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La pieuvre et le poisson rouge... (Tous)

Publié le 15/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
Une pieuvre en basse eau, chassait furtive,
Dans le corail, se faufilait saline et vive,
Invisible tarentule, fantôme des coursives…

Plus roche que la roche, le piège immobile,
L’araignée passive joue l’indélébile,
Prête à crocheter tous nerveux fébriles…

La pieuvre choisit ses proie et ses couleurs,
Méticuleuse, elle veut repas de seigneurs,
Crabes, fretins, mollusques et même sœurs…

Mais voilà que sur son nez frétille bon dessert,
Un poisson rouge qui danse dans mauvaise mer,
Dandinant, gobant, jouant ballet de cancanière…

La rocailleuse scrute, jauge, vise le rouge ver,
Se laisse effleurer comme algue grégaire,
Attendant d’écrire à l’encre, prompt guerre…

Le poisson est pur inconscient, narguant idiot,
Au point de s’écailler en frôlements cordiaux,
Et de la queue, balaye la porte du bestiaux…

En un éclair ! la pieuvreEXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)

TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)


Vague destin

Publié le 15/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
Sous les plus sombres cieux, les vents s’agitent,
La pluie vient frapper les coques qui toutes gîtent,
A vingt milles de la côte, le diable habite…

Alors la terre joue avec son eau grondeuse,
L’enserre au point de la rendre frondeuse,
La bouscule de tonnerre et de claques fendeuses…

Au centre de l’océan tout s’enchaîne et se déchaîne,
Les tourbillons soulèvent des creux remplis de haine,
Une vague gigantesque vient de naître, soudaine…

Alors elle culmine au plus haut des dieux orages,
Montre rageuse sa force par un mur plein de rage,
Puis s’affale pour filer vers de grands ravages…

La tempête s’allie vile, l’accompagne et la forci,
Lui soufflant de rester l’écueil en cime, endurci,
Et d’emporter avec elle, les feux du ciel noirci…

Le monstre hurle maintenant, et s’abat sans relâche,
Puis se reforme puisant milles lames qu’il arrache,
Suant ses flots et EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)

TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

L'oie rentre au bercail

Publié le 14/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
L’oie termine son voyage au long court,
Épuisée d’avoir d’une traite usée le parcourt ;
Elle cherche un lac par un grand détour,
Entre les pins des sauvages alentours…

Voilà une étendue luisante pour un séjour,
L’hydravion effleure l’eau sans rebours,
Et dans un jet, éclabousse tout pourtours,
Au point de provoquer un tsunami balourd…

Une caille était outrée. Qui osait ainsi la lustrer ?
Et pire, noyer preste, ses dix petits, tous choqués,
Eux, hurlants bon train, au risque de se faire chasser,
A la queue leu leu, piaillant d’êtres aussi déplumés…

L’oie battait maintenant des ailes, satisfaite,
Provoquant ainsi une véritable tempête,
Séchant les cailletons de leur trempette,
Mais les soufflant loin de leurs violettes…

La caille rassemble ses cailloux et s’avance,
Bien décidée à stopper l’oisive décadence,
Et infliger bonne leçon et remontrances,
A la grande oie, envasée de malveillance…

« Madame, votre aplomb et vos lestes usent,
la place qui est à nous, près de cette écluse,
propriété et sèche cour qu’il nous amuse,
de garder sans vagues ni vents qui fusent… »

«Qui me parle, dit l’oie, croisant, l’ode en loi.
Qui nourrit mon atterrissage de mauvais aloi,
pesant le contre de mes bonds qui échoient ? »

« Oui, oui, c’est bien moi, dit la caille, voyez à droite,
la poule mouillée par votre arrivée maladroite !
Celle qui élève EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)

TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

L'abeille et l'ours

Publié le 11/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
L’union fait la force, voilà l’adage de toute troupe,
Amusons-nous dans ce conte d’en voir la coupe…

Une abeille, solitaire, butinait à fond de calices,
Passant de sucs aux sucres avec parfait délice,
Bourdonnant joyeusement entre des artifices…

Les paniers de la volage à moitié vides,
Elle filait dare-dare les colibris timides,
Cherchant plus beaux mets, zélée intrépide…

L’ours est en perpétuel hypoglycémie, qui le nie ?
Il attend patiemment d’être voleur de sucrés nids,
Et que ruche soit, tant elles lui reviennent sans délit…

Pataud oisif ? En apparence seulement, messire !!
Car le mammifère de son œil, vise la biche et la cire,
Prêt à se lustrer les babines de doux plaisirs…

L’enrobée coquette termine ses emplettes,
Elle rentre au sucrier, le vol bas, lestée sucrette,
Le chant résonnant entre tiges et violettes…

Diantre ! à son adresse, l’ours a la main dans le sac,
Les griffes miellées, le museau dans son arnaque,
Vingt pauvres ‘abeillons’ pour seule contre-attaque…

Le voleur est un monstre, poids lourd de l’orgueil,
Géant d’appétit, les muscles saillants sur le seuil,
Il hurle sa férocité, la bouche dégoulinante d’écueils…

L’abeille approche au clairon, vise l’ours glouton,
Puis lui bourdonne avertissements et feu gueuleton…

« Vil coquin ! voleur de nectar ! voyou des collines,
je vous demande de stopper avant que je vous butine,
voilà en première sommation la moindre épine ! »

« Vas t’en ! précieuse ridicule, je sirote vos essaims,
qui empêchera que je me sucre de vos desseins ?
Vous ? zébrée punaise ? ou vos jeunots fantassins ? »

« Monsieur sachez que par deux danses tactiles,
je peux en un instant ameuter toute ma ville,
voilà en seconde sommation, avertissement docile… »

« Regardez donc dans toute la forêt, frêle infirmière,
Renards, faisans et cerfs, se pouffer de votre jeu fier,
Ils s’amusent que fourmi veuille manger phacochère… »

« Ne vous trompez pas monsieur, me voilà le vent en poupe,
messagère, pour enrôler EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)

TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

Le rat et la mygale

Publié le 10/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
Le rat a mille pouvoirs dans ses bas quartiers,
Et même s’il est justement châtié,
Des animaux, il est le roi flibustier…

La mygale est chargée d’émotion,
Discrète funambule du même bastion,
Elle tisse volontiers la fierté du centurion…

Dans les dédales de la ville souterraine,
Le rat se faufile sans aucune peine,
Les caves sont à lui, tombes souveraines…

L’araignée le surveille de ses alcôves grises,
Voisine stoïque, aux peurs qu’elle canalise,
Qui s’en approche aura douleurs promises…

Ils se savent, nos deux nichés des bas fonds,
S’évitent et s’opposent, éloignant leur tréfonds,
Armé l’un comme l’autre du pire carafon…

Mais voilà l’orage qui emporte les limons,
Les sols jusqu’au plafond,
Les rats devenus bouffons…

Et comme la mygale ne sait pas nager,
Sur le dos de son ennemi elle est sauvée,
Sans le mordre une fois, c’est juré…

Le rat dit :

« Voyez comme votre rat d’eau se dévoile,
Vous sauvant de la mort et de vos noyées toiles !
Soyez convaincu ici, que je suis maître et bonne étoile… »

La mygale suit :

« Vos leçons m’ont servi, soit, et je vous en salut,
vous et les vôtres, allez en paix la sécheresse revenue,
soyez affairés cavistes sans crainte d’être mordus… »

Le temps passe, la mygale au mur et le rat au sol,
Chacun vaque, ignorant l’autre pour des oboles,
Puis vint EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)

TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

L'empereur et la soeurette

Publié le 10/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
C’est à la croisée des chemins, belle apparition,
Que mon cœur se maria de feux et d’effusions,
Lorsque votre regard frôla mes prestes tentations,
Et que votre corps posé, brisa mes inhibitions…

Toutes fleurs se confondaient dans votre jardin,
Quelles pétales je devais prendre pour festin,
Entre vos joies et vos frêles sourires, coquins,
Et ce doux regard qui me rendit simple taquin…

Infortuné bègue, je me languissais d’épaules nues,
De collines parfumées qui dessinaient ingénues,
Les dentelles pressées furtivement entrevues,
Et qui par rose étal, se trouvaient dépourvues…

Noble esquisse aux dessins qui usent mon cœur,
Vous étiez si belle à me laisser détendre les heures,
Les mélodies qui s’échappaient de mon âme en sueur,
La tendre sonate que vous chuchotiez sans peur…

Alors, je vais EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)

***Lors d'une visite à Berlin, en 1852, le jeune empereur d'Autriche François-Joseph trouve à son goût Anna, la nièce du roi Frédéric-Guillaume IV. Berlin se dérobe et il se tourne vers la Bavière et pense à Hélène, la sœur aînée de Sissi. A son arrivée, François-Joseph tombe amoureux de Sissi et l'épouse. Elle devient Sissi impératrice d'Autriche.

TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)
Avec une pensée pour l’inoubliable Romy Schneider…

Le doigt et la pince

Publié le 09/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
Un doigt se trouve au piège d’une pince,
Lui qui chinait entre les algues beau prince,
A l’aval du poing, sa province…

Le doigt rougi d’être à ce point serré,
Par le plus nain des crabes agacé,
Il hurle au bras, main-forte pour le libérer…

Ses frères se cachent, perdant tout doigté,
Au secours ! crie encore le pauvre onglé,
Mais rien n’y fait au bord du lac salé…

Un contre un, le doigt sera coupé…
Voyons par une main courante, la finalité…

Le doigt ne veut pas perdre sa phalange,
La main l’aide, secouant ce crabe qui le mange,
Mais la bête ne veut pas pour demain, sa vengeance…

Si ce n’est mes frères, ce seront mes jumelles,
Le doigt insiste et prolonge son appel,
Au point que l’autre EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)

TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

La sauterelle et l'oisillon...

Publié le 09/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
Une sauterelle par dix bonds finissait corps au sols,
Voilà la fin du voyage, se dit-elle, le dos démit,
Tant la route fut longue sans répit de boussole…

Mais quand même, pense t’elle, j’ai su dévorer le blé,
Puis au détour des sentiers, le tendre maïs jadis en semi,
Et avec mes sœurs, déshabiller les champs affublés…

Me voici en prime, adulte aux grasses pattes,
Vert criquet prêt à cisailler tous grains remis,
Et par mes vols, à dévorer comme sûre blatte…

Je saute, je vole, je chante et je découpe, locuste,
Qui m’empêchera de EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)

TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

La langue qui broie du noir...(Tous)

Publié le 08/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
Une langue morne se languit de bons goûts,
Tant son palais n’est que futile égout,
Ingurgitant sans cesse aliments tous fous,
Insipides mets qui se confondent en tout…

Trop souvent, la bouche l’enfume et l’étouffe,
Endormant pour longtemps ses papilles en touffes,
L’obligeant d’envoyer par le fond, feu et mal-bouffe,
Mais gardant tabac comme déchet et mauvais souffle.

« Je ne suis pas ici en palais, mais dans l’oubliette,
Tant je suis remplie de mauvaises emplettes,
Et où l’on me torture de piètres dînettes,
De liquides qui m’enflamment, cruelles pissettes… »

J’ai connu jadis, foison de charnues spécialités,
Proposées par un nez au flair du bien cuisiné,
Et qui jamais ne se trompait sur la vraie qualité,
Mais, lui aussi est contraint et désorienté…

Aujourd’hui, c’est fête, je vais m’arroser de faste,
De frites trop salées et de soda néfaste,
De sauces sucrées que me renverra, le gymnaste,
Estomaqué, qu’à ce point on le remplit et le dévaste…

Que dire du foie tordu d’aigreur, lui, au cent labeur,
Qui se gorge de sang fétide à chaque heure,
Disloquant drus mélanges dans une terrible peur,
Celle d’exploser de chaleur tel un four en sueur…

C’est la faute au yeux, j’en suis sûr, vils fermants,
Eux n’ont que faire d’un intérieur serein et verdoyant,
Ou est-ce le patron, la haut, endormi de médicaments,
Qui nous détruit par EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)

TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)

La fouine aux cent glands...

Publié le 02/04/2009 à 12:00 par peintredesdom
Un écureuil compte ses glands, cent ! foi de rongeur !
« Me voilà paré pour toute éventualité de rigueur,
Et la crise venue, par cette épargne, point de maigreur… »

La fouine, passante sans soucis, agrippe l’économiseur,
Par son goût du commerce, propose multiplicateurs,
Des intérêts, à qui saura les attendre, de sa hauteur…

L’écureuil n’en dort plus, tant gland deviendrai quatre cents.
Sur les conseils de sœur fouine, le voilà baigné d’encens,
S’imaginant sans labeur, à la tête de bénéfices indécents…

L’accumulation du bien, même s’il sustente, est trop fort,
L’écureuil attend comme convenu la fouine aux aurores,
Prêt au rendez-vous qui ajoutera coefficient à son trésor…

La fouine arrive, avec deux heures de retard en bretelle,
Prétextant enrichir toute la nuit d’autres clientèles,
Et ainsi, travailler aux fruits promis sans bagatelles…

L’écureuil se ronge, virevoltant pour des conseils,
« Dite-moi je vous en supplie, quelle sublime merveille,
par quatre, va multiplier le contenu de mes corbeilles ? »

« Oh la ! messire, de grâce, laissez-moi que je respire,
répondit la fouine-fleur, j’ai besoin de repos, et pire,
de réflexion aussi, avant que le glas ne m’aspire… »

« Le glas ? Êtes-vous sujette à la maladie ?
Avez-vous un mal qui vous ronge et vous détruit ?
Répondez madame ! je veux vous soigner sur ma vie… »

« Point du tout, je vous rassure, juste une lassitude,
Celle qui vous coupe l’envie de servitude,
A trop enrichir par bonté, on gagne l’ingratitude… »

« Pauvre frêle, tenez donc trois châtaignes pour votre moral,
et encore trois glands fourrés de vitamine contre le mal,
soignez-vous chez moi encore, en bon office et toit d’animal… »

La fouine se met à table, et de bon appétit, tout-avale,
Croquant châtaignes et glands, acompte jovial,
Mais lorgnant en fond de cale, épargne et capital…

« Voyez-vous Messire, affûta la fouine entre deux rots,
c’est à l’écureuil que je me sens prompt d’emplir l’entrepôt,
Car vous et vos frères, êtes bons et augustes garde-magots… »

L’écureuil tournait en rond, usant son parquet d’impatience,
Rien ne lui serait si doux que de s’ajouter bienfaisance,
Entre les branches de son arbre, il en serait plein d’aisance…

La fouine sort son boulier, puis se lance dans un savant calcul…
« Cent glands, que multiplient racines carrés de tubercules,
Moins retrait et avantages, plus des taxes, sèves ridicules… »

« Voyons notre affaire, messire, pour cent glands enterrés,
dans six jours, trois cent cinquante se plairont additionnés,
sur les autres premiers, intérêt et principal cumulés… »

« Oh dame fouine, rien n’est plus beau cadeau que glands,
surtout quand ils EXTRAIT DE CARNET DE CONTES TOME 2 (Sortie décembre 2009)

TEXTE ÉCRIT PAR JEAN-MARC WOLLSCHEID (Tous droits réservés…)


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