cet amour qui laisse une place, une messe,
Pour un coquin, votre gentilhomme, vos tendresses…
Sachez donc ce soir, qu’un prince sait aussi épargner,
Sait pardonner l’amant qui par vos volets à su gagner,
Votre cœur fragile, vos naïvetés que je ne saurai renier…
Je vous aime et vous laisse cette aventure en verdure,
Je vous aime et cesse de vous considérer mon armure,
Exclusive à mes attraits, belle en donjon et ferrures…
Vivez ! Soyez insolente ! Osez aimer ce capucin !
Moi, je serai là pour plus tard sécher vos chagrins,
Mon épaule ferme vous tiendra riche lieu, sans embruns…
Allez ! Osez ce diable en vous livrant sans retenue,
Je vous aimerai encore après ma mort c’est entendu,
Profitez d’une semi liberté que je veux bienvenue…
Mais petite, gardez souvent un sourire à mon être,
Et demain, brillez de votre juste présence peut-être,
Car c’est de votre âme que je ne puis me remettre…
Comte D'Artagnan...
Par la peur de perdre l’essentiel d’une vie, une enfant,
Voici un père éperdu, un amoureux qui se défend,
Puis laisse sa part aux impératifs du bien décent…
La chair de sa chair épousa le petit homme tendre,
Avec la bénédiction de ce père qui aurait voulu attendre,
Avant de voir sa fille si jeune, déjà s’éprendre…
L’amour d’un père pour ses entrailles est parfois tel,
Que son bras est bien trop lourd sans attèle,
Pour y conduire sa fille au pied d’un maudit autel…
La fille de Charles de Batz vécut très heureuse... Le père, dit D'Artagnan,
mouru d'une balle de mousquetet le 25 juin 1673 lors du siège de Maastrich…
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
D'Artagnan, de son vrai nom Charles de Batz-Castelmore, comte d'Artagnan, est un homme de guerre français né entre 1611 et 1615 au château de Castelmore, près de Lupiac, en Gascogne (dans le département actuel du Gers) et mort au siège de Maastricht le 25 juin 1673.Source Wikipedia
Elancée, droite et fière sur des talons nus de glaise,
Ma Fille, ma Femme, ma Mère, qui sûre genèse,
Affronte les temps, les siècles ne vous déplaise…
Oh toi ! la native !
Oh toi ! la festive !
Oh toi ! la réactive !
Regarde celle qui, féminine icône, belle salvatrice,
Toujours debout si tendre institutrice,
Force la volonté par des armes correctrices…
Je t’aime comme il se doit, comme il va de soi,
Je cherche ton cœur à mes larmes, à mes émois,
Tu es la joie de mes jours et mes nuits de soie…
Regarde les fougères et les cannes semer les champs,
J’écoute tes prières lancinantes, tes ancestrales chants,
Gardienne des lois, garante des passés trébuchants…
Femme, frêle, douce, qui décide des paix et des amours,
Qui élève les hommes au rang d’avenir sans détour,
Toi mère, qui repousse les guerres et brave les vautours…
Ma fille, adorée enfant, sang du sang, chair des chairs,
Ma part, ma vie, mon avenir si riche et clair,
Te donnerais-je assez, serais-je sûrement nécessaire ?
Oh toi ! patiente !
Oh toi ! consciente !
Oh toi ! liante !
Que serions-nous sans tes ventres ronds, tes seins lourds,
Que pourrions-nous ma mère, sans tes gestes d’amour,
Que laisserions-nous sans tes repères, tes beaux jours…
Ou irais-je ma grâce, dans quel ciel, par quels alizés,
Si à mes côtés tu n’étais pas la plus censée,
La plus aimante, la belle attentive à mes pensées…
Alors, femme créole, fleur de Madinina, sûre idole,
Par tes courbes efface mes doutes donne-moi l’obole,
Nourris-moi enfant, assure-moi plus bel atoll…
Elancée, droite et fière sur des jalons de glaise,
Ma fille, nos femmes, nos mères, ma genèse,
Affronte les temps, les siècles pour toute aise…
Oh toi ! naissante !
Oh toi ! nourrissante !
Oh toi ! caressante !
Alors, femme créole, éternelle, vivace danseuse,
Par vos courbes plus belle femme, mon amoureuse,
Je vous aime, je vous veux battante et charmeuse…
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Si vous saviez ma tendre amie, si vous saviez,
Que vous me manquez, trésor, si vous saviez,
Si vous entendiez mon amour, si vous l’usiez…
Les vents de vos aises parfumaient mes émois,
Vous, jeune, palpitante sous vos antres toits,
Je lisais d’en face vos traits, vos jeux étroits…
Ma chandelle est morte, moi, je jauge voiles,
Caché, voleur de nuit, voyeur de vos étoiles,
Palissant quand vous disparaissiez de ma toile…
Je maudis mes conditions, Montmartre martial,
Qui fait de moi un poète nu sans initiale,
Un fifre, un roitelet aux sifflets bas, bestial…
J’aurais voulu franchir les vents, les fils d’acier,
Et par votre linge m’enivrer, vous bercer d’amitié,
Passer de mes errances à vos volets, belle initiée…
Si vous saviez ma tendre amie, si vous aimiez,
Que vous me manquez, trésor si vous tentiez,
Si vous chantiez mon amour, si vous l’usiez…
Le courage me manque pour oser certains soirs,
Gravir votre allée et en face cesser d’entrevoir,
A peine vos lignes, vos courbes et mon désespoir…
Et quand tête basse je vous croise sur les pavés,
Je hais mon corps et mon esprit sans épée,
Ma plume, qui retient langue liée et cœur levé…
Je vous suis transparent moi qui tout connais,
De vos danses entre chambre et fleuri balconnet,
Vous qui osez parfois, nue, me rendre simple objet…
Quand les mardis je vous cherche sur nos marchés,
C’est de loin, piètre agent, que je scrute caché,
Vos paniers, vos sourires, vos pas détachés…
Mes journées se languissent de nos tendres soirées,
Où seul, je vis à l’ombre une histoire folle osée,
Où je m’emplis de vos sens et de vos airs bercés…
Si vous saviez ma tendre amie, si vous saviez,
Que vous me tuez, trésor si vous saviez,
Si vous regardiez mon amour, si vous osiez…
Je clos cette nuit mon manuscrit, poèmes fades,
Et pour vous ma tendre amie, ma belle Jade,
J’irai par devant notre Roi narrer belle escapade…
Je vais affronter mes pères ce soir, et pour vous quitter,
Je saurai être le bon conteur de mes sentiments habités,
De vos jeux flous qui enflamment les miens étriqués…
Ma Jade, soupçonnée, ma Jade perlée d’amour épié,
Je vous aime et n’ose vous dédier ma tendre amitié,
Mais demain auréolé, je serai à douceur égale, votre marié…
Texte écrit par Anselme le poète à Jade Pichon servante, 1709.
Anselme ne trouva jamais le courage d’approcher Jade, sa voisine,
A Montmartre les bâtiments se touchent parfois, les âmes pas toujours…
Anselme fut anobli, pour la qualité de sa poésie par Louis XIV,
Il devint marquis, libertin, sous un pseudonyme empreint…
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)