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La fourmi et le papillon...

Publié le 24/07/2009 à 15:09 par peintredesdom Tags : papillon baudelaire wollscheid contes fable fourmi

 

Une fourmi allait gracieuse loin de ses soeurs,

sûre de quitter la fourmilière et ses collectifs labeurs,

elle en avait assez de supporter le poids des leurres.

 

Elle se percha sur une branche verte,

entre les feuilles et les alizés alertes,

prête à tout pour ne pas tenter sa perte...

 

Comme un nid était vide, elle y posa l'abdomen,

et jura ici-bas, d'y construire son domaine,

surtout plus tard d'y pondre, foi de rouge naine...

 

Mais le sort est parfois tatillon et même taquin,

au point que dans la paille une larve est en satin,

en cours de palpitations, en phase d'artifice jasmin...

 

La fourmi pourrait dévorer la bête qui éclot,

mais au contraire, l'aide dans son décor enclos,

la pousse hors de son cocon sonnant la fin des clos...

 

Le royal papillon déploie ses frêles merveilles,

sur le bord du nid absorbe ses premiers soleils,

puis frissonne pour mieux accepter une vie d'abeille...

 

La fourmi est éblouie par l'étendu arc-en-ciel,

le jeu des couleurs lui montre l'amour essentiel,

puis, jaillit de l'ouvrière un flot de sucré miel...

 

L'insecte multicolore se sent redevable et emprunt,

il accepte sur son dos la fourmi contre les embruns,

puis, tout deux s'envolent pour des doux parfums...

 

Voilà fourmi à dos de papillon claironner la fête,

que voler haute en couleur est nouvelle quête,

avec son ami virevoltant, des idées plein la tête...

 

La fourmi, naguère usée, gagne une vie de voyage,

une envie d'amitié, se découvre âme et bagage,

et enfin l'amour, pour papillonner loin de l'esclavage...

 

Voilà un majestueux papillon porter sa passion,

celle pour une fourmi en mal d'affection,

et vouloir au tout début des temps, juste confection...

 

C'est depuis que les reines fourmis ont des ailes,

leur vol est le fruit d'un amour éternel,

entre un primaire papillon et une frêle donzelle...

 

S'entraider mène toujours à l'amour,

l'amitié, les partages, les sucrés jours...

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)



Ballade sur vos chemins...

Publié le 24/07/2009 à 14:43 par peintredesdom Tags : fables traces contes poèmes wollscheid livres baudelaire

 

Rappelez-vous Madame de ce chemin boisé,

Le jour ou j’osai prendre votre main zélée,

L’après-midi de nos rêves, de nos envolées…

 

Alors main dans la main nous étions adolescents,

Insouciants aux gens qui passaient dans notre vent,

En symbiose, oubliant le monde si pressant…

 

Rappelez-vous que nous soulevions les barrières,

Vous aviez peur du loup, moi de vos chimères,

Nous étions heureux, nous étions fous, avant-hier…

 

Et soudain nous faisions communions de la nature,

Les oiseaux nous chantaient une belle aventure,

Vous frissonniez de rencontrer une mésaventure…

 

Alors pour vous rassurer, l’alizé nous frôlait,

Chaudement notre ami, de vous il s’amusait,

De vos frissons et de vos chaires, il jouait…

 

Comme était grand notre bonheur chère Madame,

Vous, plus belle fleur, moi, le joueur de gammes,

Et nos deux cœurs se mariaient de fortes lames…

 

Maintenant vos battements usaient les miens,

Votre sourire se fondait aux lys comédiens,

Nos deux corps se chamaillaient aériens…

 

Je vous aime Madame, plus que vous ne l'espériez,

pour nos deux âmes je m'en vais prier,

et obliger les cieux à vous laissez m'apprécier...

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)

 

 

La maison aux rideaux blancs...

Publié le 23/07/2009 à 16:20 par peintredesdom Tags : fables contes poèmes wollscheid livres baudelaire

 

Moi l'artiste sans le sou,

Moi le saltimbanque de rien du tout,

Moi qui à la chandelle économise le moindre bout,

Je suis parfois ce que je suis, un rêveur fou...

 

Je me prends à songer d'avoir une maison blanche,

ombragée de hauts arbres qui jamais ne flanchent,

de jasmins odorants qui abreuvent les mésanges...

 

Je me prends à te vouloir à mes côtés,

que tu sois la femme aimante, belle arrimée,

et que cinq enfants nous disputent des tranquillités.

 

Je me prends à espérer que tu me dis la vérité,

que ta vie d'aujourd'hui tu vas bien la quitter,

que tu pèses tes mots quand tu me dis tout laisser...

 

Je me prends à te voir dormir sur mon oreiller,

sereine et heureuse que nous ayons tant veillés,

épuisée d'avoir su, fluette, émoustiller...

 

Je me prends à croire que derrière chacun de mes écrits,

tu entoures mes épaules de tes airs poivrés, moi épris,

et que ton seul souffle m'inspire au point que je le décris...

 

Je me prends à imaginer une demeure aux douces voilures,

laissant passer les alizés de nos sentiments sans gageures,

les cris de nos enfants, les joies de nos amis sans parjures...

 

Je me prends à te sentir amoureuse sans teint varié,

que ta vie, tu ne la dédies qu'à mes volontés alliées,

que nous vivons ensemble, simplement, mariés...

 

Moi l'artiste debout,

Moi le saltimbanque de rien du tout,

Moi qui à la chandelle économise le moindre sou,

Je sais parfois ce que je suis, un rêveur bien trop fou...

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)

 

 

La 'Grena' de Fernand...

Publié le 23/07/2009 à 16:15 par peintredesdom Tags : motobécane livres wollscheid contes fables guadeloupe grena

 

L'autre jour, je me rendais sur la Guadeloupe par la mer,

j'avais deux emplettes et trois clients à satisfaire,

c'est à Bas-du-Fort que je renversai Fernand Montfière...

 

A peine sorti du port, je grimpai dans l'auto sans avis,

la location de cette voiture me coûtera trois fois une vie,

les affaires devront être bonnes pour éviter que je dévie...

 

Dans ma petite automobile je roulais tranquille,

quand sur la droite Fernand débouchait 'La Grena' facile,

je ne sus que le faire voler d'un coin d'aile fébrile...

 

Je stoppai mon auto de mort, et secourus l'oiseau,

lui, était les fers en l'air, sans cassures par les os,

mais sa moto s'éparpillait en mille morceaux...

 

Voye, Voye, je me voyais déjà en bas de l'échelle,

en prison, et pire, ne jamais avoir un retour rebelle,

tant j'avais cru mon Fernand, haché sans selle...

 

Le brave homme rassemblait ses pièces détachées,

le guidon en main, les jantes aux rayons épilées,

Le monsieur était blessé que sa Grenasoit pliée...

 

Le Gugusse était très énervé, mais entier, Dieu soit loué,

je comprenais dans son joli créole bien chanté,

que sa mobylette valait de l'or... Objet collectionné...

 

Après moult disputes et palabres disproportionnés,

Je faisais au motard des excuses bien additionnées,

puis il m'invita chez lui pour en mieux discuter...

 

Je découvrais alors ici, la passion des anciens,

pour ce modèle de vélomoteur c'est certain,

Dont la valeur dépassait la raison, et de loin...

 

La maison de Fernand était en fait un musée,

dédié à cet engin qui partout était cuisiné,

prenant la place d'une femme et de trois bébés...

 

Pire encore, dix squelettes d'acier pendaient au plafond,

les chaises étaient des moitiés de cette moto de fond,

les lampadaires des roues, les phares des carafons...

 

Mais je ne pouvais pas croire ce que je voyais là,

Fernand avait pour seul lit, une Grena sans drap,

dans une chambre-garage, coquette, mais pleine de gras...

 

 

Sacré Fernand, qui ne vivait que par ses deux roues,

avait ni femme, ni même besoin de deux sous,

juste sa passion qui le rendait amoureux et fou...

 

Les pièces de la 'moto-bécane' sont si rares et prisées,

qu'elles ont la valeur de l'or en Guadeloupe, entre initiés,

au point que chaque vente se fait avec dix policiers...

 

Si vous avez chez vous une mobylette sans bobos,

année-modèle 1970, bleue ou orange, soyez bon coco,

appelez mon éditeur pour me contacter tout de go...

 

Je vous mettrai en relation avec mon Fernand,

qui vous achètera en barres la motocyclette, sachant,

que je ne prendrai ni la transmission ni un cadran...

 

En arrêtant la production de ce cyclomoteur,

Motobécane à causé aux Antilles un grand malheur,

et à certains retraités, coupé le seul moteur...

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)

 

 

 

 

Manouchebel...

Publié le 17/07/2009 à 23:36 par peintredesdom Tags : fables contes livres famille wollscheid baudelaire

 

Je me souviens d'un grand portail vert, d'une allée,

de cailloux blancs qui jonchent mon enfance envolée,

un train qui passe, les heures insouciantes parties en fumée...

 

Je me souviens d'un château, un vieil homme au dos courbé,

des enfants heureux de pouvoir enfin se retrouver,

des femmes qui préparent la cuisine, les odeurs épicées...

 

Je me souviens un clos, un pré si grand que je m'y perdais,

des graviers qui s'enfoncent dans mes souliers sans lacets,

des parents qui vivaient leur jeunesse, leurs tendres versets...

 

Je me souviens de la joie de mes oncles, des clopes vertes,

du mouton qui grillait, des senteurs d'orient et certes,

la foison de mets qui s'entremêlaient aux mots alertes...

 

Surtout, je me rappelle de cette belle et grande famille,

venue de loin puis coller comme on colle une estampille,

nous étions un roc, un île, un lien universel, une quille...

 

Roger, Alain, Jean-Pierre, ou Ghislaine, France, Martine,

la fratrie était marquée du sceau de l'amitié par les cantines,

Et tous les autres en ribambelle, s'aimaient sans badine...

 

Je me souviens d'une reine-mère, une rieuse grand-mère,

une adorable femme qui avait donné son âme grégaire,

qui avait tout sacrifié pour voir ses enfants en juste terre...

 

Je me souviens entendre les dimanches arrivés, moi rebelle,

les mots tendres, parlés à l'encre d'un bourg, Miribel,

« voilà mon Jean-Marc, il a grandi, Manouchebel !! »...

 

Comment oublier, Odette, tes rires qui ne finissaient jamais,

le pot de chambre qui te secourait par des gendres coquets,

ton tablier, comme pour toujours nous inviter au respect...

 

Alors à grand coup de Méchouia, de poivrons rouges mêlés,

de sauces piquantes, tu as su nous donner le goût d'aimer,

de toujours savoir nous rassembler, et moi de me rappeler...

 

Tu as fini par ranger les cartons de ta genèse, l'esprit volé,

oublié tout le monde, trop occupée à vouloir bien expédier,

tu es partie rejoindre 'La Goulette' et sûrement notre pépé...

 

Je me souviens d'un grand portail vert, d'une allée,

de quais sereins qui bercent mon enfance dévoilée,

un plein de glaces, les 'Manouchebels' à jamais enterrés...

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)

 

Carnet de contes & fables des Antilles Le LIVRE

Publié le 14/07/2009 à 18:48 par peintredesdom Tags : fables contes livres crotale vipére wollscheid baudelaire
Carnet de contes & fables des Antilles Le LIVRE

Je suis très heureux de vous présenter :

"Carnet de contes et fables des Antilles" aux éditions Baudelaire...

 

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Jean-Marc Wollscheid.

Le génie du Morne Vert...

Publié le 14/07/2009 à 18:37 par peintredesdom Tags : fables contes livres morne vert wollscheid baudelaire

 

Chez nous en Martinique, les collines sont des Mornes,

Et les Mornes sont parfois rouges et d'autre fois verts,

Voici l’histoire d’un montagnard aux couleurs sans bornes…

 

Je vais vous l’appeler 'José' pour qu’il ne se reconnaisse pas,

Je ne voudrais pas le vexer en le racontant tout droit,

Car cet homme est un génie, il sera reconnu après son trépas…

 

A soixante-quinze ans ce Manitou apprivoise les sons,

Ancien coupeur de cannes, tout le disposait au mal du do,

Il va, en une année, devenir virtuose de ses feux moissons…

 

Mozart, Beethoven mes aïeux, rien ne lui résiste même ivre,

Les touches blanches et noires épousent sa volonté mélodieuse.

Son envie d'attraper des musiques use les pédales de cuivre…

 

A Morne Vert, tous les vendredis soirs, José donne un concert,

Pour cinq voisins qui se découvrent assoiffés mélomanes,

Tout comme les grenouilles, les mangoustes et les serpents-terre…

 

J’avais la chance d’avoir une place dans son jardin,

Entre les crapauds je découvrais pour de vrai,

Les plus grands compositeurs joués par José sans gradins…

 

Voilà que le coupeur de cannes, pendant ses années de labeur,

Entendait des accords très éloignés de sa biguine-terroir,

Et savait les reproduire par des coups de mains enchanteurs…

 

Les dons sont naturels dit-on, José était un musicien d’instinct,

Un érudit artiste, qui de sa machette battait antan les tons,

Un incroyable planteur qui mériterait les strapontins…

 

Quand je proposai à José de m’accompagner à Paris,

Histoire de le faire découvrir à mes gens de symphonie,

Alors, je connus la colère du plus grand des génies…

 

Le Monsieur n’avait jamais quitté son île,

Jamais envisagé de jouer dans une grande ville,

Encore moins d’aller pianoter en imbécile…

 

Quand José donnait un concert sur son Morne fier,

Ce que j'ignorais, c’est qu’il orchestrait les coléoptères,

Et que ses partitions, il les lisait dans le ciel aurifère…

 

Bon Dieu! José décryptait le secret des folles lucioles,

Elles lui éclairaient des chants de lumières en cabrioles,

Il composait leurs accords et les reproduisaient sans babioles…

 

Le bonhomme était l’instrument de nos fées des nuits,

Pendant la coupe de la canne et ses trente ans presque maudits,

Il avait découvert le soir, que les lucioles jouaient des harmonies…

 

Sans les éclairées danses de ses amies,

Comment alors, jouer sous les cieux de Paris,

Comment aligner les notes et les mélodies ?

 

Voici Madame, l’histoire de José par nos airs,

Qui lisait les lucioles comme on lit du Césaire,

Et qui sur son Morne, donnait leurs concerts...

 

Je ne sais pas si mon autre ami pianiste, Olivier,

A rencontré José qui habite son quartier,

Il faudra que je l’appelle, pour l’en initier...

 

En Martinique, Morne Vert est une jolie terre,

Faites-y une halte avant d’aller sur Saint-Pierre…

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)(9)

Le temps des cerises...

Publié le 14/07/2009 à 00:27 par peintredesdom Tags : baudelaire wollscheid cerise livres contes fables

 

Oh mon Dieu, me voilà sans foyer et sans abri,

Cesse toute indulgence pour ma condition d’aigri,

Protège ma fille, que notre amour soit sans un bris…

 

Ma puce, ma tendre délicatesse,

Papa s’en va, poussé par une diablesse,

Papa t’aime comme au premier jour, petite princesse…

 

J’ai peur, j’ai très peur de tes moindres maux,

Je fus tellement là pour les soigner de mes mots,

Te réconforter, t’enlacer et te rassurer tout de go…

 

Nous étions si inséparables mon petit cadeau de Noël,

Je n’ai jamais rien fait sans que tu sois là, douce cannelle,

Je ne vivais que pour t’épanouir, toi l’amour en ribambelle…

 

Papa est parti ce soir, ne crois jamais que c’est de ta faute,

Les adultes parfois s’habillent en cosmonaute,

Et sous leur scaphandre, sont de fieffés idionautes…

 

Belle poupée, papa sera toujours là pour toi, pense-le,

Pas loin de la maison, en attendant le jour heureux,

Où nous nous retrouverons pour des semaines à deux.

 

Quand vient le soir, si ton chagrin est trop fort,

Revois les jours où notre famille était sans tord,

Danse avec moi dans ton lit, on changera le sort…

 

Ma fée des câlins, ‘Madame Prout’ du matin,

Ton rire raisonne dans ma vie, il efface mon chagrin,

Le temps des Cerises est proche tu verras mon lapin…

 

Fait dodo Cerise mon amour,

Fait dodo je t’aime pour toujours,

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)



La vipère et le crotale...

Publié le 13/07/2009 à 23:53 par peintredesdom Tags : baudelaire wollscheid vipére crotale contes fables

 

Dans un désert aride et sans aucune douceur,

Vivent ensemble ribambelle d’animaux sans peur,

D’insectes, plus pesant que vile chaleur…

 

Voici en dédalle une As du pique, une langue diabolique,

Une verte mégère qui faufile ses mauvais airs andémiques,

Entre les cactus, les scorpions, et les roches épiques…

 

La vipère sonde chaque instant de sa fourche fière,

Pour trouver le met qui n’aura pas le temps d'une prière,

Et combler l’appel de ses sucs qui la creusent, pervers…

 

Parfois, sur les dunes incandescentes de la sans pitié,

Un os vient lui couper le sifflet, prenant feu son pied,

C’est le crotale, qui s’avance comme roi des flibustiers…

 

Le géant déteste la fluette peste, rampante diablesse,

Qui, sur son territoire, vise  les mêmes proies en détresses.

Dès lors, le crotale élimine sa concurrente altesse…

 

C’est à la croisée entre un baobab et une ancienne oasis,

Que les deux ennemis s’épient en pas de vices,

Radar contre radar pour humer d’envenimés sévices…

 

La vipère d’un coup de dent serait en peine,

Si le crotale l’enserrait de sa plus grande haine,

Si l’ennemi l’endormait de sa mauvaise haleine…

 

Le géant d’écailles subodore le venin de la sinueuse,

Et malgré sa froideur, devine crochets de maraudeuse,

Injection mortelle et satanée foreuse…

 

« Messire ! », dit la guêpe, au crotale qui  se joue de sa peur,

Voyez comme sans affront je laisse chemin rieur,

Et me glissant à droite comme à gauche sera votre bonheur….

 

Le crotale se croit le centre de la terre et fort supérieur,

 

« Vous n’avez rien à faire sur mes sols, insolente fluette,

Mon appétit est si sûr que je me dois de faire emplette,

De vos doux yeux et de vos entrailles qui jouent trompette…

 

« Oh ! Mon Seigneur, comme vous allez être déçu,

Vous, si long, à pouvoir manger un zébu,

De moi, vous aurez un os, un arrête, et puis rien su…

 

Le crotale qui ne bougeait pas d’une émotion,

Se mit alors à danser et chanter,  leste partition,

Opérant une hypnose, une osée représentation…

 

La vipère fixe le futur amoureux, tant son baiser,

Sera puissant et emprunt à vouloir l’embraser,

Puis, finalement, pour une joute est disposée…

 

Maintenant, voici deux ultimes rampants acerbes,

Jaugeant quel instant par cet endroit sans herbes,

Fera, dans un foudroyant assaut, oublier les verbes…

 

Le crotale recule cette fois, épousant la férocité,

En un éclair ! Fond sur la vipère qui devrait rêver,

Mais la baveuse esquive et agrippe l’agacé…

 

Les crocs de la naine s’enfoncent vaporeux,

Finalement, c’est elle qui embrasse le malheureux,

Fine véloce, guerrière qui tue le tout morveux…

 

Dame Nature joue des apparences trompeuses,

Aux plus forts, elle oppose des armes teigneuses,

Des chemins qui portent à l’équilibre, qu’elle fameuse…

 

L’homme se croit fort comme le crotale,

Il oubli qu’un minuscule moustique peu lui être fatal.

Dame Nature lui objectera demain une force sans égal,

Pour sauvegarder l'univers d’un désastre intersidéral…

 

 TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

Le chasseur d'arc-en-ciel... (Tous)

Publié le 01/07/2009 à 14:51 par peintredesdom Tags : livres édidions wollscheid jeunesse histoires contes pour enfants fables ciel

 

 

Voilà sous nos tropiques un fou,

Un homme au chapeau vraiment mou,

Un imbécile heureux, un fieffé Rapetou…

 

L’autre jour, je remarquais sur notre rocade,

Ce pied nu, ce pauvre en saccades,

Sur le dos, un grand sac d’escapade…

 

Sa charge était vide, juste remplie de rien,

De vent de rêves aussi, mais point de biens,

Il semblait scruter le ciel avec son chien…

 

Moi, l’artiste qui donne le temps au temps, espiègle,

De ma hauteur, mes jumelles visant comme l’aigle,

Je découvrais alors un peintre, un sans règles…

 

L’homme tentait devant moi d’attraper un arc-en-ciel,

Et d’un coup de son baluchon emprisonnait le ciel,

Le temps, les abeilles, mais jamais l’essentiel…

 

Rudy était un chasseur de chimères et de couleurs,

Il voulait dans son sac à dos le bonheur

D’avoir un jour capturé les primaires chaleurs…

 

Chaque jeudi de pluie, je le vois ici,

Chasser les arcs et ses idées farcies,

Comme un fou aux bons jeux de vie…

 

Voilà sous nos tropiques un doux,

Un homme au chapeau pas si flou,

Un érudit gamin, un intelligent en tout…

 

Je me demande souvent en lisant notre rocade,

Qui ! De Rudy ou des gens pressés en saccades,

Est le mieux loti dans son escapade ?

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)



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