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Date de création : 20.10.2008
Dernière mise à jour : 23.09.2022
244 articles


Monsieur Plume et le pommier...

Publié le 03/02/2010 à 00:51 par peintredesdom Tags : jeunesse littératures wollscheid baudelaire la fontaine contes fables

 

Voilà Monsieur Plume de bon matin,

Enfilant ses bottes pour aller au jardin,

Doux bonhomme et charmant voisin…

 

Le beau papi a le cœur léger ce jeudi,

C’est le jour où il va planter une vie,

Oui Madame, un arbre sous bel abri…

 

« Quelle joie ce jour de faire éclore,

Un arbre que je voudrais multicolore,

Pour un jour m’émerveiller de son décor… »

 

Monsieur Plume a mal au dos et aux genoux,

Il n’a plus d’age, il est seul entre nous,

Mais sa graine, il va s’en occuper en tout…

 

Un petit trou, un peu d’eau, et juste fumier,

Enfin le germe est prêt pour être pommier,

Et un jour régaler son tendre jardinier…

 

Vint le temps de la patience éternelle,

Celle qui vous fait biner l’herbe rebelle,

Celle qui donne mille coups de pelle…

 

Plus tard pointe les premières froides sueurs,

Le gel qui fige les mésanges en torpeur,

Les couchers tard pour surveiller sa fleur…

 

Monsieur Plume se fait du mauvais sang,

L’hiver est rude par ici, ses os sont cassants,

L’arbrisseau est si fragile la terre se tassant…

 

Mais le jardinier fait fi de ses maux hurlants,

Par mille vents il protège son bel enfant,

De tous ses soins petit arbre deviendra grand…

 

Arrive le temps des fruits à la pelle,

Sous les guinguettes celui des ritournelles,

Monsieur Plume soigne sa merveille…

 

Passent les mois, encore les froids séchant,

Les étés brûlants, les vents tétanisant,

Le vieille homme épargne son grandissant…

 

Un mois de mai le jardinier est assis,

Il passe de son lit à la fenêtre en défi

Le jardin maintenant est trop loin d’ici…

 

Le vieux monsieur n’a plus une force meilleure,

Son œil brille toujours en regardant rieur,

La magnificence de son pommier en fleurs…

 

Quand Monsieur Plume un matin se meurt,

D’un coup de vent l’arbre se brise en pleurs,

Il penche puis s’effondre côté demeure…

 

Voilà une branche entrer avec force au cœur

De la chambre où le bon jardinier a peur,

Lui apportant réconfort et tendres senteurs…

 

Le beau papi a le cœur léger ce jeudi,

C’est le jour où il va quitter sa vie,

Oui Madame, avec son arbre en bel abri…

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

Les fables de Jean-Marc Wollscheid lues dans 52 pays...

Publié le 03/02/2010 à 00:36 par peintredesdom Tags : contes fables auteur wollscheid audiences mesures
  France 8278 (84.3 %)
  Inconnu 574 (5.8 %)
  Canada 413 (4.2 %)
  Belgique 151 (1.5 %)
  États-Unis 102 (1.0 %)
  Suisse 82 (0.8 %)
  Maroc 35 (0.4 %)
  Allemagne 22 (0.2 %)
  Espagne 19 (0.2 %)
  Grande Bretagne 15 (0.2 %)
  Italie 13 (0.1 %)
  Polynésie Française 11 (0.1 %)
  Royaume Uni 8 (0.1 %)
  Luxembourg 7 (0.1 %)
  Pays Bas 6 (0.1 %)
  Irlande 6 (0.1 %)
  Côte d'Ivoire 5 (0.1 %)
  Nouvelle Calédonie 5 (0.1 %)
  Roumanie 5 (0.1 %)
  Monaco 4 (0.0 %)
  Madagascar 4 (0.0 %)
  Arabie Saoudite 3 (0.0 %)
  Japon 3 (0.0 %)
  Andorre 3 (0.0 %)
  Colombie 2 (0.0 %)
  Tunisie 2 (0.0 %)
  Mexique 2 (0.0 %)
  Turquie 2 (0.0 %)
  Pologne 2 (0.0 %)
  Tchéquie 2 (0.0 %)
  Brésil 2 (0.0 %)
  Russie 2 (0.0 %)
  Maurice (île) 2 (0.0 %)
  Portugal 2 (0.0 %)
  Afrique du Sud 2 (0.0 %)
  Algérie 2 (0.0 %)
  Liban 2 (0.0 %)
  Australie 2 (0.0 %)
  Gabon 1 (0.0 %)
  Géorgie 1 (0.0 %)
  Aruba 1 (0.0 %)
  Finlande 1 (0.0 %)
  Malte 1 (0.0 %)
  Jordanie 1 (0.0 %)
  Moldavie 1 (0.0 %)
  Israël 1 (0.0 %)
  Bulgarie 1 (0.0 %)
  Réunion (île de la) 1 (0.0 %)
  Taiwan 1 (0.0 %)
  Grèce 1 (0.0 %)
  Pérou 1 (0.0 %)
  Slovaquie 1 (0.0 %)

Voici la liste des 52 nationalités qui lisent les textes de Jean-Marc Wollscheid sur son blog de France Télévision.

Merci à tous mes lecteurs...

SOURCE : phpMyVisites : logiciel gratuit de mesure d'audience et de statistiques de sites Internet

La dindèche...

Publié le 27/01/2010 à 19:59 par peintredesdom Tags : fables dinde contes wollscheid histoires jeunesse auteur

 

Cette histoire est une histoire vraie, je le jure,

Celle d’une dinde ne connaissant que l’injure,

La méchanceté, la vileté et le parjure…

 

Chez Fidèle le paysan, tout animal est sacré,

Au point que jamais un ne finit enfourné,

Jamais au grand jamais pas un n’est mangé…

 

La vache produit son lait, l’âne ses efforts,

La brebis son fromage doux et très fort,

La poule ses œufs, le coq ses métaphores…

 

Le chien garde, le taureau engendre sûr,

Le canard justifie la mare, le pigeon vole,

Le cheval est à charrette, le chat au mur…

 

Bref dans cette exploitation, ‘tout est bien,

Chaque jour à sa peine, qui finit bien’,

Toute seconde est utile et en bon lien…

 

Un jour d’emplettes, un jour de foire,

Fidèle le paysan achète pour l’histoire,

Une dinde, un canard et beau fumoir…

 

Comme toute chose trouve sa place ici,

La dinde est lâchée dans la cour ainsi,

Le fumoir est au sellier, le canard aussi…

 

Parfois un grain de sable dévie la chaîne,

Une légère brise fait chuter le chêne,

Tout se dérègle un rien produit la haine…

 

Voici que dinde s’arroge le tout perchoir,

Sa grosseur et sa force en coup de butoir,

Même le chien Farouk quitte l’ancien lavoir…

 

Coq perd son rang sur le chant,

Âne est bête dans les champs,

Cochon est sale en ronchonnant,

Cheval a trait s’effilochant,

Vache a pis latent,

Poule a bec écorchant,

Mouton est vieux rabâchant…

 

C’est assez !  Dit le bouc de ficelle,

Je m’en vais nous plaindre à Fidèle,

Foi de cheval et de vieille scelle…

 

« Mon maître, ma source bienfaisante,

tu as introduit sur nos terres, malfaisante,

dinde mécréante, volaille médisante… »

 

« Que dit-elle pour votre déshonneur ?

Est-elle à ce point un grand malheur ? »

 

« Oh mon nourrissant, si vous saviez l’impure,

l’indélicatesse et le vil parjure,

chacun de nous vit sous une injure… »

 

« Alors soit, réunissez un tribunal ce soir,

vous jouerez vous le procureur en gloire,

et moi le défendeur des sans espoir… »

 

Vînt l’heure des comptes, des justes fables,

Ânes, cochons et chevaux sont à table,

Le procès s'étalera pas loin de l’étable…

 

Pour l’occasion le bouc est sur deux pattes,

Le cochon greffier a des lunettes pour épate,

L’âne Justin préside l’assemblée de pattes…

 

Plus loin devant l’estrade assis en rond,

Les jurés, poules et canards sur potirons,

S’adjugent la dinde et son vilain carafon…

 

« Monsieur le procureur ! Vous avez la parole !

s’esclaffe le bâté qui agite sa mèche en corolle,

Affirmez-nous ici que dinde est fumerolle… »

 

C’est maintenant que bouc et vicaires attaquent,

Que la vindicte veut dinde au four, à traque,

Tant la pimbêche agace, tant elle détraque…

 

Le bouc ton grave use la foule :

 

« Voyez animaux de la ferme cette mégère,

qui dès son arrivée imposa froide galère,

mots acerbes, crête guindée et mauvais air…

Regardez cette folle déranger les sols,

Bouter les racines par le sous-sol,

Percer chaque âme et tout corps au sol.

N’oubliez pas encore sa méchanceté gratuite,

Ses façons de nous toiser toute cuite,

Son indélicatesse de nous cuisiner,

Nous assaillir, nous cribler, nous usiner,

Soyons sans pitié et sans lésiner… »

 

Le président donne parole à l’avocat :

 

Fidèle ne connaît pas grand chose de la justice,

Mais il aime ses animaux et regrette l’injustice,

Il s’avance dans la cour cherchant armistice…

 

« Ânes, cochons, poules, canards, bouc à cheval,

n’êtes vous pas tous heureux dans mon carnaval,

ici à la ferme aucun n’a faim aucun n’a mal,

chaque chose est utile tout être est festival,

il suffit donc que un seul soit méchant,

pour que tous le deviennent sur le champs ?

L’indulgence est mère de la sagesse,

Comme l’ânon est à l’ânesse,

Alors mes amis, aidons la dinde à s’intégrer,

Car chez nous tout a sa place au gré,

Du foin, du sellier, de la cave aux bas degrés,

Du sol carrelé au haut grenier,

Du bien éclairé au palefrenier… »

 

La dinde farcie affiche un air ébouriffé,

Le bouc entrain de penser est griffé,

La ferme toute entière a le procès briffé…

 

Chaque acteur doit maintenant dare-dare,

Bien penser car il se fait tard,

La foule déchaîne un vrai ‘dintamarre’…

 

Le bouc un dur à lire, à décrire,

Fomente la rébellion par ses dires,

Insiste pour voir la dinde se faire occire…

 

Mais soudain dinde donne eau,

Puis graine pour éviter fourneaux,

Et aussi pénitence en lesté fardeau…

 

Alors, cour et jurés se retirent aux thyms,

Laissant Fidèle songeur, le bouc teint,

Les poules, les cochons un peu déteints…

 

« Nous jurés !!! Condamnons dinde à marre,

Acceptons sa rédemption pour fin de cauchemar,

Disons qu’elle restera un mois aux nénuphars… »

 

L’isolement 'd'étang' fit tourner la dinde en rond,

Elle devînt sociable aussi vite que cuisent les marrons…

 

Bref dans cette exploitation, ‘tout est bien,

Chaque jour à sa peine, qui finit bien’,

La volaille est utile et en bon lien…

 

Mais sachez messire que tout hautain est ôté

D’une famille ou d'un groupe formant société,

Tels sont jugés ceux qui jugent sans honnêteté…

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

Le maître d'hôtel et Suzette...

Publié le 22/01/2010 à 12:36 par peintredesdom Tags : fables contes la fontaine baudelaire wollscheid littératures jeunesse

Nos Acquis sont pour notre profit,

L’intelligent s’arrange et fait fi,

De la bêtise et de la petitesse d’esprit…

 

Pour ce personnage, un rusé merle voleur,

L’expérience dicte de laisser tout labeur,

Et pour mets, de préférer sucrés voyageurs…

 

C’est ainsi qu’une génération d’oiseaux ici,

Oublie leur ancestral instinct et ainsi,

Survivent de larcins par là et par ci…

 

Le quiscale dont je parle Madame,

N’a ni préjugé ni vilaine âme,

Il est celui qui tout entame…

 

Ce voleur sans effort mange à sa faim,

Détrousse le touriste et ses bambins,

En bande organisée, en bon essaim…

 

Mais la crise venue la chambre est vide,

Laissant mourir mille oiseaux avides,

Seul mon zozio oublie d’être stupide…

 

« Point de ruine ou disette,

Car l’ex cuisinière Suzette,

Me donnera cette coquette,

Trois acras et des coquillettes… »

 

Tout mourrant avait eu foi en les actionnaires,

Lui mon merle, avait comprit en cette ère,

Que seuls les salariés seraient un jour salutaires…

 

Ainsi va la vie, certain ferme leur hôtel,

Des employés sont à la rue en bagatelle,

Les merles eux, meurent à la pelle…

 

« Viens donc mon petit oiseau,

je te donnerai un peu de mon frigo,

Trois crevettes et du gâteau,

dit Suzette sans plus de boulot… »

 

Nos acquis sont pour notre profit,

L’intelligent s’arrange et fait fi,

De sa petitesse et des mauvais esprits…

 

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

La poule outrée...

Publié le 17/12/2009 à 14:12 par peintredesdom Tags : littératures jeunesse wollscheid baudelaire la fontaine contes fables

 

Je vais vous conter l’histoire de cette poule

Plus folle et plus mouillée qu’une houle,

Plus imbue et moins éclairée qu’une ampoule…

 

La voici le matin, devant son miroir, follette

Prête à tout pour faire la meilleure toilette,

Tant son apparence prime celle de coquette…

 

La voilà tôt se pouponner, s’apprêter rondeurs,

Parler toute seule devant cette image, sa sœur,

Et se trouver plus belle encore qu’à la chandeleur…

 

Du bec, étoffe ses plumes et lisse son duvet,

Par l’eau fait reluire ses couleurs au chevet,

De l’œil vérifie chaque patte et tout brevet…

 

Parmi les mille poules de la ferme, assurément,

C’est elle qui gagne le plus sur agrément,

Tant sa ligne est fluide et son esprit véhément…

 

C’est aussi par soins de crête aux rouges atours,

Qu’elle épate lors de ses passages dans la cour,

Que beauté éclate parmi les étables et les tours…

 

La magnificence est telle que certain la dise reine,

Que beaucoup la jalouse, que paon la roue malsaine,

D’autre la pense idiote avec mauvaises graines…

 

Mais quand la miss sort du poulailler au chant,

Le coq lui même en perd la note sur le champs,

Même les canards laissent place, aguichants…

 

Regardez-la ! Cette poulette citadine, si fine,

Eviter les bouses le fiel et surtout les épines,

Choisir son grain tôt pour garder la ligne…

 

Tout coq aurait voulu la poule sur son perchoir,

Tout coquin s’inventait avec elle un isoloir,

Mais pas un n’avait son cœur le matin ou le soir…

 

Pourtant la follette semblait être amoureuse,

Et cherchait en tout instant à être savoureuse,

Mais pour qui ? La bien heureuse ?

 

C’est aux sons de l’âne que la coquine révéla,

Que plus rien ne la retenait dans cette favela,

Et qu’avec le paysan Antoine elle cavalera…

 

« Ma pauvre fille lui dit l’âne, ma tendre poulette,

Garde-toi du paysan car un jour il te fera fête,

Si parmi tes cousines et tes sœurs il fait emplette… 

Un paysan ne tombe pas amoureux d’une volaille,

Mais plutôt de son gras et dodu poitraille,

Pour le dimanche faire cuisson puis ripaille… »

 

Outrée, la poule s’en va toute retournée,

« Quel idiot cet âne au regard détourné,

Jaloux, ignorant au cerveau défourné… »

 

Comme arrive dimanche, la poule redouble,

Grossit la poitrine et montre son gras-double,

Puis défile la crête haute, l’œil rouble…

 

Antoine remarque la coquette et l’emporte,

Rentre dans la maison et ferme la porte,

A cet instant les animaux sont en cohortes…

 

Sa magnificence est telle que certain la dise reine,

Qu’on la jalousait que paon la rouait malsaine,

D’autre la pense au four avec patates et graines…

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

L'oeuf à la coq...

Publié le 17/12/2009 à 13:50 par peintredesdom Tags : jeunesse littératures wollscheid baudelaire la fontaine contes fables

 

Voilà un coq fidèle, un bon père de famille,

Qui en basse-cour est plumé estampille,

Tant son mode de vie le fait vieille béquille…

 

En effet, alors que tout coq vise dix femelles,

Lui s’accommode d’une seule en ritournelle,

Et au revoir les us, les coutumes, les dentelles…

 

Pire, le mâle balaye les idées reçues et se voue

Corps et bec à son poussin, la poule s’en fout,

Car pour elle, le grain est prioritaire c’est tout…

 

Mieux encore le coq est amoureux de sa poule,

Ne jure que par elle au milieu de la foule,

Il délaisse toute joute comme toute roucoule…

 

Dans la ferme les animaux s’amusent de voir

Un coq aussi poule dans ses manières le soir,

Et d’aimer une seule âme sur son perchoir…

 

Quand la poulette pond un œuf, idée féconde,

Elle le délaisse pour picorer dans la seconde,

Sans couvée, le poussin ne verra pas le monde…

 

C’est alors que l’œuf est à la coq, selon poulailler,

Tant on prend le gallinacé pour une poule mouillée,

Car jamais un mâle ici, ne cherche à bien élever…

 

On n’a jamais vu il est vrai, taureau protéger veau,

Bouc s’imposer tuteur du moindre agneau,

Comme canard être suivi de canetons penauds…

 

Quand le poussin brise sa coque, il adopte sincère,

Son coq laid qui va lui servir d’adorable père,

Sans jamais se soucier d’avoir une mère…

 

Il faudra des générations pour que l’on juge coq,

Tout aussi capable dans la ferme d’être sans tic,

A choyer poussin et oser l’éduquer en toque !

 

Même les ânes dans l’exploitation forts sages,

S’étonnent que mâle use de ficèles et d’adages,

Pour le piou-piou nourrir, et lui donner plumage…

 

Parfois la poule lève le bec de son picotage,

Pour voir le coq en plein tricotage,

Elle rit que ‘bien mâle y soit’ dans cet élevage…

 

Quelques semaines plus tard, au trois primes plumes,

Voilà la mère poule devant poulailler, une enclume,

Et demander sa descendance le bec sans rhume…

 

La coquine voudrait de droit son mal élevé,

Oubliant quelle a de tout temps picoré,

Sans surseoir aux besoins de son bien ailé…

 

Le coq s’interpose et veut garde alternée,

Car après tout, dans le jardin il fut berné,

Par sa poule jamais du poussin concernée…

 

C’est alors que tribunal s’impose fort et ferme,

Pour départager le juste du tord en bon terme,

Voici donc collège d’ânes et greffier en berne…

 

« Après tout ! Dit le président, voici une poule,

Pensant plus à se rassasier parmi la foule,

Que d’élever son petit dans le nid-de-poule… 

Et le père coq plus présent à chaque prise de bec

Plus attentif aux besoins du grandissant au sec,

Qui malgré la médisance fit œuvre d’éducation,

Se souciant seul et sans cesse de sa production… »

 

Le procureur, un vieux canard sans barbarie, objectif,

Ne pouvant que constater résonance et délit rétif,

Condamna la poule de rester mi-temps au chétif…

 

C’est ainsi chez les animaux, point de fioriture,

Tout procès décèle les mots de garnitures,

Puis donne profit à qui élèva sa progéniture…

 

Chez nous, dans la même situation

l’homme perd souvent le droit,

D’élever son enfant par des prétextes étroits,

Ceux qu’une mère soit toujours dérogation…

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

Chouvalys le serrurier n'est pas pompier...

Publié le 05/12/2009 à 16:13 par peintredesdom Tags : fables contes la fontaine baudelaire wollscheid littératures jeunesse

En haut de Terreville, en Martinique, mon serrurier,

Qui croyait dans sa casemate de frites se rassasier,

En fit les frais, par un feu qui brûla tous ses paniers…

 

Par une dure journée de labeur, à la croisée des chemins,

Voici mon ami de la circulation faire gendarme sans pain,

Tant son emploi il vole, tant sa mission remplie le recoin…

 

De sa blouse bleue il alarme, il tance, il prévient tout botté,

Quiconque osera dépasser, klaxonner en conduisant pressé,

Et au possible, hurle les bras levés à qui ne sait pas respecter…

 

La sécurité pour mon ami est chose précieuse à appliquer,

Sans outil pour mieux la diffuser, il est fidèle à la travailler,

Près de la boulangerie, avant le gros pylône de l’électricité…

 

Moi, j’étais toujours rassuré quand le matin je le saluais,

La vie défilait sa routine avec des points de repères gais,

Aller au travail sans le bonjour de mon ami serait une plaie…

 

Charles vit sous ses tôles ondulées, heureux de participer,

A la vie de la communauté qui a tendance à le rejeter,

Trop simple bonhomme, trop pauvre pour intéresser…

 

La vie nue, sans bien à ouvrir de ses mille clés portées,

Voici mon Charles gagner d’une âme, un cadeau apporté,

Une vieille friteuse offerte pour un réconfort mérité…

 

Le serrurier est seul devant la gamelle bien fermée,

Les patates, le couteau et les épluchures jetées,

Hum, bientôt des frites pour mon repas amélioré…

 

Mais quand vos loupiotes parfois vous laissent en panne,

Comment d’une telle machine se bien dépêtrer les cannes,

Et sans notice, frire les allumettes comme sûre manne…

 

Un cousin qui passait par là lui dit : « Mon bon coquin,

Il te faut de l’huile pour dorer tes frites en fin de matin,

Un bon feu et aussi de la patience devant ce bain… »

 

Voilà mon Charles courir à la boulangerie qui fait épicerie,

Acheter de six sous, trois bons litres d’huile et dire merci,

Puis s’en aller en guerre dans sa cuisine sans faire de bruit…

 

C’est à cet instant que le serrurier oublie toute agilité,

Toute sécurité, comme le souvenir qu’il faut se préserver,

D’une friteuse qui souvent a le caractère bien trempé…

 

Mon ami j’aurais voulu t’éviter d’être plus pauvre encore,

Trois litres d’huile dans cet appareil c’est bien trop fort,

Rien ne pouvait t’éviter le pire, perdre tes tôles en or…

 

Voilà cent pompiers pour un feu de quartier, c’est mieux ainsi,

Je dois féliciter les gardiens de Schoelcher d’avoir été si précis,

A sauver mon ami de son maigre et disparu abri…

 

Pauvre Charles, te voilà plus pauvre que pauvre sans pénates,

Tout cela à cause de la modernité et de mauvaises patates,

A jamais tu banniras les frites, c’est trop gras pour un acrobate…

 

Ainsi va Charles, à la croisée des chemins de ma ville,

Mille clés en main et jouant les gardes mobiles,

Habillé que de blouses de travail, et d’intentions dociles…

 

Si vous venez un jour en Martinique, montez à Terreville,

Vous y verrez mon serrurier bonhomme au sourire puéril,

Il se montre indemne sans plus de toit pour dormir tranquille…

 

En hommage à Chouvalys…

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

Le hibou et la souris...

Publié le 25/11/2009 à 01:17 par peintredesdom Tags : contes fable wollscheid livres jeunesse hibou

 

C’est au détour d’une nocturne promenade,

Que notre souris stoppe sa furtive escapade,

Tant en l’air sont deux yeux en embuscade…

 

La souris à bonne intuition, elle sait le hibou,

Le vil oiseau qui va la croquer par petit bout.

Au pied de l’arbre, elle tente le tout pour le tout…

 

« Messire, éclairé Duc des bois, grand perché,

voyez une frêle danseuse en ce mois dépêché,

courir le met tant est grande sa nichée,

j’ai dix bouches à nourrir toutes asséchées,

usez donc une autre proie sans famille attachée… »

 

Dans les branches, rien ne fuse pas un bruit à l'unisson,

Mais deux yeux fauves qui semblent fixer le poisson,

Plus teigneux, juché d’un bec sans verbe et unis sons…

 

« Mon maître, mon destin, noble chevalier des nuits,

je n’ose croire que vos pensées me cherchent ennuis,

que votre clairvoyance soit embrumée par faim qui nuit,

et au delà de votre aura de sage, de savant des écoles,

vous puissiez de mes arguments faire simple babioles,

et commettre l’irréparable qui laisserait souriceaux en fin,

en terre, en cris, en grise mine, et surtout perdus orphelins… »

 

Plus haut dans les branches, le vent maintenant souffle,

Les yeux semblent s’accrocher à la souris qui s’essouffle…

 

« Voyez encore Messire, ma chair fade,

Qui donne plus de lait en rebuffade,

Que de bons muscles en estouffade,

Et de bons morceaux pour une griffade… »

 

Le vautour semble sourd, il prépare l’assaut final,

L’ennemi est parfois meilleur quand il parle,

La fin est proche, la souris est en terminal…

 

« Puissant hibou, Dieu de tout arbre, Roi des pins,

voyez aussi comme je travaille pour votre destin,

moi élevant dix souris pour plus tard votre festin.

Daignez préserver votre avenir de belle manière,

Et par là, épargnez une bonne tête nourricière… »

 

Pas plus, l’oiseau du noir esquisse le moindre mot,

Pourtant bavard, la faim doit lui ronger les os,

La sagesse en queue et la mort au vol faux…

 

Soudain une branche craque, des plumes s’agacent,

Dans un fracas royal l’oiseau prend envol et fugace,

Plane rasant la souris puis sombre sur une bécasse…

 

La souris détale loin de sa peur, le cœur en chamade,

Elle jure que la nuit on ne la verra plus en escapade,

Foi de hibou, voilà bonne leçon et belle parade…

 

Certains penseront que le hibou sourd, n’avait d’yeux

Que pour la bécasse plus grasse et sans mot d’adieux

Muette figée, devant le danger éclairant les cieux…

 

D’autres vous diront que le hibou usa du choix,

Que paroles de souris en forêt valent un poids,

Foi de bécasse pour le hibou aux mets sous bois…

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

Les deux vaches...

Publié le 26/10/2009 à 14:07 par peintredesdom Tags : famine faim livres lait cotas wollscheid contes fables

 

Nous voici au centre de la ferme dans l’étable,

La chaleur est animale, la conversation à table,

Deux vaches parmi d’autre bavardent affables…

 

Une est laitière, le pis laid, pleine de volonté,

L’autre a litière, le pis sot, vide de sûre bonté,

Les deux sont pipelettes au point de bien conter…

 

Marguerite est de ces bonnes vaches donneuses,

Qui produit plus de lait pour sa tendre tireuse,

Et son paysan qu’elle affectionne charmeuse…

 

Noiraude est de ses bonnes vaches bouchères,

Qui grossit plus que taureau et bœuf en chairs,

Elle patiente la bouche pleine loin des jachères…

 

Mais dans l’endroit la pause amène la prose,

Les nuits entières servent à la bonne cause,

Papoter pour refaire la ferme et toute chose…

 

La laitière est alerte à écouter la viande mégère,

Qui en face d’elle maraude entre fer et litière,

Tout en se moquant que lait soit aurifère…

 

« Ma pauvre fille, que vous avez l’air bête,

A vous laisser prestement soutirer quête,

Et par là, vider vos cotas les cornes en fête… »

 

« C’est juste pause, dit Marguerite le foin mâché,

Si vous saviez la lourdeur des pis, le cuir haché,

Donner du poids le soir est calvaire écrémé… »

 

« Et votre veau alors, cette descendance sacrée,

Loin de vous, réclamant une affection sucrée,

Il tête au seau avec ses cousins blancs nacrés… »

 

« Je rends service Madame, le paysan a mille traites,

Lourdes charges de nous élever jusqu'à la retraite,

Nourrir, choyer ses bêtes rend pauvreté discrète… »

 

« Soit, bonne ignorante, mais je rencontrai tantôt,

Le chien Kali fidèle ami de notre éleveur qui tôt,

Me raconta la terrible destination de vos hectos… »

 

" Et bien dites, ma chère, beuglez si j’ai tord,

-Votre lait et celui des autres à mauvais sort…

-Lequel ? Par tous les foins…

-Il est aux champs par manque de soins…

-Aux champs ? Que me dites-vous mégère ?

-Oui, Madame, vos laits sont au pré, en terre,

Vidés par citernes entières,

Ils vont nourrir topinambours et jachères,

Sachez que chez l’humain le gaspillage prime,

Et que lait en trop ne sert jamais leurs famines,

Mais irrigue bien enterré vos idiotes disciplines…"

 

C’est depuis que dans la ferme, Marguerite rumine,

Que les autres vaches informées refusent machines,

Et que plus une goutte de lait ne sort de l’usine,

Laissant le paysan sans coulée d’or dans sa mine…

 

Marguerite ne sait pas que le paysan n’y est pour rien,

« Temps pis », le monde tourne sans entretien,

Avec ailleurs des enfants qui meurent pour rien…

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

 

Le chat bonté et le roi pelé...

Publié le 24/10/2009 à 16:50 par peintredesdom Tags : alzabane fnac écrivain auteurs livres wollscheid fables contes

 

Un chat se plaignait en bord de mer,

de n’avoir rien pour plaire,

Sur les os plaies et maigre chair,

Au point, perdu sur notre terre,

De geindre plus fort à l’air,

Que croisiériste en galère…

 

Le roi des animaux est ici chien fer, c’est à lui bedeau,

Que le chat montre ses déconvenues entre les bateaux,

Et use de mots pour gagner autre dû en cadeau…

 

« Comment ? dit le roi pelé ;

Vous ! Osez par devant moi miauler 

Pesez qu’à Fort de France vos conditions soient mal étalées

Et que la faim vous tiraille au point de sécher vos attraits ?

Vous, frêle ! Devant moi, tête basse poil en retrait 

Pleurant une autre place, autre sort dans nos jardins ;

Vous chat ? Qui pourtant avez six vies encore, gredin,

Et par ses atours, griffes lestes, devrait bonds précis,

Bonne chasse de mets en raccourci ;

Allez votre chemin, ne vous plaignez plus de maux,

Jouez perché pour être le plus félin des animaux… »

 

« Mais, Sire…

Je suis si bon que prêt à mourir,

Rat je laisse fuir,

Pas une bestiole ni un ravet je puis frire,

Pas même du gras lézard j’ose m’enquérir,

De l’humain je ne cesse de me languir,

Comment puis-je ainsi me bien nourrir ? »

 

« Et bien, voici un chat moine, un chaton,

Qui de ses crocs ne peut juste gueuleton,

Et de sa fine bouche devient maigre rejeton…

Mais sachez que chat tôt, chat pitre, chat lent,

Ne font que se rassasier par beaux élans,

Que chat loupe rarement sa proie en talent… 

Cessez donc de geindre, soyez méchant des rues,

Sans manger, vous tendez repas au plus féru,

Et finirez en chaux et charrue… 

Sachez Monsieur que dans vos six vies à venir,

Vous devrez, très fauve pour un bon devenir

Manger plus petit, plus faible, et ne jamais faillir… »

 

Le chat de la leçon dîne, détale en révérence.

Plus un rat ni un lézard étaient en errance,

Tant ce tigre fut sauvage à Fort de France…

 

L’humain à d’autres chats à fouetter,

La bête perdue ici n’est pas fêtée,

Peu importe roi pelé ou chat bonté…

 

TEXTE ECRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)