Publié le 21/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
Un prince virevoltait près d’un lys au cœur sucré,
La langue bien tendue pour y aspirer le jus sacré,
Et au passage, quelques moucherons bien ancrés…
Le colibri puisse ses particules de noblesse en vol,
Tant il est le seul a pouvoir sur place, battre les cols,
Au point que ses ailes en disparaissent et nous enjôles…
Son royaume est dans la nature, parmi les manguiers,
Mais parfois, il goûte le miel entre nos balcons d’acier,
Se reposant ainsi de ses voyages sans cesse multipliés…
La beauté de ses luisantes activités le fait aussi chevalier,
Par de grâces allures il se joue des alizés torréfiés,
Et suspend le temps pour des mets buissonniers…
Le sucrier lui, est un voleur…
Votre sucre sera a lui tout à l’heure,
Moineau des hôtels et sûr guetteur…
Pour cet effronté, tout est bon s’il s’agit de sucré,
Entre vos têtes et vos quilles il déboule consacré,
Le jeu assuré, pique votre gâteau qu’il veut échancrer…
La robe noir et le ventre jaune rebiffe,
Vous ne le reconnaissez qu’après ces coquins passifs,
Sûrement trop tard pour devant lui, être agressif…
Un matin, je provoquais une rencontre tropicales,
Entre mes calices, je suspendais une coupe locale,
Et l’arrosai d’une liqueur de sucre pour étale…
Le prince des îles avança par bonds volés,
Puis se figea en l’air, face à la mangeoire convoitée,
Pour plonger sa langue dans mon nectar boisé…
Le manant, au sucré verbiage, aspirait aussi au cadeau,
Approchant subtilement le noble et huppé oiseau.
Il se posa non loin, sans outils pour être même angelot…
Le petit rat d’hôtels était bon aguicheur, voyons son culot :
« Mon seigneur, que vos ailes sont douées d’adresse,
et que votre langue abreuvée me sciait par sa finesse,
Vos enjoués atours, nobles, vous rendent plus sûr altesse… »
Le colibri, surprit de se beau langage, stoppa son gavage,
Bien naquis, il connaissait tout de la cour et de ses verbiages,
« Sachez monsieur, que mon plumage n’a d’égal que vos rusés adages,
et que l’obole par laquelle je me sustente sous nos nuages,
est si peu abondante, que rien dedans, n’est assez pour un gentil partage… »
Le sucrier approche de la... (Extrait de "Histoires d'en penser" aux éditions Alzabane
sortie octobre 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)
Publié le 21/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
En Martinique, quand le matin pointe ses lueurs,
Parmi tous les bateaux qui partent sans peur,
Il en est un tout vert, celui de Marco le chanteur…
Regardez-le, Marco, simple ténor et roi pêcheur,
Qui emporte trois hameçons et quelques leurres,
Juste de quoi gauler avant les douces chaleurs…
Car cet homme qui vogue aime surtout la musique,
Les poissons volants qui rasent l’eau, oiseaux atypiques,
Au point de les orchestrer avec des leçons magiques…
Quand son bateau est plein de poissons des tropiques,
Alors, commence un opéra au raz des flots léthargiques,
Où l’homme et les volants s’accordent de rythmiques…
Marco frappe son tambour et chante en créole,
Les hymnes qui éveillent les flots et le clapotis des yoles,
Même le suave alizé joue alors sa bise, sifflante sans bémols…
Soudain, se produit le mariage des sons et de l’horizon,
Les notes humaines se mêlent et s’accordent des fonds,
L’alchimie des vastes cieux, en couleur, marie les tons…
Quand la symbiose des éléments produit des spectres,
Alors, Marco devient le chef d’une nature qu’il séquestre,
Il jette ses mains en l’air et attise comme un balai équestre,
Celui des poissons volants qui fusent, semblant renaître…
Maintenant, ces oiseaux d’écailles se jouent de l’apesanteur,
Chaque battement de tambour est prétexte à une splendeur,
A survoler en surface et battre les mesures du roi des charmeurs,
Brillant de leurs sauts dans des sonates en do mineur…
Le pêcheur est entré dans une satanée transe,
Que les fretins relèvent d’une sacrée danse,
Enchantant la mer et... (Extrait de "Histoires d'en penser" aux éditions Alzabane
sortie octobre 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)
Publié le 21/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
Chez nous comme ailleurs, certain personnage étonne,
C’est le cas d’un drôle de gaillard loin d’être monotone,
Habillé de blouses bleues et de bottes anti-cyclone…
L’esprit joueur, le bonhomme aime se trouver croisé,
Alors il pointe chaque jour le bout de son nez,
Entre les routes ou s’agacent bon nombre de gens pressés…
Le serrurier joue alors au gendarme sans mission du préfet,
Poussant les véhicules à accélérer ou freiner par ses effets,
Circulant tous se beau monde par grands gestes guignolets…
Si je lui ai affublé le doux sobriquet de serrurier de Terreville,
C’est que Monsieur affiche en main, milles clés qu’il empile,
Et donc assurément, mille portes à fermer sur sa belle île…
Un jour que je le véhiculais du stade jusqu'à ses pénates,
Qu’elle ne fut pas ma surprise de découvrir que l’acrobate,
Habitait cinq bout de tôle en ondulée et maigre casemate…
L’homme au mille clés n’avait pas une porte à décadenasser,
Aucune serrure à remplir d’acier judicieusement cranté,
Pas un coffre à fortiori, emplis de quelques biens épargnés…
Pire encore... (Extrait de "Histoires d'en penser" aux éditions Alzabane
sortie octobre 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)
Publié le 21/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
En Martinique, sur la plus belle plage de l'île,
s'élance parmi les autres un cocotier fébrile,
penché par les vents, gêné par les touristes en file...
Monsieur a ses aises sous le soleil et la fournaise,
s'enracine surtout sous le désert de braise,
Mais jette à l'air deux ou trois attaches en malaises...
Étalon de plage, il est connu comme sûr producteur,
suspendant vingt fruits au moins, tous guetteurs,
pondant une noix par venue sous sa mauvaise humeur....
Car l'abri côtier est dangereux pour les baigneurs.
Qui ose s'en ombrer fait bain de météores rageurs,
et reçoit son point sur les i dans le quart d'heure...
A Saint-Anne, personne n'ose affronter le canonnier,
tant ses boulets, au lieu de remplir les paniers,
empilent les ambulances de blancs cocos momifiés...
Il faut dire que l'arbre accumule les atouts magnifiques,
aguichant de son ombrage et par ses contours angéliques,
incitant ainsi, dragueur, à embrasser son espace météorique...
Les blanches peaux s'y abritent, alignées novices,
loin d'imaginer le mauvais accueil de ses appendices,
pensant calmer leurs rougeurs, mais gagnant des sévices...
Le fait-il exprès ce vil frondeur ?
Le cocotier n'a pas d’œil, dit-on dans les demeures...
Une chose est certaine... (Extrait de "Histoires d'en penser aux éditions Alzabane
sortie octobre 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)
Publié le 21/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
Il était une fois en Martinique, un héron garde-pique,
Qui en avait assez de gober les mouches et les tiques,
Sur des bœufs aux queues cravaches et antipathiques…
Du Vauclin, il s’envola pour Saint-Anne, décidé,
Se posant sur l’église du bourg, prêt à déménager,
Mais, visant les étendues bleutées, il se mit à douter…
Comment vais-je faire, moi, la cigogne à cloche-dos,
Pour traverser autant de mers pleines d’eaux ?
Et qui déteste tant se mouiller par monts et par veaux…
Une très vieille tortue qui avait apponté hier soir,
S’apprêtait à mettre au bouillon sa carcasse nageoire,
Tant sa mission d’enfouissement fut sans histoires…
Grain de sable après grain de sable, elle avançait,
Espérant ainsi fuir sa pâques avant le mois de mai,
Tant ses volumes la retenait dans sa course de pagaies…
Le héron, voyant en la tortue un sûr radeau de voyage,
Plongea de sa tour pour aller lui faire beau ménage,
Avec bons mots de bec, pour éviter plus tard le coulage…
Le pic-bœuf se pose sans ombrage entre les coquillages,
S‘approche de son probable navire en quête de mouillage,
Puis l’invite à faire une pose avec marinés bavardages…
« Madame, dit le coquin plumé, je cherche sur cette plage,
une âme luth qui voudrait me voguer sur un autre rivage,
tant je m'ennuie sur mes vaches et leur dos en nage… »
La tortue qui s’entêtait à déplacer sa masse par à-coups,
Voyait à peine le trublion blanc-bec qui la retenait du cou,
Tant tourner la tête, la désaxait de son bain à remous…
« Ne voyez-vous pas, monsieur, mon malaise et ma sueur…
Les dix mètres qui me sépare de ma soupe sont un dur labeur,
entendez mon ronflement comparé à votre cap piaffeur ? »
La tortue s’affaisse après avoir poussé pour gagner un pouce,
Puis s’offre un instant de pose, la bave accumulée en mousse…
« L’effort que je produit est tel que mes yeux pleurent du sel,
Gagner la mer est pour moi une croix, tant la mission est cruelle.
Alors, exposez vite votre affaire, avant que le soleil ne s’en mêle… »
Le héron entrevoyait enfin un bon moyen de transport,
Mais devait convaincre la tortue de le changer de port,
Et rester le plus souvent en surface, pour être bon héliport…
Je suis d’accord, dit la tortue, passons un pacte sur cet atoll,
Je serai la ronde-forme qui vous reposera entre les vols,
Après chaque apnée, je resterai à flot comme un corps au sol…
Voilà un fier équipage, voguant-volant vers une terre promise,
L’une, servante et port, l’autre, s’arrimant sans contre remise.
Mais un service rendu trop long éveil parfois les soupçons,
Voyons un peu si sans un troc le héron reverra la mousson…
Au beau milieu du voyage (Extrait de "Histoires d'en penser" chez Alzabane éditions
sortie octobre 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)
Publié le 21/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
La grenouille est bavarde, c’est entendu,
Mais qu’elle chante c’est méconnu,
Voilà sur nos îles qu’elle sifflote toute nue…
Elles eurent pourtant le choix naguère,
De croasser entre bonnes mers,
Si l’une n’avait connue les galères…
A cette époque, Esnambuc le flibustier,
Jouait le conquérant vil îlotier,
S’appropriant partout les cocotiers…
Poussée par forte curiosité,
Fie de la peur et des armées,
La coquine alla aux mouillés…
Cent hommes venaient s’encanailler,
Par riches lieux se devaient de piller,
Et en retour, des sceaux gagner…
La follette, encore muette,
S’engagea sur le pont d’une goélette,
Et par ce navire marina comme mouette…
Longues fut les semaines naviguées,
Pour arriver de l’autre côté,
Sur une terre jamais visitée…
Là, un vieux port grenouillait,
Malgré les odeurs de fumet,
Des cymbales la retenait…
Mais qui sont ses musiciens ?
Jouant des airs qui odes si bien,
Et résonnent en bon entretien…
Ce sont les cigales qui craquettes,
Dit un cafard en jaquette,
Sur leurs oliviers, belles coquettes…
Puisqu’il en ai ainsi, dit la copieuse,
Je rentre chez moi heureuse,
Orchestrer mes cousines sauteuses…
Par le même rafiot, la voilà à flots,
En chaland et grand tirant d’eau,
Voulant les mornes sur son îlot…
Après un mois et deux mouillages,
Voici la Martinique en accostage,
Prise au joug de damnés piratages…
La grenouille rejoint par bonds pressés,
Ses cousines toutes cachées,
Tant les colons étaient mal éduqués…
Mes tantines, dit-elle...
Extrait: "histoires d'en penser" aux éditions Alzabane
sortie octobre 2009
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)
Publié le 20/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
A celle que je n’ose pas prendre,
Qui sait si bien me surprendre,
Me donne un peu de sa main,
Retient hier, et peut-être demain…
A la fille qui ose le temps suspendre,
Qui de son cœur avoue m’entreprendre,
Me souffle des mots gommant l’ennui,
Retient le jour, et peut-être la nuit…
A celle qui sourit de mes frêles attentes,
Qui veut dompter geste et entente,
Me destine alerte et jeu mignon,
Retient le oui, et peut-être le non…
A la femme qui affole mes boussoles,
Qui de EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Publié le 18/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
Un renard s’en revenait de faire des emplettes,
A la gueule beau plumage et belle fête,
Pour en famille, bien dîner son bal musette…
Se faufilant entre les chemins couverts,
Il tombe sur une scène de vraie misère,
Ou dame belette est prise à vile belettière…
Ce piège d’un braconnier, bien posé,
Avait meurtri la pauvrette enserrée.
La voilà sûre crantée et toute alarmée…
Le renard pose sa proie et prend pitié :
« Vous belle demoiselle, au piège châtiée ?
si finement rusée, et l’habitude à me contrarier ? »
« Oh ! maître goupil, si vous touchiez ma souffrance…
Mon malaise et mes chaînes sans clémences,
moi qui à peine vous prélève deux ou trois pitances,
maigres campagnols et mulots en carences… »
« Ah oui chère belle, et les gras lapereaux de mes terres !
et les criquets que j’affectionne en dessert !
Comme les oisillons que vous me voliez naguère ? »
« Pardon messire, juste de quoi sustenter une fluette,
elle, comptable, à bien vous rembourser brouette,
de plumées et de poilues raflettes… »
« Tiens donc, me dédommager de vos galipettes ?
Ne serais-ce pas vos conditions qui vous inquiètes ?
Et de vous savoir au piège et sûre dînette ? »
« Que nénies beau prince, j’ai dans ma niche un cahier,
ou je tiens bon compte de prises, clairement notifiées,
afin que de mes emprunts, je puisse me délier… »
« Avant que je vous délivre de vos supplices,
dite moi sur votre liste, ou sont placés mes bénéfices,
engloutis jadis, par vos courses laissant moult indices…»
Le loup se tenait en hauteur, il visait la scène propice,
« Voilà gibiers que je surprends en flagrant délices,
Un faisan, un renard, et une belette pour bons sévices… »
« L’un est mort, l’autre pas loin, et le troisième au soin,
Voilà bel épisode et bonne pioche pour un festin,
Et dans la place, un prédateur à éliminer au moins… »
« Mais, mon seigneur, dit la belette minuscule,
je suis loin de mon vestibule,
voyez comme attrapée, je suis démunie et ridicule,
et par mon sang, s’écoule aussi mémoire et tous calculs… »
« Soit, je vous libère de vos tenailles, mais jurez-moi,
que vous chasserez pour EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés …)
Publié le 16/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
Pincemi a du vague à l’âme,
Il veut sur sa barque gîter des lames,
Et oublier son rôle qui trop l’entame…
Pincemoi dit : « Certes ! mais sais-tu nager ? »
Pincemi dit : « Un peu, deux trois brassées… »
Pincemoi jette les amarres, sur le lac vogué,
La rame gaie, pince moi fort désorienté…
Pincemi et Pincemoi naviguent en amitié,
Inséparables aux bons mots rigolés,
L’un pour l’autre, sûre complicité…
Pincemi voudrai pouvoir pincer, bon serrage,
A force qu’on lui reproche en nage,
En fin de blague, d’être au potage…
Pincemoi n’aime pas l’eau, donc rien ne presse,
Pincemi crédule se EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Publié le 16/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
Alors que je croyais de l’amour, tout entrevoir,
Je fus en un éclair comme envoûté, ce soir,
Mes sens s’agitent encore de la beauté terroir…
Mon cœur que je savais éteint, en sommeil,
Par votre douce voix, à la chamade s’éveille,
Il ne résonne désormais, que de vos merveilles…
Le feu des cieux s’abat sur mon âme frêle,
Et pour avoir façonné une femme aussi belle,
Qui dois-je embrasser et étreindre, éternel ?
Nous échangions pressés des morceaux de vie,
Sur cette espace où les enfants mêlent leurs cris,
Sans pouvoir nous garder du temps malappris…
J’aurai voulu retenir votre EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)
TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)