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العربية
Par Anonyme, le 24.02.2021
bonjour il y a beaucoup à écrire
Par Anonyme, le 20.02.2019
magnifique même si j'aurais sans ces quelques mots pour qu'elle plus en haut ça plaise la fontaine jean
Par Remy Boulal, le 26.04.2017
you are my breathing in, i possess few blogs and very sporadically run out from to brand. eeaceddagdkfkd
Par Smithd146, le 23.12.2015
bonjour, je viens de mettre à l'honneur sur mon blog votre fable la poule amère,malheur eusement je m'aperçois
Par l'ami gégouska, le 16.09.2015
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Date de création : 20.10.2008
Dernière mise à jour :
23.09.2022
244 articles
Nous voici au fin fond de la Martinique, hier,
Où Léon promène son Saturnin pas peu fier,
Un palmé de barbarie, un bijou de caractère…
Un jour d’hivernage, Léon avait fait emplette,
Chez le marchand de bestiaux avait écarté canette,
Et choisi plutôt un jeune caneton entre les machettes…
Depuis, je dois vous le dire, il y eut à faire pâlir,
Entre ses deux êtres là, une histoire à faire sourire,
Un coup de foudre, un amour sans ‘coin’ férir…
A Morne Vert, beaucoup disait Léon pas très clair,
Un imbécile heureux en manque d’affection sincère,
Pour oser aimer un animal comme on aime sa Matère…
Or, pas une fois, Léon ne sortait sans son canard,
Jamais, sans son ami, la bête ne nageait dans la mare,
Tout chien fer était fort jaloux de ne pas être jar…
Chose folle, dans notre région qui parfois tremblote,
Le canard jouait les alarmes à chaque canote,
Et sauvait, par ses cris fuyards, le village en cohorte…
Oui quand la terre secouait les âmes créoles de la sorte,
Tous, au comportement du canard prenait la porte,
Et se trouvait toute peur dehors, et jamais cloporte…
Léon et Saturnin étaient au bourg, de vrais Saints,
Chaque commune les aurait voulu en son sein,
Mais, à Morne Vert, les deux amis avaient leurs desseins…
Un matin d’avril entre les fumets d’une soupe de pieds,
Vers les cinq heures, Léon ne trouve plus sa moitié,
Saturnin avait disparu, introuvable, envolé…
Bientôt, tout Morne Vert cherche les coins-coins,
Par les fougères les routes et les recoins,
Mais pas une figure de Barbarie, de près ou de loin…
Léon hurlait « Saturnin !Saturnin! Reviens ! »
Les habitants criaient « Saturnin ! Saturnin nom d’un chien !
Même le curé et Monsieur le Maire appelaient leur bien…
Rien n’y personne ne trouvait trace du palmé adoré,
Le canard était ni aux oranges ni aux bananes sucrées,
Et encore moins aux cannes, elles qui auraient dû l’attirer…
Soudain, un sans âme, un médisant par sa trame,
Se rappelle l’installation récente d’une famille sans drame,
Des chinois, venus au Morne Vert trouver le repos des crânes…
Ni une ni deux, la foule en colère se rend chez les Oyo,
Sûr que ces gens sont derrière leurs fourneaux,
Prêts à déguster le canard, sans trembler, sauce boyau…
Le père Oyo haine le bruit de cette foule, maboule,
Qui, d’un cliché le fait voleur de canes ou de poules,
Et sa famille, des chinois aux vilaines cagoules…
Mauvaise étiquette, tant la famille est honnête,
Sans mauvaises quêtes, sans cruelles baguettes,
Ni viles intentions de laquer la moindre canette…
Fernand était en pleurs, triste compagnon,
Et de ne plus avoir son canard sur le manchon,
Le rendait nerveux et aussi plumé ronchon…
La foule se lasse et disparaît sous les toits ondulés,
Le maire perd ses voix, le curé sa charité,
Fernand est seul, sans Saturnin, dépité…
Un soir de mai, tout Morne Vert fut réveillé du tintamarre,
Que fit une bestiole qui cherchait sa moitié, ses amarres,
Par des cris, des coins-coins de bon canard…
C’est alors que Léon fut le premier à l’embrasser,
Puis tout le bourg sortait des maisons, émerveillé,
Et ensemble, se mirent à fêter le canard enfin retrouvé…
C’est à ce moment précis que la terre se mit à trembler,
Et que tous les habitants du Morne furent sauvés,
Foi de canard et d’écrivain tout secoué…
Sacré Saturnin, parti de Martinique pour des vacances,
Puis revenu à temps pour sa juste mission, quelle chance,
Celle de sauver ses amis de mauvaises transes…
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Le CEPAL(Centre Européen pour la Promotion des Arts et des Lettres)
1 rue du Nonnenfels, F 57920 Kedange sur Canner
tél. (00 33) 03 82 83 97 46
Site internet : www.le-cepal.com
Vient d'attribuer à Jean-Marc Wollscheid de Martinique, écrivain et fabuliste,
Le 1er PRIX 2009 pour ses contes et fables.
Merci au jury et au CEPAL...
JMarc Wollscheid.
En Martinique, la sorcellerie s’anime et se devine,
Des apprentis jouent avec le feu et les lois divines,
La magie noire opère de sa méchanceté saline…
Voyons dans ce conte que le mal parfois se retourne,
Et regarde bien en face le voyou qui le séjourne…
Cette histoire est vraie, elle est arrivée au mois de mai,
Il y a neuf ans jour pour jour je vous le promet,
Du côté du Marigot un joli bourg qui ne l’oubliera jamais…
François est un homme fade, aigri, détruit par la vie,
Sa méchanceté le taraude son esprit le dévies,
Il est le Kimboiseur, le sorcier aux pires avis…
Rien ne l’arrête, pour trois sous il brise vos nuits,
Sur commande satanique il vous casse sans bruits,
Vous assaille de gris-gris et du mauvais esprit…
Un matin de juin 2000, on sonne à ma porte,
Je maudis cette engin qui me déporte,
J’ouvre rageur, puis le sort bascule, de la sorte…
La femme qui s’installe dans mon fauteuil est hagard,
Les yeux rougis par des semaines de larmes phares,
La voix cassée, la fatigue affichant de ternes amarres…
Man Janine implore alors mon aide ,
Pour combattre le sorcier qui de façon très laide,
Consume sa petite fille qui se meurt toute raide…
Une vielle histoire de terrain opposait l’ensorceleur,
A Man Janine pour son plus grand malheur,
Le maléfice oeuvrait sur l’enfant en sueur…
J’étais outré, je rassemblais des ondes en forces vivent,
Je rentrais en transe et voyais l’ennemi en invectives,
Le combat commença à distance, sous directives…
Après trente minute de prières et de batailles spirituelles,
Je demandais à Man Janine de rentrer chez elle,
Et de brûler l’oreiller de sa petite tourterelle…
Une corolle de plumes d’oies y était presque formée,
Allant tuer la gamine si on la laissait se terminer,
Ce fut fait et bien fait par Janine bien préparée…
J’allais le lendemain soir au chevet de la petite Zuzon,
J’étais muni d’une bible, d’une bouteille avec son bouchon,
Et quand elle fut prête à s’endormir, j’agissais pour le fond…
Devant le cou de la petite, je forçais la bouteille à se fermer,
La pression fut t’elle que j’eu du mal à emprisonner,
L’esprit du Kimboiseur dans mon piège façonné…
Après quelques jours, la petite retrouva un bon appétit,
Puis des couleurs et les envies d’une fillette guérie,
Et enfin une santé de fer avec la joie sans empathie…
Man Janine me remercia mille fois, moi et mes aïeux,
Je la relevais puis la signais sur le front de mes vœux pieux,
Puis je m’en allais dans mon église remercier notre bon Dieu…
Un vendredi soir, le jour trois de mon intervention,
François le Kimboiseur était à genoux en suffocation,
Il ne pouvait plus respirer et se consumait de putréfactions…
« Ouvrez la bouteille je vous en supplie Monsieur le curé !!
Ouvrez la bouteille ou je vais mourir de ne plus respirer !!
Je vous en supplie !! ouvrez la bouteille curé… »
Les voies du Seigneur son impénétrable…
La bouteille m’avait été volée la veille par un misérable,
Dans mon église, avec une coupe d’argent délectable…
Le kimboiseur, comprenant que je pouvais rien pour l’aider,
S’en alla, injuriant tous les Saints, les évêques et les curés,
Puis disparut dans le dédalle de nos rues épicées…
On retrouva François le Kimboiseur un samedi matin,
Pendu à un frangipanier du côté du Lamentin,
Avec une bible et un mot de pardon dans la main…
Moi jeune curé de notre île, exorciste obligé,
Je vous ai raconté cette histoire encore d’actualité,
Tant les kimboiseurs, ici, oeuvrent avec méchanceté…
Si vous trouvez une bouteille pleine de vide, attention,
Ne l’ouvrez jamais au risque, par vilaine tentation,
De libérer le kimboi et de finir en lamentations…
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés)...
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'Carnet de contes et fables des Antilles' aux éditions Baudelaire,
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Merci à tous mes lecteurs,
Jean-Marc Wollscheid.
Dans le dédalle des inventions de ma vie,
Les croix se sont succédées aux pâles envies,
Les chemins furent tortueux sans bons avis…
Je me trompais beaucoup et souvent,
Aspiré par la force des mauvais vents,
Omettant les expériences, les avants…
Puis, je persistais, à quoi bon l’introspection,
Trouvant plus de courage dans l’acceptation,
De me voir par les autres, piètre trublion…
Je fus pourtant si humain, si aimant,
A mes enfants je donnais le meilleur élan,
J’étais si présent que j’en devenais maman…
J’étais l’ami idéal, le confident sans faille,
Le type sérieux que rien ne taille,
Le forçat d’humour, l’homme de paille…
J’aimais peu de femmes, mais si intensément,
Qu’à l’heure des ruptures je le payais chèrement,
Je devenais un scélérat, un pariât, mauvais amant…
Pourtant en vers et contre cela, une force intérieure,
Me faisait franchir les vagues de mes torpeurs,
Elle m’encourageait à trouver la réussite sans peur…
Je ne sais pas pourquoi, ni qui me poussait à savoir,
Que bientôt le soleil brillerait pour moi même les soirs,
Et que mes écrits allaient dévorer mes déboires…
Au pire de mes liens, de ma vie de chien,
Je trouvais la joie de vous écrire un rien,
Puis un tout qui fit un livre, mine de rien…
Et donc arriva la chance, la réussite espérée,
Celle qui transforme un SDF en poète fortuné,
Celle qui vous change la vie, les regards baissés…
Alors oui je te prends, coquine réussite, petite fée,
Enfin je vais vivre en gommant les passés,
Enfin je vais aimer sans jamais me presser…
Je serai à l’affiche, attendu et sollicité,
Des amis pleins les yeux, tous attentionnés,
Je signerai mon livre les jours écarquillés…
Mais quand je rentrerai le soir, oubliant la foule zélée,
Je sais que m’attendra au creux de ma vie, une ailée,
Une tendre amie, une juste femme, une âme dédiée…
Elisabeth, je t’aime aussi parce que nous avons plié,
Jamais rompu par les viles adversités,
Sûrs de nos passés liés, de nos avenirs initiés…
En me livrant à travers mes pages, jadis poète fou,
Je ne pouvais imaginer que je changerais nos touts,
Mes chemins de fer, tes allées de frêles bambous…
Je t’aime.
Lettre de Bastien De Rouelle Malmaison à Elisabeth de la Collinière (1889)...
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Voilà ! c’est fait, nos âmes sont comme mortes,
Bravo aux démons de manoeuvrer de la sorte,
Voici le crépuscule, la petite mort trop forte…
Mais dites-moi ma frêle, mon sublime amour,
Qui osera couper les fils de nos beaux jours,
Qui croira défaire nos liens pour toujours…
Vous, vacillante, aspirée par la médisance,
Amoureuse aux failles qui prennent résidence,
Trop jeune, trop fragile pour attraper la chance…
Moi, chevalier servant, oubliant ses armes,
Trop doux pour frapper l’ennemi en vacarme,
Si aimant de respecter vos aises qui se décharnent…
Nous, qui pensions tout quitter dans le besoin,
Mêlant nos sangs, nos jeux coquins,
Mariant nos fibres à en renier tous les Saints…
Eux, qui décident pour nous,
Pensant ainsi vous préserver d’un poète fou,
Et déjà oublient le sens de leur amour pour vous…
Alors oui le démon me fait tout perdre ce matin,
Votre si tendre sourire, vos airs taquins,
Votre droiture et nos jeux libertins…
Votre présence, aussi, si précieuse à mes écrits,
Votre indulgence devant un frêle génie,
Vos accords chaleureux, le creux de votre vie.
Alors oui, je fus peureux devant la lionne en furie,
Laissant mon glaive dans son fourreau verni,
Abdiquant pour ne pas paraître ce qu'elle ose et dit…
Mais mon amour est d’acier, belle dulcinée,
Mes mots indélébiles, si impossible à effacer,
Nos étreintes, trop puissantes aux jours passés…
Attendez que je me relève des salissures d’hier,
Alors je bouterai le mal hors de nos frontières,
Et reprendrai ma place de peintre fier…
Demain, oui ma douce, c’est écrit, bien marqué,
Demain, sur ma monture vous serez enlevée,
Sur mon bateau nous irons voilures lavées…
Je vous aime à n’en plus finir,
Je vous aime à n’en plus séduire,
Je vous aime à n’en pas rougir…
Voyez bientôt l’arc-en-ciel marieur,
Il reliera notre juste bonheur,
Le mien vers le votre, à toutes les heures…
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Une fourmi allait gracieuse loin de ses soeurs,
sûre de quitter la fourmilière et ses collectifs labeurs,
elle en avait assez de supporter le poids des leurres.
Elle se percha sur une branche verte,
entre les feuilles et les alizés alertes,
prête à tout pour ne pas tenter sa perte...
Comme un nid était vide, elle y posa l'abdomen,
et jura ici-bas, d'y construire son domaine,
surtout plus tard d'y pondre, foi de rouge naine...
Mais le sort est parfois tatillon et même taquin,
au point que dans la paille une larve est en satin,
en cours de palpitations, en phase d'artifice jasmin...
La fourmi pourrait dévorer la bête qui éclot,
mais au contraire, l'aide dans son décor enclos,
la pousse hors de son cocon sonnant la fin des clos...
Le royal papillon déploie ses frêles merveilles,
sur le bord du nid absorbe ses premiers soleils,
puis frissonne pour mieux accepter une vie d'abeille...
La fourmi est éblouie par l'étendu arc-en-ciel,
le jeu des couleurs lui montre l'amour essentiel,
puis, jaillit de l'ouvrière un flot de sucré miel...
L'insecte multicolore se sent redevable et emprunt,
il accepte sur son dos la fourmi contre les embruns,
puis, tout deux s'envolent pour des doux parfums...
Voilà fourmi à dos de papillon claironner la fête,
que voler haute en couleur est nouvelle quête,
avec son ami virevoltant, des idées plein la tête...
La fourmi, naguère usée, gagne une vie de voyage,
une envie d'amitié, se découvre âme et bagage,
et enfin l'amour, pour papillonner loin de l'esclavage...
Voilà un majestueux papillon porter sa passion,
celle pour une fourmi en mal d'affection,
et vouloir au tout début des temps, juste confection...
C'est depuis que les reines fourmis ont des ailes,
leur vol est le fruit d'un amour éternel,
entre un primaire papillon et une frêle donzelle...
S'entraider mène toujours à l'amour,
l'amitié, les partages, les sucrés jours...
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)
Rappelez-vous Madame de ce chemin boisé,
Le jour ou j’osai prendre votre main zélée,
L’après-midi de nos rêves, de nos envolées…
Alors main dans la main nous étions adolescents,
Insouciants aux gens qui passaient dans notre vent,
En symbiose, oubliant le monde si pressant…
Rappelez-vous que nous soulevions les barrières,
Vous aviez peur du loup, moi de vos chimères,
Nous étions heureux, nous étions fous, avant-hier…
Et soudain nous faisions communions de la nature,
Les oiseaux nous chantaient une belle aventure,
Vous frissonniez de rencontrer une mésaventure…
Alors pour vous rassurer, l’alizé nous frôlait,
Chaudement notre ami, de vous il s’amusait,
De vos frissons et de vos chaires, il jouait…
Comme était grand notre bonheur chère Madame,
Vous, plus belle fleur, moi, le joueur de gammes,
Et nos deux cœurs se mariaient de fortes lames…
Maintenant vos battements usaient les miens,
Votre sourire se fondait aux lys comédiens,
Nos deux corps se chamaillaient aériens…
Je vous aime Madame, plus que vous ne l'espériez,
pour nos deux âmes je m'en vais prier,
et obliger les cieux à vous laissez m'apprécier...
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)
Moi l'artiste sans le sou,
Moi le saltimbanque de rien du tout,
Moi qui à la chandelle économise le moindre bout,
Je suis parfois ce que je suis, un rêveur fou...
Je me prends à songer d'avoir une maison blanche,
ombragée de hauts arbres qui jamais ne flanchent,
de jasmins odorants qui abreuvent les mésanges...
Je me prends à te vouloir à mes côtés,
que tu sois la femme aimante, belle arrimée,
et que cinq enfants nous disputent des tranquillités.
Je me prends à espérer que tu me dis la vérité,
que ta vie d'aujourd'hui tu vas bien la quitter,
que tu pèses tes mots quand tu me dis tout laisser...
Je me prends à te voir dormir sur mon oreiller,
sereine et heureuse que nous ayons tant veillés,
épuisée d'avoir su, fluette, émoustiller...
Je me prends à croire que derrière chacun de mes écrits,
tu entoures mes épaules de tes airs poivrés, moi épris,
et que ton seul souffle m'inspire au point que je le décris...
Je me prends à imaginer une demeure aux douces voilures,
laissant passer les alizés de nos sentiments sans gageures,
les cris de nos enfants, les joies de nos amis sans parjures...
Je me prends à te sentir amoureuse sans teint varié,
que ta vie, tu ne la dédies qu'à mes volontés alliées,
que nous vivons ensemble, simplement, mariés...
Moi l'artiste debout,
Moi le saltimbanque de rien du tout,
Moi qui à la chandelle économise le moindre sou,
Je sais parfois ce que je suis, un rêveur bien trop fou...
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)
L'autre jour, je me rendais sur la Guadeloupe par la mer,
j'avais deux emplettes et trois clients à satisfaire,
c'est à Bas-du-Fort que je renversai Fernand Montfière...
A peine sorti du port, je grimpai dans l'auto sans avis,
la location de cette voiture me coûtera trois fois une vie,
les affaires devront être bonnes pour éviter que je dévie...
Dans ma petite automobile je roulais tranquille,
quand sur la droite Fernand débouchait 'La Grena' facile,
je ne sus que le faire voler d'un coin d'aile fébrile...
Je stoppai mon auto de mort, et secourus l'oiseau,
lui, était les fers en l'air, sans cassures par les os,
mais sa moto s'éparpillait en mille morceaux...
Voye, Voye, je me voyais déjà en bas de l'échelle,
en prison, et pire, ne jamais avoir un retour rebelle,
tant j'avais cru mon Fernand, haché sans selle...
Le brave homme rassemblait ses pièces détachées,
le guidon en main, les jantes aux rayons épilées,
Le monsieur était blessé que sa Grenasoit pliée...
Le Gugusse était très énervé, mais entier, Dieu soit loué,
je comprenais dans son joli créole bien chanté,
que sa mobylette valait de l'or... Objet collectionné...
Après moult disputes et palabres disproportionnés,
Je faisais au motard des excuses bien additionnées,
puis il m'invita chez lui pour en mieux discuter...
Je découvrais alors ici, la passion des anciens,
pour ce modèle de vélomoteur c'est certain,
Dont la valeur dépassait la raison, et de loin...
La maison de Fernand était en fait un musée,
dédié à cet engin qui partout était cuisiné,
prenant la place d'une femme et de trois bébés...
Pire encore, dix squelettes d'acier pendaient au plafond,
les chaises étaient des moitiés de cette moto de fond,
les lampadaires des roues, les phares des carafons...
Mais je ne pouvais pas croire ce que je voyais là,
Fernand avait pour seul lit, une Grena sans drap,
dans une chambre-garage, coquette, mais pleine de gras...
Sacré Fernand, qui ne vivait que par ses deux roues,
avait ni femme, ni même besoin de deux sous,
juste sa passion qui le rendait amoureux et fou...
Les pièces de la 'moto-bécane' sont si rares et prisées,
qu'elles ont la valeur de l'or en Guadeloupe, entre initiés,
au point que chaque vente se fait avec dix policiers...
Si vous avez chez vous une mobylette sans bobos,
année-modèle 1970, bleue ou orange, soyez bon coco,
appelez mon éditeur pour me contacter tout de go...
Je vous mettrai en relation avec mon Fernand,
qui vous achètera en barres la motocyclette, sachant,
que je ne prendrai ni la transmission ni un cadran...
En arrêtant la production de ce cyclomoteur,
Motobécane à causé aux Antilles un grand malheur,
et à certains retraités, coupé le seul moteur...
TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés...)